Vigile de solidarité avec les prisonniers palestiniens

BONJOUR À TOUS LES INDIVIDUS ET À TOUS LES GROUPES QUI APPUIENT LES DROITS HUMAINS PALESTINIENS. VENDREDI, LE 28 AVRIL, IL Y AURA UNE VIGILE DE SOLIDARITÉ

QUI AURA LIEU DEVANT LE CONSULAT ISRAÉLIEN, CARRÉ WESTMOUNT, AVENUE GREENE DE MIDI À 14H00. ACTUELLEMENT PLUS DE 1 000 PRISONNIERS PALESTINIENS SONT

EN GRÈVE DE FAIM POUR PROTESTER CONTRE LES ABUS DE LEURS DROITS ET LES PIÈTRES CONDITIONS DANS LESQUELLES ILS VIVENT DANS LES PRISONS ISRAÉLIENNES.

VENEZ LES SUPPORTERS EN DÉNONÇANT LES ACTIONS DU GOUVERNEMENT ISRAÉLIEN DEVANT LE CONSULAT ISRAÉLIEN VENDREDI.

PALESTINENS ET JUIFS UNIS (PAJU)

 

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GREETINGS TO ALL THOSE INDIVIDUALS AND GROUPS THAT SUPPORT PALESTINIAN HUMAN RIGHTS. THIS FRIDAY, APRIL 28TH, WILL BE HELD A SOLIDARITY VIGIL IN SUPPORT

OF THE PALESTINIAN HUNGER STRIKERS IN FRONT OF THE ISRAELI CONSULATE AT WESTMOUNT SQUARE. THERE ARE PRESENTLY MORE THAN 1, 000 PALESTINIAN

PRISONERS ON HUNGER STRIKE TO PROTEST AGAINST THE ABUSE OF THEIR RIGHTS AND THE AWFUL CONDITIONS UNDER WHICH THEY ARE FORCED TO LIVE IN ISRAELI PRISONS.

COME SUPPORT THESE PRSONERS IN DENOUNCING THE ACTIONS OF THE GOVERNMENT OF ISRAEL IN FRONT OF THE ISRAELI CONSULATE THIS FRIDAY.

PALESTINIAN AND JEWISH UNITY (PAJU)

Les squelettes de Chrystia Freeland et le silence de Justin Trudeau

Le deux poids deux mesures du Canada en ce qui concerne l’antisémitisme ne cessera jamais d’étonner. Le cas de la ministre des Affaires étrangères, Madame Chrystia Freeland saute aux yeux. Si jamais une politicienne ou politicien québécois, à Québec ou à Ottawa, avait un squelette dans le placard comme celle qu’on vient de découvrir dans celui de Mme Freeland, elle aurait déjà été destituée, sinon jetée en prison.

Regardons les faits. Selon Madame Freeland, son grand-père, Michael Chomiak, était un « patriote » ukrainien et un « réfugié politique ». En août 2016, elle a dit de lui qu’il « a travaillé fort pour restaurer la liberté et la démocratie en Ukraine ». Les histoires sur son passé de collaborateur nazi, de propagandiste anti-Juif, d’adulateur de Hitler et de Goebbels seraient, selon son bureau et elle, de la propagande russe. Il faudrait regarder d’où viennent ces informations, disent-ils, prétendant que ce ne sont que des ragots provenant de sites Russes ou pro-russes.

Il ne s’agit pas ici de lui attribuer une quelconque responsabilité pour les crimes de son grand-père. Mais de là à transformer ses crimes en combat pour la liberté et la démocratie, il y a un énorme pas que le Parti Libéral du Canada et une bonne partie de la classe politique canadienne semble être prêt à franchir.

Voici comment elle décrit dans un Brookings Essay le parcours de son grand-père en mai 2015, alors qu’elle n’était pas encore députée.

« Je suis… une fière membre de la communauté canado-ukrainienne. Mes grands parents maternels (Chomiak) ont fui l’ouest de l’Ukraine après la signature par Hitler et Staline du pacte de non-agression en 1939. Ils n’ont jamais osé y retourner, mais ils ont gardé un contact étroit avec leurs frères et sœurs et leurs familles qui y sont restés. Pour le reste de leur vie, mes grands parents se voyaient comme des exilés politiques ayant la responsabilité de maintenir en vie l’idée d’une Ukraine indépendante, qui avait existé brièvement pendant et après le chaos de la révolution russe de 1917. Ce rêve a persisté, dans la génération suivante et, dans certains cas, dans la troisième génération. »

Il s’agit là d’un mensonge éhonté et ce n’est pas une source russe qui nous le dit. Mais d’abord les archives de l’Alberta (p. 14) et sa propre famille.

« Chomiak, Michael, fonds

Date Range: 1919-1983

En 1928, à titre de journaliste, il a commencé à travailler au quotidien Dilo, et de 1934 à 1939, il était membre du comité éditorial. Pendant l’occupation nazie, il était rédacteur de Krakivski Visti, publié d’abord à Cracovie et après à Vienne. La famille Chomiak a immigré au Canada en 1948. Après une brève période de travail manuel, Michael Chomiak a trouvé un emploi chez Sherritt Gordon Mines Limited à Fort Saskatchewan, en Alberta. Il y est resté jusqu’à la retraite. »

Krakivski Visti n’était pas n’importe quel journal : c’était, comme l’indique le musée de l’Holocauste de Los Angeles, un « journal collaborationniste ukrainien ». La publication a commencé dès le début de l’occupation allemande en 1940. Il a pu voir le jour parce que, avec le soutien allemand, il prit les équipements d’une maison d’édition appartenant jusque-là à des Juifs qui avaient été chassés conformément à la politique d’aryanisation (transfert de propriété de Juifs vers des non Juifs). Les anciens propriétaires juifs ont été transportés au camp de concentration Belzec où ils sont morts. Et si le grand-père de Madame Freeland a déménagé à Cracovie et à Vienne, c’était parce que les Nazis se faisaient chasser de ces régions par l’Armée rouge. Mais le journal, dont il était rédacteur, a continué à être le porte-parole en ukrainien de Joseph Goebbels et de Hitler et des pires attaques antisémites, particulièrement à partir de 1943.

Madame Freeland savait-elle que son grand-père était un collaborateur nazi? Le Globe & Mailnous informe qu’elle le savait depuis plus de 20 ans. En fait, son oncle, John-Paul Himka, un universitaire, a remercié Mme Freeland pour son aide dans un article publié en 1996 sur la relation entre les Ukrainiens et les Juifs qui décrit clairement le rôle de collaborateur nazi du grand-père.

Mais on ne peut pas dire que le Parti libéral du Canada n’a pas de la suite dans les idées. En effet, dans la période d’après guerre, le gouvernement du Canada – encore les Libéraux – comme le gouvernement américain recrutaient activement d’anciens Nazis et d’anciens collaborateurs pour les aider dans la prochaine guerre qu’ils préparaient contre l’Union Soviétique. C’est probablement dans ce cadre que le collaborateur Michael Chomiak et sa famille sont arrivés en 1948.

