La commémoration du centième anniversaire du génocide arménien

La commémoration du centième anniversaire du génocide arménien

par

Antonio Artuso

 we remember armenian genocide

D’avril 1915 à juillet 1916, deux tiers des Arméniens (un million et demi ou davantage) qui vivaient sur le territoire actuel de la Turquie ont été massacrés par le gouvernement de l’Empire ottoman.  Le 24 avril 1915, le ministre de l’Intérieur a envoyé ses officiers le communiqué ordonnant le génocide : «Le gouvernement a décidé d’éliminer tous les Arméniens résidant en Turquie.  Nous devons mettre fin à leur existence, quel que soit le caractère criminel des mesure à prendre.  Vous ne devrez pas prendre en compte le sexe ou l’âge.  Les scrupules de conscience n’ont ici pas lieu d’être.»

Déportations et massacres ont été préparés, organisés et mis en œuvre dans chaque localité par les responsables des districts et des provinces. Chaque responsable local était chargé de rassembler ses administrés arméniens, puis les soldats et gendarmes ottomans devaient escorter les convois jusqu’au désert dans des « marches de la mort » et procéder eux-mêmes aux assassinats et laisser libre cours à la violence de groupes de bandits armés majoritairement kurdes. De nombreux criminels ont été libérés et regroupés dans l’«Organisation spéciale» pour effectuer les massacres.

La reconnaissance politique à travers le monde fait encore l’objet de débats et de controverses, à cause de la négation de ce génocide, notamment en Turquie.  En avril 2015, le génocide est reconnu par les parlements de vingt-quatre pays. [Notes tirées de «Génocide arménien» de Wikipédia]

 

L’Empire ottoman avait plusieurs raisons pour éliminer le peuple arménien : (1) le mouvement d’émancipation des minorités de l’Empire (guerre d’indépendance grecque, soulèvements dans les Balkans, indépendance de la Roumanie, de la Bulgarie et de la Serbie) ; la formation de groupes révolutionnaires arméniens et une série de soulèvements ; (2) la peur que les Arméniens ne s’allient aux impérialismes russe (tsariste) et britannique contre l’Empire ottoman.  Depuis un an, la Grande guerre (1914-1918) fait rage, première guerre mondiale impérialiste, entre deux blocs de pays : la Triple entente (Empires britannique, russe, France, etc.) et la Triple alliance (Empires allemand, austro-hongrois, ottoman, etc.)

Aujourd’hui, la situation mondiale est la même.  Guerres impérialistes locales pour les intérêts des classes dominantes, formation de deux blocs impérialistes rivaux pour le contrôle de territoires, de gisements, de marchés, oppression de peuples, montée d’un fascisme de type nouveau.  Le bloc impérialiste États-Unis / Communauté européenne et son alliance militaire, l’OTAN, dont le Canada, multiplient les crimes de trois sortes, qui ont été punis aux procès de Nuremberg contre les responsables nazis : (1) crime contre la paix (attaque de pays souverains en paix et qui ne menacent aucun pays) ; (2) crimes de guerres (bombardement de population et de leurs moyens d’existence) ; et (3) crimes contre l’humanité : génocide de 1 millions en Irak, génocide à Gaza, massacres des Kurdes par Saddam Hussein, alors allié des États-Unis.

Aujourd’hui, les guerres et les génocides, déportés et réfugiés sont devenus des faits permanents, des événements normaux selon les médias et les gouvernements impérialistes qui justifient leurs interventions et les crimes comme étant des opérations humanitaires, ce que Jean Bricmont appelle l’«impérialisme humanitaire».

La solution aux situations semblables à celle du génocide des Arméniens, des juifs, des Palestiniens et des autres génocides est celle des militants de longue date : comprendre et expliquer les causes, les effets et les solutions face aux génocides, aux guerres, aux nationalismes, comprendre que les impérialismes et les raisons d’État empêchent l’application du droit international, que les institutions internationales sont dominées par les intérêts des capitalistes et des autres classes dominantes, que l’humanité doit faire face à la situation actuelle de montée du fascisme et des guerres, que la rivalité grandissante entre les blocs impérialistes actuels pourrait conduire à une troisième guerre mondiale directe, alors que depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, le monde a été dans un état permanent de guerre.

La solution consiste à agir, à créer des organisations de défense des droits des personnes et des nations, à éduquer et à mobiliser les masses contre l’exploitation, l’oppression, le pillage, les crises, le fascisme et la guerre, à constituer un front uni mondial contre le fascisme et la guerre alors que les contradictions entre les blocs impérialistes poussent les États à adopter des politiques d’austérité, de fascisme et de guerre.

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