50 ANS D’OCCUPATION MILITAIRE DE LA PALESTINE PAR ISRAËL

 

Il y a 50 ans, le 5 juin 1967, Israël lançait une guerre éclair contre l’Égypte, la Syrie et la Jordanie. En prenant le contrôle de la Cisjordanie, de Gaza, du Sinaï, du plateau de Golan et de Jérusalem, cette « guerre des 6 jours » marquera le début de l’occupation militaire de la Palestine. Aussi, dès le 22 novembre 1967, le Conseil de sécurité de l’ONU adopta, à l’unanimité, la résolution 242, qui exigeait le « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés lors du récent conflit ».

La guerre des 6 jours aboutit à l’occupation de toute la Palestine par Israël qui n’a cessé de s’emparer de terres palestiniennes tout au long de ce demi-siècle, parfois à l’initiative même du gouvernement de Tel Aviv, ou sinon par des invasions de colons ultra-orthodoxes et nationalistes et ce, toujours à l’encontre du droit international. Aujourd’hui, 500 000 Israéliens occupent des terres palestiniennes volées à leurs propriétaires, avec la complicité de l’État d’Israël qui pratique la politique du fait accompli.  Il est à noter que 15 % de ces colons juifs viennent des États-Unis, premier allié d’Israël.

À partir de 2002, Israël a entrepris la construction d’un énorme mur de séparation de 700 kilomètres pour isoler d’avantage la population palestinienne, grugeant ainsi 8,5% du territoire. Ce mur, muni de points de passage ultrasophistiqués, prétend assurer la sécurité d’Israël. Elle constitue en réalité une véritable situation d’apartheid avec des conséquences humanitaires dramatiques pour la population. Celle-ci est confinée dans son territoire, soumise à des traitements humiliants et cruels, considérée comme indésirable. On empêche les gens de circuler, d’aller à l’hôpital, à l’école, au travail ; l’eau est confisquée par l’occupant et déviée au profit des colons illégaux ; l’approvisionnement en produits de première nécessité manque cruellement. Gaza est bombardée régulièrement.

Il est temps de secouer nos consciences devant cette situation d’apartheid et de nettoyage ethnique et de dénoncer ce crime contre l’humanité. La résistance du peuple palestinien est courageuse et ne flanche pas, mais la situation politique internationale est bloquée. C’est pourquoi il est urgent d’intensifier la solidarité internationale des peuples en appuyant la campagne de boycott, de désinvestissement et de sanctions (BDS) lancée par la société civile de Palestine, mobilisation en constante croissance dans les pays d’Europe et d’Amérique. Lors de son assemblée générale annuelle le 9 juin dernier, l’Association québécoise des organisations de coopération internationale (AQOCI), regroupant 65 organismes, a voté à l’unanimité son appui à la campagne BDS. Ainsi, par un moyen pacifique tout à fait légitime et très efficace, nous pourrons faire entendre raison à Israël pour qu’il se conforme au droit international, mette fin à l’apartheid de la population palestinienne et se retire des territoires occupés depuis 50 ans.

Claude Lacaille

Trois-Rivières

 

 

Source: http://www.lapresse.ca/le-nouvelliste/opinions/201706/19/01-5109043-50-ans-doccupation-militaire-de-la-palestine-par-israel.php

Appel à la libération d’une étudiante de Concordia retenue à Gaza

 

Des proches de l’étudiante de l’Université Concordia, Bissan Eid, retenue en territoire palestinien à Gaza depuis décembre 2016, ainsi que des organismes communautaires réclament des actions concrètes d’Ottawa pour qu’elle revienne au plus vite au Canada.

«Ce n’est pas assez de parler, il faut prendre des actions», a déclaré jeudi la coordinatrice à la recherche et à l’éducation à l’Association pour la voix étudiante au Québec, Sofia Sarhane, lors d’un rassemblement à Montréal. Le père de Bissen, Hadi Eidm, de même que le collectif Tadamen! et l’organisation Palestinien et Juifs unis (PAJU), souhaitent aussi sensibiliser le public au sort de Mme Eid.

Bissan Eid, qui a la citoyenneté canadienne, était retournée en territoire palestinien au mois de juin 2016 pour visiter ses grands-parents et se marier, malgré les conseils du gouvernement canadien d’éviter tout voyage et de faire preuve d’une très grande prudence dans la région.

La porte-parole aux Affaires mondiales du gouvernement canadien, Jocelyn Sweet, a précisé que «la capacité du gouvernement du Canada de fournir des services consulaires aux Canadiens à Gaza, y compris de l’aide pour quitter la région, est limitée».

« Nous avons besoin du public pour faire pression sur le gouvernement ». – Stefan Christoff, du collectif Tadamon

Depuis décembre 2016, le gouvernement israélien refuse d’accorder à la jeune femme de 24 ans une autorisation pour sortir du territoire de Gaza. Son principal problème vient de sa grossesse qui, à l’époque, était environ de quatre mois. Fin-mai 2017, elle a finalement accouché de son enfant à Gaza, ne bénéficiant pas de de soins de santé optimales que le Canada aurait pu lui procurer pour une jeune mère et son nouveau-né.

Devant le manque d’actions supposé du gouvernement depuis près de six mois, certains avancent la question de l’origine de Bissan Eid. Bruce Katz, co-président de Palestinien et Juifs Unis déclare ainsi que Bissan est «prisonnière du gouvernement d’Israël».