Aujourd’hui, le gouvernement du Parti libéral se fait provocateur et belliqueux avec la Russie. Et la nomination d’un ministre aux Affaires étrangères d’une personne animée par une telle virulence antirusse fait partie de cette provocation.

Aussi, le silence du premier ministre Trudeau et le refus de lui demander à Mme Freeland de se récuser pour avoir menti sur le passé collaborationniste de son grand-père démontrent une insensibilité inouïe à l’égard des millions de victimes juives et non juives des Nazis.

Robin Pbilpot

Source:http://www.mondialisation.ca/les-squelettes-de-chrystia-freeland-et-le-silence-de-justin-trudeau/5578750

PALESTINIENS ET JUIFS UNIS (PAJU) DÉNONCE L’ATTAQUE CONTRE LE CENTRE ISLAMIQUE DE QUÉBEC

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Montréal, le 31 janvier 2017

Palestiniens et Juifs unis (PAJU) dénonce la culture d’islamophobie qui prévaut chez certains élus et médias dont le résultat a été la démonisation des musulmans au Québec et au Canada. Cette « culture » islamophobe, laquelle relève du projet identitaire de la droite politique raciste, qui divise la société dans deux camps : nous et les autres, empoisonne notre société depuis quelques années déjà. Notons le faux débat entourant la charte (Drainville) des valeurs dont le véritable objectif fut de diviser la population en ciblant surtout les musulmans pour fins électorales.

Dans une telle atmosphère de crainte et de haine, fabriquée de toute pièce par ces élus et médias auxquels on fait référence ci-haut, il n’est pas surprenant qu’un tel acte haineux ait été commis contre des concitoyens de confession musulmane au Centre islamique de Québec le 29 janvier 2017, une date dont nous nous en souviendrons fort longtemps. À PAJU, nous notons cette même désinformation et même la suppression des faits par rapport à la situation des Palestiniens, leurs conditions de vie ahurissantes liées à l’occupation illégale de leurs territoires par Israël, et leurs réclamations légitimes pour leur autodétermination et leur souveraineté nationale.

L’élection de Donald Trump aux États-Unis et la politique et rhétorique racistes et surtout antimusulmanes qui caractérise les diktats unilatéraux du président Trump, ne fait que verser l’huile sur le feu. On observe avec alarme la montée du fascisme en Europe et aux États-Unis et celle de groupuscules fascistes et racistes ici au Québec, ce qui rappelle les années trente et l’établissement de gouvernements fascistes en Europe. À cette époque-là, on ciblait les juifs; aujourd’hui on cible les musulmans. Les fondements conceptuels sont les mêmes.

Face à cette menace, face à cette nouvelle « Grande Noirceur », il est de notre devoir en tant que société pluraliste, de rester unis dans notre diversité, et de promouvoir les principes de justice, de tolérance et de pluralisme qui sont, eux, le fondement de notre véritable « charte des valeurs. »

-30-

Info: (514) 582-1642

http://www.pajumontreal.org

Israël ou la religion de la sécurité

par Gideon Levy

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On considère souvent Israël comme l’un des États les plus religieux du monde ; il l’est encore plus qu’on ne l’imagine. Ici, religion et État ne font qu’un. L’orthodoxie juive accompagne les citoyens de la naissance à la mort, qu’ils soient croyants, agnostiques ou athées. Mais, comme si cela ne suffisait pas, un second dogme encadre la vie des Israéliens : celui de la sécurité. À chaque étape de leur vie, il leur impose ses règles implacables.

Cette religion-là repose sur la croyance qu’Israël vivrait sous une menace perpétuelle — conviction qui repose sur une certaine lecture de la réalité, mais qui se nourrit également de mythes méticuleusement entretenus. Nos gouvernants orchestrent ainsi des campagnes de peur. Ils exagèrent les dangers réels, en inventent d’autres et alimentent l’idée que nous serions victimes de persécutions constantes. Et cela dure depuis la création de l’État.

Pendant la guerre de 1948, au lendemain de la Shoah, une telle attitude se justifiait sans doute : les Israéliens ne se percevaient-ils pas tel David face à Goliath ? Mais, depuis, le pays s’est hissé au rang de puissance régionale solide. Notre armée compte parmi les plus puissantes de la planète et dispose d’un arsenal technologique sophistiqué. La croyance demeure néanmoins : Israël lutterait pour sa « survie », même s’il se mesure à des organisations dont les membres marchent quasiment pieds nus, comme le Hamas ; même si, à part l’Iran, aucun État puissant ne l’a placé dans sa ligne de mire ; et même si ce sont nos troupes qui mènent des opérations d’occupation. La recette n’est pas neuve, ni propre à notre pays : réelle ou fictive, la menace extérieure justifie l’« union nationale » et l’emprise de l’État sur la population.

Selon le centre de recherche IHS Jane’s, Israël affichait en 2015 le seizième budget de défense du monde : 15,6 milliards de dollars. Cela représente 6,2 % du produit intérieur brut (PIB), ce qui place le pays au deuxième rang mondial, derrière l’Arabie saoudite. La part du budget de la défense dans le PIB israélien est deux à six fois plus élevée que dans les autres nations industrialisées. Et, en dépit de l’érosion de sa part dans les dépenses de l’État, le montant n’a cessé de croître en valeur absolue. Alors que le pays ne se situe qu’au 98e rang pour la population, avec seulement huit millions d’habitants, le Global Firepower Index (1) place l’armée israélienne au seizième rang en termes de puissance de feu, avec un char d’assaut pour 1 930 citoyens (contre 5 948 en Corée du Nord et 157 337 en France) et un avion de chasse pour 11 800 citoyens (contre 23 904 aux États-Unis et 51 914 en France).

La bagatelle de quatorze sous-marins

De telles dépenses, plus importantes proportionnellement que celles des États-Unis, de la Russie ou de la France, s’effectuent au détriment d’autres secteurs : l’éducation, la santé, le logement, les transports ou l’accueil des migrants. Mais cette préférence budgétaire ne fait l’objet d’aucun débat public, même lorsque des milliers de citoyens descendent dans la rue pour s’insurger contre le montant des loyers — comme pendant l’été 2011, lors de la plus grande protestation sociale de notre histoire (2). Le pays dispose de la bagatelle de quatorze sous-marins ; cinq ne suffiraient-ils pas — mettons dix, pour les inquiets ? L’argent englouti pour construire un seul de ces engins — 1,4 milliard d’euros — permettrait de réhabiliter des quartiers entiers. Mais, si les Israéliens se plaignent du coût de la vie et de la dégradation des services sociaux, ils acceptent le budget de la défense et la rhétorique sécuritaire du pouvoir sans broncher. La foi se discute-t-elle ?

