Refus de visas des partenaires du CRID pour le FSM de Montréal

En soutien aux organisations internationale non-gouvernementale issues des pays en développement qui luttent contre l’exploitation de leurs oppresseurs, en général, et en solidarité avec ces mêmes peuples, en particulier, nous diffusons simplement la lettre qui a été envoyée à l’ambassadeur du Canada en France par le CRID (Centre de Recherche et d’Information pour le Développement)

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Objet : Refus de visas des partenaires du CRID pour le FSM de Montréal

Monsieur l’Ambassadeur, Excellence,

le CRID, collectif d’une cinquantaine associations de solidarité internationale françaises, coordonne la délégation des acteurs français qui participeront au Forum social mondial organisé à Montréal la semaine prochaine, du 9 au 14 août. Cette délégation rassemble près de 400 professionnels et bénévoles français engagés pour la solidarité internationale et les droits humains, mais aussi des militants et des bénévoles de leurs organisations partenaires dans des dizaines de pays du « Sud » de notre planète.

 

La solidarité internationale et l’engagement citoyen pour la construire sont des valeurs cardinales de sociétés justes et inclusives, et c’est dans ce sens que les membres du CRID ont cherché à soutenir la participation de leurs partenaires du Sud au FSM de Montréal. Des dizaines de billets d’avion ont été financés, et autant de demandes de visas déposées aux autorités consulaires canadiennes afin de le permettre.

Nous recevons malheureusement des nouvelles alarmantes, et très décevantes, de ces partenaires : la plupart de leurs demandes ont été refusées, au motif notamment de l’absence de garanties de retour de ces personnes dans leurs pays respectifs après le FSM. Des partenaires en République démocratique du Congo, au Sénégal, au Niger, au Bangladesh, au Myanmar, au Sri Lanka, au Bénin, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, par exemple, se sont vus refuser le droit de voyager.

Ces organisations partenaires œuvrent, avec peu de moyens et dans des contextes souvent difficiles pour les acteurs de la société civile, à la protection des plus vulnérables, au soutien des économies et des emplois locaux, à la défense des libertés, à la lutte contre les dérèglements climatiques et les crimes environnementaux. Leurs membres sont des professionnels et des militants profondément engagés pour l’avenir de leur pays et de leurs communautés, et des exemples de courage et de dignité, indispensables en ces temps d’affrontements et de terreur. Nos membres ont construit des relations de confiance et de collaboration de long terme avec ces partenaires. Cette idée du partenariat, qui croit dans la capacité des acteurs locaux de définir leur futur et à se mobiliser pour le concrétiser, suppose que nous les soutenions, durablement, dans cette voie. Nous nous efforçons également de favoriser leur participation aux grands débats qui traversent la société civile internationale, et à promouvoir leurs expériences et leurs propositions dans ces enceintes institutionnelles ou citoyennes.

 

Notre incompréhension est totale face aux réponses apportées par Ottawa. En leur refusant le droit de participer au FSM de Montréal, en amont duquel ils ont préparé des initiatives et des débats depuis des mois, le gouvernement canadien fait obstacle au long travail d’échanges et de solidarité que nous avons construit. Et il refuse à nos alliés et amis la dignité fondamentale de tout simplement faire leur travail, et de poursuivre leur engagement pour une planète plus solidaire et plus juste.

 

Cette situation n’est pas digne du Canada, connu pour son hospitalité, multiculturel par essence, ouvert au monde, protecteur des libertés et des droits.

Nous vous appelons, Excellence, à saisir les autorités canadiennes en charge de ces dossiers pour les presser de revoir leur décision, et pour les enjoindre d’accepter de délivrer les visas nécessaires au déplacement de tous les activistes et bénévoles candidats à la participation au FSM de Montréal qui ont présenté des dossiers présentant toutes les conditions administratives et financières suffisantes.

Nous sollicitons l’opportunité de vous rencontrer de toute urgence pour vous présenter la situation de façon détaillée, et chercher avec vous les moyens de débloquer la situation de ces dizaines de nos collègues.

Veuillez croire en l’expression de notre plus haute considération.

Pour le CRID, les co-présidents

Vincent Brossel

Amélie Canonne

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