Appel à la libération d’une étudiante de Concordia retenue à Gaza

 

Des proches de l’étudiante de l’Université Concordia, Bissan Eid, retenue en territoire palestinien à Gaza depuis décembre 2016, ainsi que des organismes communautaires réclament des actions concrètes d’Ottawa pour qu’elle revienne au plus vite au Canada.

«Ce n’est pas assez de parler, il faut prendre des actions», a déclaré jeudi la coordinatrice à la recherche et à l’éducation à l’Association pour la voix étudiante au Québec, Sofia Sarhane, lors d’un rassemblement à Montréal. Le père de Bissen, Hadi Eidm, de même que le collectif Tadamen! et l’organisation Palestinien et Juifs unis (PAJU), souhaitent aussi sensibiliser le public au sort de Mme Eid.

Bissan Eid, qui a la citoyenneté canadienne, était retournée en territoire palestinien au mois de juin 2016 pour visiter ses grands-parents et se marier, malgré les conseils du gouvernement canadien d’éviter tout voyage et de faire preuve d’une très grande prudence dans la région.

La porte-parole aux Affaires mondiales du gouvernement canadien, Jocelyn Sweet, a précisé que «la capacité du gouvernement du Canada de fournir des services consulaires aux Canadiens à Gaza, y compris de l’aide pour quitter la région, est limitée».

« Nous avons besoin du public pour faire pression sur le gouvernement ». – Stefan Christoff, du collectif Tadamon

Depuis décembre 2016, le gouvernement israélien refuse d’accorder à la jeune femme de 24 ans une autorisation pour sortir du territoire de Gaza. Son principal problème vient de sa grossesse qui, à l’époque, était environ de quatre mois. Fin-mai 2017, elle a finalement accouché de son enfant à Gaza, ne bénéficiant pas de de soins de santé optimales que le Canada aurait pu lui procurer pour une jeune mère et son nouveau-né.

Devant le manque d’actions supposé du gouvernement depuis près de six mois, certains avancent la question de l’origine de Bissan Eid. Bruce Katz, co-président de Palestinien et Juifs Unis déclare ainsi que Bissan est «prisonnière du gouvernement d’Israël».

«Si un citoyen juif canadien avait été dans cette situation, les politiques auraient tout fait pour le ramener au pays. La différence est que Bissen est palestinienne», a-t-il dit.

«Je suis presque certain que si elle était blanche d’origine québécoise, les démarches auraient été plus rapides», a renchéri Stefan Christoff, du collectif Tadamon.

Bissan Eid est arrivée au Canada en 2002 à l’âge de 9 ans avec ses parents et est devenue citoyenne canadienne en 2005.

«Des représentants consulaires sont en contact avec Mme Eid et continuent de lui fournir de l’aide consulaire, y compris des renseignements à jour sur les avenues possibles afin de quitter la région, a indiqué Jocelyn Sweet. [Cependant], nous ne divulguerons aucun autre renseignement sur ce dossier afin de respecter la vie privée de la personne concernée ».

 

Source : http://journalmetro.com/actualites/montreal/1152196/appel-a-la-liberation-dune-etudiante-de-concordia-retenue-a-gaza/

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DE PAJU – PALESTINIENS ET JUIFS UNIS

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(ENGLISH VERSION FOLLOWS)

COMMUNIQUÉ DE PALESTINIENS ET JUIFS UNIS

LA VILLE DE MONTRÉAL DOIT ANNULER SA MISSION ÉCONOMIQUE EN ISRAËL

Pour diffusion immédiate

Montréal, le 26 septembre 2016

Le maire de Montréal, Denis Coderre, ainsi que le maire de Toronto, John Tory, seront en visite en Israël – et symboliquement en Cisjordanie – dans le cadre  d’une mission économique du 13 novembre au 18 novembre 2016.  Ce faisant, les maires de Montréal et de Toronto,et les groupes et les individus qui les accompagneront, dont  la Chambre de commerce de Montréal métropolitain et le Centre de commerce mondial Montréal, se rendent complices du système institutionnalisé de ségrégation dont les Palestinien.ne.s vivant en Cisjordanie et à Gaza, ainsi que les Bédouins de la région du Néguev, sont victimes.