Il est inquiétant de voir certains pays européens, dont la France, prendre le même chemin. S’engager sur une pente aussi glissante peut conduire à justifier toutes les atteintes à la démocratie. Les Israéliens en ont fait l’expérience : la « sécurité » fait oublier l’injustice. Elle blanchit le crime et teinte d’un vernis de légitimité les pratiques les plus discriminatoires. Dirigeants politiques, généraux, juges, intellectuels, journalistes : tous le savent, mais chacun ajoute son silence à celui de la majorité.

Quand on pénètre en voiture dans l’aéroport Ben-Gourion, il faut ouvrir la fenêtre pour saluer l’agent de sécurité armé. Tout dépend alors de la façon dont vous parlez l’hébreu : si le garde croit déceler un accent arabe, il arrête la voiture. Ainsi les Juifs s’imprègnent-ils d’un sentiment de supériorité ; les Palestiniens, de leur infériorité ou de leur dangerosité. Car, c’est bien connu, tout citoyen arabe d’Israël est un colis suspect, une bombe à retardement.

Nul ne niera que le terrorisme existe. Mais on évoque trop peu les effets pervers qu’induisent les mesures prises pour y répondre. Les contrôles interminables tracassent jour après jour des citoyens rendus dociles par la peur d’un attentat. Insidieusement se façonnent des stéréotypes, s’exacerbent des préjugés qui cristallisent en racisme. Cela contribue à détruire notre pays de l’intérieur. En ira-t-il ainsi, désormais, aux États-Unis et en Europe ? Est-ce vraiment nécessaire ? N’y a-t-il pas d’autres moyens, plus justes et plus mesurés, de lutter contre le danger ?

Au nom de la sécurité, Israël occupe depuis plus de cinquante ans des territoires palestiniens, à l’encontre du droit international. Nous sommes ainsi devenus une des rares puissances coloniales du XXIe siècle. Quand M. Shimon Pérès, futur Prix Nobel de la paix, autorisa en 1975 l’implantation d’une des plus grandes colonies, celle d’Ofra, il souligna combien il était important de conserver l’antenne de télécommunications dressée dans les territoires occupés. Mais la colonie a été construite sur des terres privées volées à des Palestiniens sous l’égide de l’État. Les gardiens temporaires sont rapidement devenus des colons ; leur camp, une banlieue des territoires. La suite, jalonnée de crimes sanglants, appartient à l’histoire. Aujourd’hui, dans Gaza, plus de deux millions de personnes sont enfermées dans ce qui constitue la plus grande prison du monde.

Comme l’ensemble des institutions, l’appareil judiciaire se prosterne devant le Moloch moderne. La Cour suprême, généralement capable de punir les injustices qui sont portées devant elle, valide l’inacceptable lorsqu’il prend prétexte d’exigences sécuritaires : destructions de maisons, expulsions, etc. Pendant la longue histoire de l’occupation, la Cour a trop rarement manifesté son opposition. Il aura fallu de longues années avant qu’elle ait le courage de critiquer les assassinats ciblés et la torture. Et elle s’obstine encore à légitimer les arrestations sans comparution devant un juge, appelées « détentions administratives ». Depuis des années, des milliers de personnes ont été embastillées sans jugement. Comme elles ne sont pas plus autorisées que leurs avocats à connaître les chefs d’accusation, elles n’ont aucun moyen de se défendre. L’état d’urgence, en vigueur depuis l’époque du mandat britannique — même si le mandat s’est achevé depuis longtemps —, autorise un tel scandale. L’état d’urgence n’a plus lieu d’être, mais ses dispositions demeurent.

Au mépris du droit international

Quant aux tribunaux militaires, ils condamnent des Palestiniens dans des mascarades de procès politiques. Au nom de la sécurité, on détruit les maisons des « terroristes » (3) et l’on procède à des châtiments collectifs interdits par le droit international. On impose quotidiennement à des milliers de personnes des contrôles arbitraires, des arrestations et des descentes nocturnes de l’armée. On empêche les uns de travailler ou de se déplacer ; on en met d’autres à mort, dès lors qu’une recrue redoute une menace. Ce fut le cas pour une enfant de 10 ans qui tenait une paire de ciseaux à la main. Abattue pour « protéger » des soldats qu’elle s’apprêtait sans doute à découper…

Rappelons que les citoyens arabes de « la seule démocratie du Proche-Orient » ont vécu sous administration militaire depuis les premières années de l’État jusqu’au milieu des années 1960. Puis vinrent cinquante années d’occupation, cinquante années d’arrestations au nom d’impératifs de « sécurité » — ce maître mot alibi évitant à Israël la qualification d’État non démocratique…

Pour l’instant, les Arabes sont les principales victimes de cette situation. Après des années de lutte contre le terrorisme, le nombre de morts palestiniens est cent fois plus élevé que celui des morts israéliens. Mais, alors que la démocratie se fragilise, les attaques contre la liberté d’expression et les droits civils (4) touchent désormais tout le monde. La religion sécuritaire étend son emprise : aujourd’hui dans les territoires occupés, demain à Tel-Aviv ; aujourd’hui au détriment des Arabes, demain des Juifs.

Dans le monde entier, les Israéliens sont perçus comme le fer de lance de la lutte contre le terrorisme. Nos entreprises conseillent des gouvernements, exportant non seulement des armes, mais aussi des savoir-faire. Mais, si les États veulent apprendre d’Israël, ils doivent aussi tirer la leçon de ce qu’il ne faut pas faire. Notamment, qu’on ne peut pas tout se permettre au nom de la sécurité. Risquer de perdre la démocratie constitue peut-être un danger plus grand que le terrorisme.

Gideon Levy

Écrivain et journaliste au quotidien Haaretz (Tel-Aviv).
Source: http://www.monde-diplomatique.fr/2016/10/LEVY/56434

Intifada al-Quds en Palestine : poursuivre le chemin de la libération

Intifada - Al-Quds

 

« La légitimité la plus large que peut obtenir un responsable ou officiel (de l’Autorité) consiste à rendre visite aux familles des martyrs et des prisonniers, et à ceux dont les maisons ont été démolies » (Khodr Adnane, cadre du mouvement du Jihad islamique, initiateur en 2011 des grèves de la faim dans les prisons pour réclamer la fin de la détention administrative)
Parce que les opérations de la résistance palestinienne se sont espacées, nombre de médias et commentateurs ont considéré que l’Intifada al-Quds a dit son dernier mot. Il est vrai que la férocité de la répression sioniste et les rafles nocturnes quotidiennes ont entamé, non le désir de résister, mais la capacité physique de le faire.