«Si un citoyen juif canadien avait été dans cette situation, les politiques auraient tout fait pour le ramener au pays. La différence est que Bissen est palestinienne», a-t-il dit.

«Je suis presque certain que si elle était blanche d’origine québécoise, les démarches auraient été plus rapides», a renchéri Stefan Christoff, du collectif Tadamon.

Bissan Eid est arrivée au Canada en 2002 à l’âge de 9 ans avec ses parents et est devenue citoyenne canadienne en 2005.

«Des représentants consulaires sont en contact avec Mme Eid et continuent de lui fournir de l’aide consulaire, y compris des renseignements à jour sur les avenues possibles afin de quitter la région, a indiqué Jocelyn Sweet. [Cependant], nous ne divulguerons aucun autre renseignement sur ce dossier afin de respecter la vie privée de la personne concernée ».

 

Source : http://journalmetro.com/actualites/montreal/1152196/appel-a-la-liberation-dune-etudiante-de-concordia-retenue-a-gaza/

50e anniversaire de l’occupation militaire par Israël de la Palestine

Position des Organisations de défense des droits de l’homme à l’occasion du 50e anniversaire de l’occupation militaire par Israël de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza

À l’occasion du 50e anniversaire de l’occupation par Israël de la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, et de la Bande de Gaza, les organisations signataires déclarent ce qui suit :

Les racines du conflit israélo-palestinien sont plus anciennes que l’occupation militaire par Israël de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza qui date de 1967. Elles remontent à 1948, voire auparavant, lorsque des centaines de milliers de Palestiniens chassés de leur domicile en Palestine sous mandat britannique se sont réfugiés en Cisjordanie, dans la Bande de Gaza et dans d’autres pays du monde, notamment les pays arabes voisins.
Le droit à l’autodétermination des Palestiniens est largement reconnu par la communauté internationale, et ce en tant qu’obligation erga omnes. Ce droit va au-delà de la création d’un État palestinien sur le territoire occupé en 1967 et inclut le droit des réfugiés palestiniens à rejoindre leur domicile dont ils ont été expulsés par la force en 1948, avant et après cette date.
Depuis 1948, Israël commet des violations systématiques des droits de l’homme, dont un certain nombre relèvent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Celles-ci comprennent notamment des assassinats, la destruction de biens sans justification sur le plan militaire, l’expropriation, l’incarcération et la torture, le transfert de civils israéliens vers les territoires occupés, le pillage des ressources naturelles ainsi que de nombreuses autres exactions. Tous ces crimes ont été commis en toute impunité et leurs auteurs sont parvenus à échapper aux poursuites.
Les pratiques d’Israël sur les territoires palestiniens occupés, en particulier les colonies de peuplement et le régime qui y est associé, se font au mépris du droit international et des droits souverains inaliénables des Palestiniens. Ces pratiques sont susceptibles de relever d’une annexion de facto de la Cisjordanie occupée ; de ce fait, l’occupation militaire par Israël s’assimile à une colonisation et à un apartheid, au mépris des principes du droit international qui soulignent la nature temporaire de toute occupation militaire.
La passivité de la communauté internationale et la complicité de certains États à l’égard des crimes commis par Israël ne font que prolonger le conflit aux dépens des droits des Palestiniens, notamment des victimes directes de crimes qui attendent encore que justice soit faite.
La communauté internationale est tenue juridiquement de mettre un terme à l’occupation israélienne et d’établir la responsabilité des Israéliens qui auraient commis des crimes graves au regard du droit international. La passivité de la communauté internationale, voire le soutien qu’elle témoigne à Israël, a encouragé la « puissance d’occupation » à poursuivre ses exactions, à mépriser ses obligations juridiques au regard du droit international, et à se comporter comme un État au-dessus des lois.
Le Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a ouvert une enquête préliminaire sur la situation en Palestine le 16 janvier 2015, depuis que la compétence de la CPI a été reconnue par l’État de Palestine. En 2015 et 2016, le Bureau du Procureur de la Cour a signalé qu’il avait reçu plus de 86 communications relatives à des allégations de crimes. Les États se doivent de coopérer avec l’enquête préliminaire du Bureau du Procureur de la Cour de la CPI. Étant donné la gravité des crimes concernés et le manque d’efforts authentiques pour rendre des comptes, le Bureau du Procureur se doit d’ouvrir une enquête dans les meilleurs délais pour que justice soit faite et afin de prévenir une nouvelle escalade des exactions.

La communauté internationale ne doit pas reconnaître les modifications qu’a effectuées Israël sur le terrain ni s’accommoder de pratiques qui violent les droits fondamentaux des Palestiniens et sont susceptibles de relever des crimes graves au regard du droit international.
Toute solution ou proposition de paix qui ne se traduirait pas par la mise en œuvre du droit international et des résolutions pertinentes des Nations Unies visant à permettre aux Palestiniens d’exercer leur droit à l’autodétermination, ne doit pas être reconnue par la communauté internationale. Il ne saurait y avoir de paix sans justice.

 

Source:  https://www.fidh.org/fr/regions/maghreb-moyen-orient/israel-palestine/50e-anniversaire-de-l-occupation-militaire-par-israel-de-la-palestine