Israël ne cesse d’agrandir les colonies illégales existantes, tout en construisant de nouvelles colonies sur des terres palestiniennes expropriées illégalement. Cette politique se maintient en faisant fi du droit international dont  les traités et conventions censés protéger les droits de la personne et des peuples, en faisant fi des résolutions des Nations Unies et en traitant les personnes qui osent critiquer ces actes inacceptables, d’« anti-sémites ».

Cette  visite des maires en Cisjordanie – il s’agit plutôt d’un petit detour symbolique –  n’est rien d’autre qu’un leurre, dont l’objectif est de faire taire toute critique de leur mission principale en Israël. Nulle part n’est-il mentionné que la Cisjordanie est un territoire palestinien occupé, colonisé et emmuré par Israël. On sait en effet que  l’économie de la Cisjordanie est prtaiquement inexistante du fait qu’Israël en a fait une prison à ciel ouvert.

 Et que dire de la situation à Gaza, qui est sous blocus depuis presque neuf ans, et dont les conditions de vie de la population ont amené l’excellente journaliste israélienne Amira Hass a qualifier Gaza de « camp de concentration »?  Nos maires, sont-ils au courant des attaques meurtrières lancées contre les civils de Gaza en 2009 et en 2014?  Savent-ils que les officiels israéliens qui vendent leurs armements aux foires militaires se vantent du fait que leurs armes ont été «testées sur le terrain», c’est-à-dire utilisées contre la population palestinienne de Gaza?  La mort de 2 000 civils palestiniens, dont 500 enfants, à Gaza en 2014 atteste de l’«efficacité» des armes israéliennes.

Récemment, 64 personnalités publiques, dont sept lauréats du prix Nobel ont lancé un appel à l’établissement d’un embargo militaire contre Israël (http://www.haaretz.com/israel-news/.premium-1.606228).  Nous adressons plusieurs questions à l’attention des citoyens de Montréal.  Monsieur le Maire Coderre, signera t-il  des contrats avec des compagnies israéliennes de sécurité  ou des ententes de formations des forces policières de Montréal par la sécurité israélienne comme ce fut le cas pour la moitié des forces policières à Ferguson, Missouri?  Le Maire Coderre, représentera t-il des compagnies, fabricants d’armements de la région de Montréal?  Quels  seront les modalités de ses échanges avec ses homologues israéliens?

Dans les faits, la Ville de Montréal ne devrait entretenir aucun lien avec un état reconnu sur la scène internationale comme étant un état d’apartheid.  La mission économique en Israël constitue un appui official à l’apartheid israélien. Elle ne devrait tout simplement pas avoir lieu.

On se souviendra que l’ancien Maire de Montréal, Jean Doré, à l’époque de la campagne de BDS (Boycotte, désinvestissement et sanctions) contre l’apartheid en Afrique du Sud, avait fait de la Ville de Montréal une ville « sans apartheid », et avait banni les relations commerciales avec les fournisseurs sud-africains.   Palestiniens et Juifs Unis (PAJU), invite le Maire Coderre à suivre les pas de Jean Doré en faisant de la Ville de Montréal encore une fois une ville « sans apartheid ».  Il faut rompre les relations commerciales avec un état qui pratique un système de ségrégation institutionnalisé, qui continue d’occuper, de coloniser et d’emmurer le people palestinien en violation du droit international, et qui méprise l’état de droit et les droits humains fondamentaux.

Nous demandons au Maire Coderre d’annuler la mission économique en Israël.