Les démolitions de maisons, des martyrs ou des prisonniers, n’ont eu aucun effet sur la baisse des opérations, au contraire. La bestialité des soldats de l’armée d’occupation n’a fait qu’entériner la volonté d’en finir une fois pour toute avec ces colons d’outre-mer. Les promesses vengeresses des officiels de l’entité coloniale, contre le peuple palestinien dans son ensemble, et même contre l’Autorité palestinienne, pourtant bien disposée à jouer son rôle en arrêtant les militants, notamment les prisonniers libérés, n’ont aucun effet sur le moral de la population, qui n’espère que le départ de ces colons qui leur pourrissent la vie depuis près de 70 ans. La bestialité des sionistes a semble-t-il, pu limiter le nombre des attaques au couteau, mais elle n’a pu mettre fin, au contraire, aux opérations armées menées par des Palestiniens endurcis. Trois opérations de la résistance ont suscité le désarroi de l’occupant sioniste, l’une au début du mois de juin dans la colonie de Tel Aviv, et les autres, au début du mois de juillet près de la ville d’al-Khalil. Ces opérations qualitatives ont défié le système sécuritaire de l’occupant et montré que la résistance se poursuit. Les exécutions des combattants retranchés que les sionistes veulent afficher et propager comme des gestes de courage ou de fermeté ne montrent, aux yeux d’une opinion internationale civilisée, qu’une lâcheté abjecte, digne de tous les colonialistes au cours des siècles précédents.
Tout au long de ces derniers mois, c’est la mosquée al-Aqsa qui a subi les provocations les plus graves depuis son occupation. En effet, la ville d’al-Quds et les maqdissis vivent les moments les plus graves de l’histoire de cette ville, avec les multiples invasions et profanations de la mosquée al-Aqsa. Pour la première fois depuis l’occupation de la partie orientale de la ville en 1967, les sionistes ont empêché les Palestiniens musulmans de fréquenter leur mosquée et de s’y recueillir en l’absence de colons profanateurs. Pour la première fois, et à cause de l’indifférence arabe et musulmane dans le monde, les sionistes ont osé briser un statu-quo jusque là maintenu, pendant le mois béni pour les musulmans, en autorisant la souillure de la mosquée par les profanateurs et la provocation des fidèles. Les plans sionistes de judaïsation de la ville se poursuivent, profitant de la normalisation des relations d’officiels et semi-officiels arabes et musulmans avec l’entité sioniste.

Martyrs palestiniens tombés depuis mi- juin 2016 :

216 – Arif Sharif Jaradat (22 ans, Sa’îr), 19/6 ; 217 – Mahmoud Ra’fat Badrane (15 ans, Bayt Or, Ramallah), 21/6 ; 218 – Mohammad Tarayra (19 ans, Bani Na’im al-Khalil), 30/6; 219 –  Wael Abu Saleh (46 ans, Tulkarm), 30/6 ; 220 – Sara Tarayra (27 ans, Bani Na’im -al-Khalil), 1/7 ;  221 – Jamal Dwaykat (20 ans, Nablus) (mi-juin) ; 222 – Tayseer Mohammad Habach (63 ans, Assira), 1/7 ; 223 – Anwar Salayme (Al-Ram, 22 ans), 13/7 ; 224 – Mohieddine Tabakhi (12 ans, Al-Ram), 19/7 ; 225 – Mustafa Baradhia (50 ans, Bayt Fujjar), 19/7 ; 226 – Mohammad al-Faqih (29 ans, al-Khalil) 27/7 ; 227 – Rami Awartani (31 ans, Nablus), 31/7 ; 228 – Moussa Salman (83 ans, Talfit, Nablus) 10/8 ; 229 – Mohammad Abu Hash-hash (Camp al-Fuwwar, 17 ans), 16/8 ;
Le martyr prisonnier libéré Na’im Shawamra, de Doura, al-Khalil, est décédé des suites d’une longue maladie, contractée dans les prisons de l’occupation. Le martyr avait été condamné à la prison à perpétuité, mais libéré en 2013 (16/8)

Scènes de l’Intifada al-Quds

Yatta assiégée : la vengeance de l’occupant : Parce que les résistants ayant mené une opération dans la colonie de Tel Aviv sont de Yatta, dans la province d’a-Khalil, les occupants s’en sont pris à tout le bourg et exercent un siège qui a duré plusieurs semaines. Toutes les voies vers le bourg ont été fermées, des blocs de ciment ont obstrué la circulation des Palestiniens. Il s’agit d’une punition collective, comme l’occupant a pris l’habitude de le faire, croyant intimider le peuple palestinien. Les malades ne peuvent aller se faire soigner dans la ville d’al-Khalil, les ateliers ont cessé de fonctionner, dans leur majorité, les importations de marchandises et les exportations ont cessé, les ouvriers au nombre de 22.000 ne peuvent travailler, et parmi eux, ceux qui pouvaient se rendre en Palestine occupée en 48. Au cours de la nuit, les sionistes investissent les maisons, arrêtent les Palestiniens, brisent les portes et cassent les mobiliers des maisons, comme à leur habitude (au cours du mois de juin 2016)
Extension de la lutte dans les prisons de l’occupation : le mouvement de grève de la faim dans les prisons s’est étendu à plusieurs prisons sionistes. Commencé par Bilal Kayed, le combattant du FPLP que les sionistes ont refusé de libérer après 15 ans de détention, en transformant sa détention en détention administrative, le mouvement s’est élargi lorsque 4 prisonniers détenus administratifs, dont les frères Mohammad et Mahmoud Balboul, ont entamé leur grève de la faim. La solidarité avec Bilal Kayed a touché la plupart des prisons de l’occupation, puisque le nombre des grévistes est passé à presque 200 prisonniers, dont le secrétaire général du FPLP, Ahmad Saadate. Malgré la répression féroce de la lutte par les sionistes, le mouvement de grève se poursuit, grâce à la solidarité du peuple palestinien, qui manifeste dans les rues dans toute la Palestine occupée, comme à Haïfa, ou devant les hôpitaux où sont enfermés Bilal Kayed et Mahmoud Balboul. Plusieurs prisonniers mènent également la grève de la faim depuis presque deux mois, pour réclamer la fin de la détention administrative, et Walid Mussalma, pour réclamer la fin de son isolement dans la prison d’Eshel.
Qalandia et le camp s’opposent au rasage des maisons : Au cours du mois de juillet, les forces de l’occupation ont fixé leurs opérations de démolitions des maisons dans le camp de Qalandia, devenu un « nœud de vipères » pour elles. Elles ont  démoli les maisons des martyrs Issa Assaf et Anan Abu Habsa, accompagnées de 70 véhicules militaires. Elles ont fait exploser la maison du martyr Abu Hasna et démoli par bulldozer celle du martyr Assaf. Des affrontements ont eu lieu lors de la présence des sionistes dans le camp, et 20 citoyens Palestiniens ont été blessés. Dix jeunes ont été arrêtés, dont Ahmad Matar (26 ans), le frère du martyr Omar Matar. Les martyrs Abu Habsa et Assaf avaient mené une opération de la résistance dans Bab al-Amoud, dans al-Quds, au mois de décembre dernier. Le 25 juillet, les sionistes ont démoli 12 immeubles dans le bourg de Qalandia comprenant 30 appartements sous le prétexte de constructions illégales. La population du camp et de la ville appellent à une large mobilisation.
La région d’al-Khalil vit sous couvre-feu militaire : Suite à plusieurs opérations hardies menées par les résistants dans la région d’al-Khalil, les forces sionistes ont bouclé la région pendant plusieurs semaines, enfermé 600.000 Palestiniens et supprimé 2800 autorisations de travail dans les territoires occupés en 48. La communauté internationale n’a rien vu, n’a pas commenté, les pays arabes et musulmans ont tourné les regards vers d’autres cieux. Abdel Hadi Hantash, spécialiste des questions relatives à la colonisation, a déclaré que l’occupant impose une punition collective à la population d’al-Khalil, en les empêchant de se rendre à leurs travaux, en les empêchant de poursuivre leur vie. L’occupant a bloqué les routes menant aux camps et aux villages dans la province et installé des blocs de béton et des barrages sur les routes pour empêcher les gens de circuler. Les soldats sionistes ont investi les rues de la ville et fermé les magasins, à la recherche des résistants. La ville d’al-Khalil est l’une des plus grandes en Cisjordanie occupée. Ses habitants sont au nombre de 270.000 habitants, et le nombre des colons qui l’ont envahie s’élève à 850 colons.
Les services sécuritaires de l’Autorité palestinienne font le travail de l’occupation : les arrestations des militants, les incursions de nuit dans les maisons paisibles des familles palestiniennes, à la recherche des jeunes et des prisonniers libérés, ce ne sont plus seulement les sionistes qui pratiquent cette terreur, mais c’est aussi la pratique des services sécuritaires de l’Autorité palestinienne. Ds dizaines de militants et d’anciens prisonniers libérés ou des membres de leur famille ont été ciblés ces derniers temps. Parmi eux, le militant du Mouvement du Jihad islamique, récemment libéré des prisons de l’occupation, Salameh Abdel Jawad, du camp Askar dans la ville de Nablus. Il a été kidnappé par les services de l’Autorité palestinienne. Torturé au cours de sa détention (10 jours), il a été emmené à l’hôpital pour être soigné. Le militant a déclaré que les services de l’Autorité palestinienne l’ont arrêté parce qu’il était actif dans le soutien et la solidarité avec les prisonniers palestiniens, et notamment ceux qui mènent la grève de la faim.