Palestiniens et Juifs Unis (PAJU)

www.pajumontreal.org

Info: (514) 582-1642

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PALESTINIAN AND JEWISH UNITY PRESS RELEASE

THE CITY OF MONTREAL MUST CANCEL ITS ECONOMIC MISSION TO ISRAEL

For immediate publication

Montreal, September 26th, 2016

 

The Mayor of Montreal, Denis Coderre and Toronto Mayor John Tory will visit Israel – and, symbolically, the West Bank – as part of an economic mission from  November 13th  to November 18th, 2016. In so doing, the mayors of Montreal and Toronto, and those individuals and groups who will accompany them, including the Montreal Chamber of Commerce and the World Trade Centre Montreal make themselves complicit with   the institutionalized system of segregation which victimizes Palestinians living in the West Bank and Gaza, as well as the Bedouin of the Negev region.

Israel incessantly expands existing illegal settlements while building new settlements on illegally expropriated Palestinian lands. This is a policy which continues to flout the treaties and conventions of international law which protect human rights and peoples,  policy which has defied more than a hundred United Nations resolutions and paints with the epithet of ‘anti-Semites’ all those who dare to criticize Israel’s unacceptable acts of violence against the Palestinian people

The visit of the mayors to the West Bank – a small symbolic detour – is nothing but smoke and mirrors, the objective of which is to deflect any criticism of their principal mission to Israel. Nowhere is it mentioned that the West Bank is occupied Palestinian territory, colonized and walled-in by Israel. It is a known fact that the economy of the West Bank is practically non-existent by virtue of the fact that Israel has converted the West Bank into an open prison.

What about the situation in Gaza, which has been under blockade for almost nine years and where the living conditions of the population have led the excellent Israeli journalist Amira Hass to call Gaza a « concentration camp »? Are our mayors aware of the deadly Israeli attacks against Palestinian civilians in Gaza in 2009 and 2014? Do they know that Israeli officials selling their arms at military fairs boast that their weapons have been « field- tested », that is to say,  » tested » on  the Palestinian population in Gaza? The deaths of  2,000 Palestinian civilians, including 500 children, in Gaza in 2014 attest to the « effectiveness » of Israeli armaments.

Recently, 64 public figures, including seven Nobel Prize laureates have called for the establishment of an arms embargo against Israel (http://www.haaretz.com/israel-news/.premium-1.606228). We bring several questions to the attention of the citizens of Montreal. Will Mayor Coderre  sign contracts with Israeli security companies, or for the training of Montreal police forces by Israeli security as was the case for half the police forces serving Ferguson, Missouri? Will Mayor Coderre  represent the interests of arms manufacturers in the Montreal area in Israel? What will be the terms and details of trade with his Israeli counterparts be?

In fact, the City of Montreal should maintain no relationship with a state recognized internationally as an apartheid state. The economic mission to Israel is official support for Israeli apartheid. It simply should not happen.

Let us recall that the former Mayor of Montreal, Jean Doré, at the time of the BDS campaign (Boycott, Divestment and Sanctions) against apartheid in South Africa, had the City of Montreal deemed an « apartheid-free  » city and banned trade relations with south African suppliers. Palestinian and Jewish Unity (PAJU) invites Mayor Coderre to follow in the footsteps of Jean Doré by making the City of Montreal an « apartheid-free » city once again. Montreal must annul trade relations with a state that practices an institutionalized system of segregation, which continues to occupy, colonize and wall-in the Palestinian people in violation of international law and which tramples on the rule of law and on basic human rights .

We demand that Mayor Coderre cancel his economic mission to Israel.

 

Palestinian and Jewish Unity (PAJU)

www.pajumontreal.org

Info: (514) 582-1642

Barcelone accueille le Bateau des femmes pour Gaza avant le premier trajet

Pour publication immédiate    

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12 septembre 2016

Barcelone, Espagne.

Entre le 12 et le 14 septembre prochains, les Bateaux des femmes pour Gaza, le Amal-Hope et le Zaytouna-Oliva, seront amarrés  à Bosch i Alsina,  dans le port de Barcelone. Plusieurs événements y auront lieu (concerts, conférences-échanges, ateliers sur la non violence, parade dans les rues et visites des bateaux) en signe d’au revoir aux femmes qui prendront la mer dans le but de briser le blocus de Gaza.

Selon Laura Arau, du groupe Rumbo a Gaza, partenaire du Bateau des femmes pour Gaza en Espagne, faire partir les bateaux de Barcelone revêt une signification très spéciale pour cette communauté. Nous avons été une ville sœur avec Gaza depuis 1998 et pourtant nous n’avons jamais pu nous visiter mutuellement a-t-elle affirmé. Nous voulons que nos sœurs de Gaza sachent que nous ne les oublions pas et qu’avec ces bateaux et les femmes qui  y participent, nous leur envoyons notre message d’espoir, d’amour et de solidarité.

Les bateaux partiront le 14 septembre d’Ajaccio en Corse (France) pour se rendre dans un autre port de zaytouna_small-300x199la côte ouest de la Méditerranée avant de rejoindre les rives de Gaza au début d’octobre. Pour l’étape Barcelone-Ajaccio la liste des passagères comprend Malin Björk, députée suédoise au Parlement européen; Zohar Chamberlain Regev, une israélienne vivant en Espagne et Ann Wright, une colonelle retraitée  de l’armée américaine et ancienne diplomate qui a démissionné de son poste en 2003  pour protester contre l’invasion de l’Irak par les États-Unis.

Les femmes montant à bord des bateaux, et dont le nombre varie selon les étapes, représentent plus de 15 pays venant de six continents. Par ailleurs comme l’explique Chamberlain Regev, qui préside le comité de coordination du Bateau des femmes pour Gaza : Même si nous venons d’horizons culturels et professionnels très différents, nous partageons toutes un même engagement. Nous pensons que le blocus de Gaza et l’occupation de la Palestine sont absolument inacceptables. Et tant et aussi longtemps que les gouvernements continueront d’ignorer cette crise politico-humanitaire, nous, en tant que citoyennes du monde et femmes de bonne volonté n’avons d’autre choix que de poursuivre inlassablement nos efforts  pour briser ce blocus inhumain. 

 

Pour la programmation des activités prévues à Barcelone :  ici.

Personne-contact auprès des medias: Laura Arau +34 636 00 36 01 /prensa@rumboagaza.org

Ou contacter les porte-paroles de la campagne ici: https://wbg.freedomflotilla.org/media-room

Le Bateau des femmes pour Gaza est un projet d’action constitué d’organisations de la société civile et de campagnes qui se déploient dans plus d’une douzaine de pays.

Pour plus d’information, visiter le site : www.womensboattogaza.org.

 

Source: http://www.ciso.qc.ca/barcelone-accueille-le-bateau-des-femmes-pour-gaza-avant-le-premier-trajet/

Un Bateau des femmes pour Gaza prendra la mer en septembre

La Coalition de la Flottille de la Liberté a demandé aux membres du Parlement européen de soutenir le Bateau des femmes pour Gaza qui projette de naviguer vers Gaza à la mi-septembre.

« Depuis la fin de semaine dernière, les préparatifs concernant le Bateau des femmes pour Gaza, une nouvelle campagne de la Coalition Flottille de la Liberté, ont beaucoup progressé avec l’objectif d’un départ vers Gaza à la mi-septembre. », annoncent les organisateurs.

Les membres de l’équipage de même que les passagères seront exclusivement des femmes. Leur objectif ? Sensibiliser l’opinion publique mondiale à l’illégalité du blocus auquel ce territoire est soumis. Militante des droits de la personne en Afrique du Sud, Shabnam Mayet rappelle que « l’occupation israélienne, de façon systématique, viole impunément à la fois le droit international et les résolutions de l’ONU »

Parmi les déléguées qui ont confirmé leur participation à la flottille, Mairead Maguire, militante pacifiste nord‑irlandaise et lauréate du prix Nobel de la paix en 1976 ainsi que Marama Davidson, députée du Parti Vert de Nouvelle‑Zélande seront à bord. Les noms d’autres déléguées seront dévoilés dans les prochaines semaines.