Résistance

Un soldat sioniste a été poignardé près de Jénine par un Palestinien, qui a été arrêté, selon l’armée de l’occupation (15/8). Au mois de juin dernier, un officier sioniste a été blessé par un coup de feu au barrage du tunnel près de Bayt Lahem, et des jeunes Palestiniens lancent des pierres sur un véhicule appartenant à des sionistes. Au mois de juillet, un colon a été tué et trois autres blessés près de la colonie Atna’il, près d’al-Khalil.
Une opération de résistance est menée dans la région d’al-Khalil, tuant sur le coup un rabbin membre du Mossad sioniste (mi-juillet). Le résistant est parvenu à prendre la fuite. Cette opération a suscité la panique chez les sionistes, notamment parce qu’elle s’est produite dans la région d’al-Khalil, quelques jours après une autre opération dans la même zone. Suite à l’opération, les Palestiniens ont fait circuler une vidéo annonçant une opération similaire contre le rabbin député Gluck, responsable de la profanation de la mosquée al-Aqsa. A la fin du mois de juillet, le combattant Mohammad Faqih, responsable de l’opération, a mené un combat de 7 heures contre les forces de l’occupation avant de tomber au cours du siège de la maison dans laquelle il s’était barricadé.
Le jeune Palestinien, Mohammad T  arayra, de Bani Na’im, mène une opération courageuse contre la colonie Kharsina, malgré la surveillance électronique installée par les colons. Les médias sionistes affirment que le jeune Mohammad fut plus rapide que l’armée d’occupation, alertée par un coup de fil. Il réussit à abattre une femme colon et à blesser grièvement un autre. Le martyr a été exécuté alors qu’il s’apprêtait à poignarder un autre colon. Les responsables sécuritaires de l’occupation ont considéré que l’opération du martyr est un coup dur pour les sionistes car il a pu infiltrer leur système de sécurité. (juin)
Un Palestinien de Tulkarm, Wa’el Abu Saleh, 46 ans, parvient à mener une opération par poignard, et à blesser deux colons dans la colonie de Natanya, en Palestine occupée en 48 (juillet). Exécuté sur place, le martyr a été laissé dans la rue jusqu’à ce que son corps se vide de son sang.
Les Palestiniens s’opposent à l’invasion de colons dans le bourg de Hawwara, au sud de Nablus. Les forces de l’occupation sont intervenues et ont arrêté un Palestinien de 20 ans, Ghazi Lafi. Des affrontements ont opposé les Palestiniens aux forces militaires qui protégeaient les colons (12/8).
Les forces sécuritaires de l’entité sioniste craignent la propagation des armes dans les territoires occupés en 1967. Plusieurs ateliers d’armes auraient été découverts par les sionistes au cours des mois précédents et notamment des ateliers pour la fabrication de l’arme « Carlo », fréquemment utilisée par les Palestiniens au cours de l’Intifada en cours. Dans la nuit du 17 août, les sionistes ont même volé de l’argent, dans la région de Jénine, considérant que cet argent sert à financer les opérations de la résistance.
Des affrontements ont eu lieu entre les forces de l’occupation et les jeunes du village de Jaba’, dans la région de Jénine, après que les sionistes aient investi le village et ses maisons au cours de la nuit du 17 août. L’occupant a arrêté Ahmad Kan’an (30 ans).
Le corps du martyr Mohammad Kalouti (21 ans) d’al-Quds, a été rendu par l’occupant à sa famille, 5 mois après son martyre. Les sionistes ont empêché, en encerlant le cimetière, la participation populaire à l’enterrement. 14 corps de martyrs tombés au cours de l’Intifada al-Quds, depuis début octobre 2015, sont toujours détenus par les sionistes. Le père du martyr Baha’ Alayan a refusé les conditions sionistes pour la remise du corps de son fils, qui est toujours détenu par l’occupant.
Une campagne populaire est lancée dans le bour de Bani Na’im à l’est de la ville d’al-Khalil pour reconstruire la maison du martyr Mohammad Tarayra, que les sionistes ont démolie deux jours auparavant (août).  Khodr Adnane, cadre du mouvement du Jihad islamique, appelle à l’unité pour reconstruire les maisons que l’occupant a démolies dans la ville de Yatta, et notamment la maison du prisonnier Mourad Id’iss (juin)
Les Palestiniens des territoires occupés en 48 manifestent contre la présence d’une ministre sioniste dans la ville de Ar’ara, dans la région du Triangle. Cette ministre avait été invitée par des avocats appartenant à des syndicats sionistes (juin).
Des jeunes Palestiniens empêchent 60 colons de se rendre à la tombe de Youssef, près de Nablus, que les sionistes prétendent être un lieu juif. Ils ont bombardé aux cailloux le car qui transportait les colons (22 août).
Un groupe de Palestiniens, dirigés par Sheikh Khodr Adnane, a occupé le principal bâtiment de l’ONU à Ramallah pour protester contre l’attitude passive de l’ONU concernant la lutte du prisonnier Bilal Kayed et tous les prisonniers en grève de la faim contre la détention administrative, le 21 août.
Les statistiques des sionistes montrent que 21 attaques menées par les Palestiniens – jets de pierre et de bouteilles incendiaires – ont été enregistrées au cours d’une seule journée. Une semaine auparavant (mi août), 47 points d’affrontements ont été enregistrés dans la seule ville d’al-Quds entre les forces sionistes et les Palestiniens, au cours desquels 58 Palestiniens ont été blessés.

Répression et purification ethnico-religieuse

Les forces sionistes tirent sur un groupe de manifestants dans la ville de Nablus, qui s’opposaient à l’invasion de colons (2 juin). Jamal Douweikat est gravement blessé. Il meurt plusieurs jours plus tard à l’hôpital de Nablus. Jamal Duwaykat avait été libéré de la prison sioniste quelques mois auparavant. Détenu pendant trois ans, il était accusé de s’être opposé à l’invasion coloniale de la tombe de Youssef, à Nablus.
Le 20 juin, les sionistes tirent sur 4 enfants et tuent Mahmoud Badrane, 15 ans, près de Ramallah. Les trois enfants blessés sont Daoud Kharoub, son frère Issam, et Ikram Sulayman. Les témoins affirment que les 4 enfants ne faisaient que passer par la route coloniale 445, et plus tard, le porte-parole de l’armée sioniste a affirmé qu’ils n’étaient pas impliqués dans le tirs de cailloux contre les véhicules des colons. Les forces sionistes dans la ville d’al-Khalil exécutent Sara Tarayra, 27 ans, de Bani Na’im. Arrêtée et en cours d’être fouillée, les soldats tirent sur la jeune femme, enceinte.
Les arrestations quotidiennes et les rafles nocturnes menées par l’occupant dans les villes, villages et camps palestiniens en Cisjordanie témoignent du durcissement du conflit et de la crainte des sionistes de l’extension du mouvement de révolte. Les sionistes ont arrêté des dizaines de Palestiniens en prétendant qu’ils préparaient des attaques contre eux. Le 17 août, la police sioniste a arrêté le jeune Ahmad Achayer (20 ans) de At-Tur dans al-Quds, prétendant qu’il avait exécuté poignardé un colon une semaine auparavant. Le même jour, les forces de l’occupation ont arrêté, au cours de raids nocturnes, 23 Palestiniens à Ramallah, et les camps de Am’ari et Qaddura ont été le théâtre d’affrontements entre forces occupantes et Palestiniens.
Le Shabak, organe de renseignements des sionistes, a déclaré (juin) qu’il a arrêté trois membres d’une cellule familiale responsable de l’opération militaire exécutée il y a plusieurs mois contre des soldats sionistes à Hazma, près d’al-Quds. Il s’agirait de la famille Halabiyé d’Abu Diss.
La démolition des maisons des résistants se poursuit. Les forces de l’occupation ont investi avec 30 véhicules militaires le bourg de Bani Na’im dans la région d’al-Khalil pour démolir la maison du martyr Mohammad Tarayra. Elles ont fait exploser la maison le 14 août. Les sionistes ont décidé de démolir la maison du prisonnier Mohammad Amayra, qui est la maison familiale. Le prisonnier Amayra est accusé d’avoir aidé le martyr Mohammad al-Faqih à exécuter son opération contre une base militaire sioniste. D’autre part, une partie de la maison du martyr Bashar Musalha à l’est de Qalqylia, a été démolie par les sionistes début juin. Le martyr Bashar Masalha avait excuté une opération au mois de mars dernier à Yafa.
En l’absence de tout intérêt arabe et international au sort du peuple palestinien, les sionistes multiplient les confiscations de terrains, la construction de colonies et l’invasion de colons. Un ministre de l’entité sioniste a déclaré récemment que son gouvernement avait posé un plan de multiplier par dix, au cours des dix prochaines années, le nombre de colons dans la seule région de Bayt Lahem. D’autre part, les autorités sionistes ont commencé des travaux d’extension des colonies Efrat et Tal Amim, pour les relier entre elles afin de séparer la ville de Bayt Laham de la ville d’al-Quds. Un autre plan vise à séparer la ville de Bayt Laham de la ville d’al-Khalil, transformant les deux agglomérations en véritables ghettos.
Un plan de colonisation est en cours pour installer des colons en plein cœur de la ville d’al-Khalil, près du point militaire de l’occupation, entre la colonie « Afraham Afino » et la rue des martyrs.
L’invasion coloniale se poursuit avec l’arrivée au cours de cet été de plus de 500 colons en provenance des Etats-Unis, du Canada et de la France. Plus de 50% de ces colons participent à la colonisation en Cisjordanie, les autres participent à la colonisation des terres occupés en 48, et notamment dans les villes arabes, comme Haïfa et ‘Akka.
Dans la ville occupée en 1948 d’al-Lid, l’occupant impose la baisse du son des appels à la prière en provenance des mosquées sous le prétexte que cela « dérange les juifs » (les colons).

Dans la ville d’al-Quds et la mosquée al-Aqsa

La judaïsation de la ville d’al-Quds a pris une tournure dramatique ces derniers temps. Les Palestiniens s’opposent tous seuls à cette menace, sans aucune couverture arabe et musulmane, politique, médiatique ou diplomatique, qui puisse les aider à résister. La municipalité de l’occupant prétend vouloir modifier l’entrée principale de la ville, du côté ouest, pour supprimer entièrement le caractère arabo-islamique de la ville. D’autre part, dans la vieille ville, un projet de « modernisation » du quartier jouxtant la porte « al-Jadid » (de son vrai nom porte Abdel Hamid) est en cours, pour modifier le caractère arabo-musulman du quartier. Dans le langage sioniste, la judaïsation prend plusieurs appellations telles que « modernisation », « rénovation » ou « développement ».
Le gouvernement de l’occupation a approuvé la construction de « Bayt al-Jawhar », bâtiment sioniste en plein centre de la place al-Bouraq, qui jouxte la mosquée al-Aqsa. Ce bâtiment serait utilisé par et pour les sionistes pour propager leur idéologie rétrograde et raciste envers les Palestiniens, arabes et musulmans. Les sionistes avaient, au cours des années précédentes, mener plusieurs excavations dans le lieu prévu, en détruisant des centaines d’objets et de traces de présence musulmane dans la ville sainte.
La municipalité de l’occupation a approuvé la construction d’un immeuble pour les colons dans Selwan, au sud de la mosquée al-Aqsa. Cet immeuble serait construit à la place de plusieurs maisons palestiniennes démolies ou assaillies par les colons (juin).
Le centre d’information de Wadi Helwa a déclaré, au mois de juillet, que les sionistes ont assassiné 7 Maqdissis, depuis le début de l’année 2016, dont une femme et un enfant, et arrêté 963 Palestiniens de la ville d’al-Quds, dont 47 femmes, 58 vieux, 366 mineurs (moins de 18 ans), et parmi eux, 32 enfants âgés de moins de 12 ans. Il a annoncé que 6272 profanateurs se sont introduits dans la mosquée al-Aqsa, avant le mois de Ramadan.
1059 sionistes ont profané la mosquée al-Aqsa au cours du mois de juillet. Plusieurs gardiens de la mosquée ont été arrêtés par l’occupation. Le 12 juillet, 313 colons ont profané la mosquée en pratiquant des rites talmudiques. Le 27 juillet, 96 membres des services de renseignements de l’occupation ont profané la mosquée. Les sionistes essaient de pratiquer des rites talmudiques, mais sont souvent empêchés par les fidèles et les gardiens de la mosquée. Les forces de l’occupation ont mené des campagnes d’arrestations massives des fidèles au cours du mois de juillet avant de prononcer à l’encontre de plusieurs fidèles des interdictions d’entrer dans la mosquée allant de deux semaines à six mois.

La presse palestinienne

Plusieurs sujets ont été abordés par la presse palestinienne au cours des derniers mois, dont l’accord de réconciliation entre le régime turc et l’entité sioniste auquel des dizaines d’articles ont été consacrés, aux côtés de la judaïsation galopante dans la ville d’al-Quds, la réconciliation inter-palestinienne, l’opération de la résistance dans la ville de Yafa, au début du mois et la résistance héroïque du combattant Mohammad al-Faqih contre les forces de l’occupation, dans la région d’al-Khalil. L’accord de réconciliation entre le régime turc et l’entité sioniste a été largement dénoncé par la presse palestinienne et les organisations de la résistance, qui ont refusé toute normalisation avec l’occupant, quelles que soient les circonstances. La critique de l’association turque IHH, qui avait organisé la flotille Mavi Marmara, de cet accord disant qu’il légalise le blocus au lieu de le supprimer, et la virulente réponse d’Erdogan qui a remis en cause même la flotille, ont été passées sous silence par une presse favorable au régime turc. Dans al-Istiqlal, bi-hebdomadaire qui paraît à Gaza, l’éditorial du 30 juin affirme que cet accord sert d’abord les intérêts sionistes, puisque le blocus va demeurer, et que les constructions à but humanitaire ne verront pas le jour avant 5 ans. Même si « on ne peut faire supporter au régime turc plus qu’il ne peut porter », il va sans dire que tout accord et toute normalisation avec l’occupant doit être dénoncés comme étant des coups de poignard dans le dos des Palestiniens, arabes et musulmans.
Au cours des mois de juillet et août, la presse palestinienne a consacré quotidiennement des articles ou des études sur la ville d’al-Quds et la mosquée al-Aqsa, et sur le mouvement de grève de la faim dans les prisons sionistes. De plus, la normalisation entre des responsables saoudiens et l’entité coloniale a été largement commentée par la presse palestinienne. Pour certains commentateurs, les champions saoudiens de la normalisation (des officiels ou semi-officiels) agissent en plein jour alors que le régime lui-même a normalisé depuis longtemps en cachette. Pour d’autres, qui attendent toujours une dénonciation des normalisateurs par le régime, ces derniers agissent individuellement et ne représentent pas la ligne du régime. La presse a largement publié le communiqué signé par des personnalités du Golfe et notamment de l’Arabie saoudite dénonçant la normalisation des relations avec l’occupant.

Communiqués et déclarations

Sheikh Youssef Salame, prédicateur à la mosquée al-Aqsa, a déclaré : « Nous avons maintes fois mis en garde contre les projets de l’occupant qui vise la ville d’al-Quds, mais certains ont jugé que nous exagerions. L’occupant est en train d’enterrer le caractère arabo-musulman et chrétien de la ville, pour faire croire que cette ville est juive. Il s’agit d’un véritable massacre pour installer une majorité juive dans la ville sainte, en vue de concrétiser des fables inventées par les rabbins juifs, et détruire la mosquée al-Aqsa ».
Ahmad Al-Moudallal, cadre dirigeant au Mouvement du Jihad islamique en Palestine, a déclaré, au cours d’une manifestation à Gaza pour soutenir la lutte des prisonniers palestiniens, que l’occupant exerce ses mesures et sa répression contre les prisonniers pour tuer l’âme de la résistance dans les prisons. Par la maladie qu’il néglige de soigner, il cherche à soumettre les prisonniers.
Le mouvement du Jihad Islamique en Palestine salue l’opération de la résistance menée par un résistant près de la ville d’al-Khalil (juillet). Dans son communiqué, le mouvement affirme que l’augmentation des opérations contre les colons et les soldats de l’occupation reflète la détermination de notre peuple à poursuivre l’Intifada en défense de sa terre et de ses sacralités. Le mouvement a appelé à la poursuite des opérations.
Commentant l’opération de la résistance dans la région d’al-Khalil au mois de juillet dernier, le politologue Abdel Sattar Qassem a déclaré que seule la résistance armée pourra mettre fin à la présence des colons en Palestine, et pour cela, il est nécessaire d’avoir le souffle long. Pour lui, lorsque les colons ressentiront la menace contre leur vie dans le pays, ils fuiront. Cela ne se fera ni par la résistance pacifique.

Dans la presse sioniste

Li’or Akerman, ancien responsable du Shabak remet en question, dans « Maariv » le 3/8/2012, les déclarations du Shabak selon lesquelles ce service de renseignements aurait réussi à empêcher la poursuite des opérations de la résistance en Cisjordanie, par ses mesures répressives. Il affirme que le Shabak agit dans les territoires occupés depuis 1967, et qu’il a un puissant réseau de renseignements, et qu’il est parvenu, au fil du temps de l’occupation, à quadriller toute la Cisjordanie. Malgré cela, les opérations de la résistance ont eu lieu, même si elles ont diminué, ces derniers temps, probablement à cause de la chaleur, et non à cause des efforts du Shabak.
L’editorialiste de Haaretz daté du 10 juin met en doute l’efficacité des mesures sionistes prises à l’encontre du bourg de Yatta, dans la région d’al-Khalil, où vivent les résistants ayant mené l’opération à Tel Aviv et tourne au ridicule toutes les déclarations de la classe politique sioniste promettant de sévir contre le peuple palestinien, en affirmant que toutes ces promesses de violence et de vengeance ne peuvent assurer la sécurité des « israéliens », car elles vont pousser de plus en plus de jeunes (palestiniens) vers la « violence ».
Le commentateur militaire de la chaîne sioniste 10, Alon ben David, écrit : « les murs élevés que nous avons érigés aux frontières peuvent probablement arrêter les « terroristes », mais ils ne peuvent empêcher les idées violentes de s’infiltrer dans les cœurs et les cerveaux des Palestiniens. »
Yossi Beilin, écrit dans Ysrael Yom » le 16 août « Non à Hamas » et réclame l’interdiction de la participation du Hamas aux élections municipales qui devraient se dérouler dans les territoires occupés en 1967. L’auteur se base sur un article du protocole de 1995 dépendant des accords d’Oslo qui stipule l’interdiction de toute formation politique prônant le racisme ou qui vise à réaliser ses objectifs de manière illégale. Il aurait attiré l’attention de Sharon, au cours des élections législatives en 2006, sur cet article, mais Sharon n’en a pas tenu compte. Il réclame aujourd’hui à la classe politique de faire attention…

Publié par Centre d’information sur la Résistance en Palestine (cirepal

« Non au terrorisme d’État d’Israël »

Israeli activist seeks asylum in Canada

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Israel is tightening its crackdown on Palestinian, Israeli and international activists. Ryan Rodrick Beiler

 

An Israeli citizen is claiming asylum in Canada, citing his government’s escalating repression of political activism, particularly the boycott, divestment and sanctions (BDS) movement.

Gilad Paz told The Electronic Intifada that he landed at Montreal airport on 11 August, after traveling from Tel Aviv, and immediately asked for political asylum.

He said he told the Canadian asylum officer that he is a BDS and human rights activist.

Paz, 34, is an attorney who specializes in civil cases and employment law. He has also been a member of Amnesty International’s Israel section and the leftist Zionist party Meretz for several years.

He said he did his obligatory military service at a desk job in the Israeli air force and that he never had a combat role.

Paz, who was born in Israel, is pessimistic about the country’s future without a fundamental change. “I don’t see a future for this country. Maybe with the two-state solution, but I do not see any horizon for that right now,” he said. “It’s a dream that is never going to come true.”

Alternatively, he said, there could be a one-state solution with equal rights for all: “Maybe this is the best solution. Maybe it is the only moral solution.”

But nothing is going to happen if people can’t push and advocate for change, and he sees that right under growing threat.

“Evil intentions”

Gilad Paz

Paz says his BDS advocacy has taken place online, especially on Facebook, and he acknowledges that he has yet to face any personal consequences for speaking out.

Long-time activists in Israel familiar with BDS circles there told The Electronic Intifada they did not know Paz in person.

While Israel has jailed many Palestinians over mere Facebook posts, it has not used this kind of repression against Israeli Jews.

“There is nothing that was done yet, but I am assuming that after the speeches of Erdan it will become a reality very soon,” Paz said.

He was referring to recent speeches by public security minister Gilad Erdan, the Israeli official in charge of combating the BDS movement domestically and internationally.

Earlier this month, Erdan and interior minister Aryeh Deri formed a task force to prevent the entry of foreign activists Israel claims are affiliated with organizations that support BDS and expel those who have already entered territories under Israeli control.

“This is a necessary step, given the evil intentions of the delegitimization activists working to spread lies and distortions about the reality in our region,” Erdan said.

Paz told The Electronic Intifada he had been thinking seriously about seeking asylum since a speech Erdan gave in June at the Herzliya conference, a high-profile annual gathering of Israel’s political and military elites.

“The message has to be that it’s not worth being a BDS activist,” Erdan said. “Anybody who works to delegitimize Israel, to bring an end to the Zionist enterprise, they should know that there will be a price.”

“I made the decision after the speech of Gilad Erdan; I concluded that I am not going to have any choice,” Paz said. “I am assuming that this speech and the [transparency law] was aimed to give a clue to people that we do not have any more place in Israel.”

Denying entry

The crackdown against Palestinian and international activists is already intensifying.

Earlier this month, members of a delegation of five US citizens were interrogated about their political activities and denied entry by Israel.

And last week, Charlotte Kates, coordinator for the prisoner solidarity group Samidoun, was denied entry as she attempted to join a group of European parliamentarians and lawyers traveling to Palestine in support of hunger striker Bilal Kayed.

Kates, a US citizen, said she was interrogated about her support for BDS and her online activities. She said she was denied entry after refusing to provide lists of names of contacts and activists.

Perhaps the highest-profile assault on freedom of expression so far has been Israel’s effective travel ban on Omar Barghouti, the Palestinian human rights defender and co-founder of the BDS movement.

Israel imposed the ban in April, soon after public threats by Israeli ministers.

Attacks and threats

At the time, Amnesty International strongly condemned these threats, warning that “an escalation of acts of intimidation by the government and attacks and threats by settlers and other non-state actors have created an increasingly dangerous environment” for human rights defenders in Israel and the occupied West Bank and Gaza Strip.

The group expressed particular concern for the “safety and liberty of Palestinian human rights defender Omar Barghouti, and other boycott, divestment and sanctions (BDS) activists, following calls alluding to threats, including of physical harm and deprivation of basic rights, made by Israeli ministers.”

Paz also cited the so-called transparency law as part of the reason he now feels unsafe in Israel. The new law will require more than two dozen Israeli human rights groups to prominently declare that they receive more than half their funding from foreign governments.

“The law, written in a way to exempt many organizations that support government policies and settlement activities, including those that receive foreign private donations, sets back freedom of association in Israel,” Human Rights Watch has said.

UN Secretary-General Ban Ki-moon said he was “deeply troubled” by the law.

Even the European Union, which rarely criticizes Israel, said that the requirements “imposed by the new law go beyond the legitimate need for transparency and seem aimed at constraining the activities of these civil society organizations working in Israel.”

September hearing

In 2013, Canada’s then Conservative government added Israel, excluding the West Bank and Gaza Strip, to a list of designated “safe countries” where the presumption is that “it is less likely for a person to be persecuted compared to other areas.”

In 2015, a Canadian federal court threw out government rules that limited appeals by aslyum seekers from these supposedly safe countries, calling them discriminatory.

From 2004-2013, Canada gave permanent residence to a total of 684 refugees and their dependents from Israel, roughly the same number as from the “State of Palestine,” Honduras, Angola and Egypt.

The acceptance rate for applicants from Israel has varied from year to year. Statistics, however, cannot predict what will happen to any particular person since all cases are supposed to be decided on individual merit.

Gilad Paz is preparing for his asylum hearing he says is scheduled for 29 September. His claim would have to succeed despite the fact that he has a thin resumé as an activist, notwithstanding Israel’s clear moves against human rights defenders.

Asked what he would do if his claim is rejected, he said, “In this case I will have to appeal or take the risk and come back to Israel and see what will happen.”

“I’m very, very afraid what is going to happen because the Israeli government knows I claimed asylum,” Paz added.

 

Source: https://electronicintifada.net/blogs/ali-abunimah/israeli-activist-seeks-asylum-canada