Un des objectifs principaux de notre mission est de rendre visible aux yeux du monde entier les
effets dévastateurs et la violence du blocus imposé aux Palestiniennes et Palestiniens de Gaza. Nous allons mettre l’accent de façon plus spécifique sur la lutte des femmes et leurs multiples rôles au sein de la résistance. Les femmes de Gaza sont les gardiennes de la vie quotidienne au cœur de leur territoire assiégé et agressé ; elles sont impliquées dans la protection et le développement de leurs communautés ; elles jouent un rôle déterminant dans la
lutte pour le droit à l’existence et à l’autodétermination de leur nation.

La voix de ces femmes doit être entendue, surtout en périodes d’extrême injustice comme celles vécues à Gaza depuis l’occupation et l’imposition du blocus

La Coalition de la Flottille de la Liberté a demandé aux membres du Parlement européen de
soutenir le Bateau des femmes pour Gaza. La Coalition a également demandé aux gouvernements de protéger cette initiative et de ne pas entraver le cours de sa mission de solidarité à destination des Palestiniennes et Palestiniens assiégés vivant à Gaza. »

  • Pour tout renseignement : +1 519-859-3579 ou par courriel mediawbg@gmail.com.

Solidairement,

L’équipe du Bateau pour Gaza : Bateau Canadien pour GAZA : www.canadaboatgaza.org courriel : canadaboatgaza@gmail.com

CAPJPO-EuroPalestine

Source: http://www.europalestine.com/spip.php?article11938

Palestiniens et policiers israéliens s’affrontent à la mosquée Al-Aqsa

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PAJU (Palestiniens et Juifs Unis) no 764  le 2 octobre 2015

Pour la 2e journée consécutive, le 14 septembre, une confrontation a provoqué plusieurs arrestations. Alors que des policiers pénétraient dans l’enceinte, plusieurs jeunes masqués se sont sauvés à l’intérieur de la mosquée et leur ont jeté des pierres, de dire un policier israélien. Il indique qu’ils sont entrés dans l’enceinte au sommet de la colline pour s’assurer que les jeunes musulmans rassemblés là ne harcelaient pas des Juifs ou des touristes durant les heures de visite du matin. Le communiqué ajoute que trois manifestants ont été arrêtés. Le personnel de sécurité israélien a utilisé des gaz lacrymogène et des grenades assourdissantes en entrant dans l’enceinte pour arrêter ceux qu’ils appellent des « lanceurs de pierres ».

Cette action a été condamnée par Mahmoud Abbas : « Le bureau présidentiel condamne fermement l’attaque de l’armée occupante et de la police contre la mosquée Al-Aqsa et l’agression contre les fidèles rassemblés là.» Les non-musulmans ont le droit de visiter la mosquée, mais les Juifs doivent montrer des symboles nationaux pour éviter de créer des tensions avec les musulmans qui y prient. Les musulmans craignent qu’Israël ne cherche à changer les règles qui gouvernent ce site. Des groupes Juifs d’extrêmes droites poussent pour plus d’accessibilité et des organisations marginales veulent y élever un nouveau temple.

La mosquée d’Al-Aqsa est le troisième site sacré en importance pour les musulmans. Elle témoigne de l’histoire turbulente de Jérusalem. Elle a été l’objet de reportages de voyageurs et de recherches d’érudits à travers les siècles. Historiens, géographes, archéologues, religieux ont décrit les transformations successives des bâtiments abîmés à plusieurs reprises par des tremblements de terre, des guerres et des conquêtes. Ils ont été détruits en même temps que le Temple durant le sac de Jérusalem par les Romains en 70 de notre ère. L’empereur Justinien a fait construire une église consacrée à la Vierge Marie au 6e siècle. Un moine gaulois a remarqué, au cours d’un pèlerinage en Palestine, son utilisation pour le culte islamique dès la fin du 7e siècle – utilisation constante jusqu’à maintenant, avec des interruptions temporaires durant les croisades. La longue occupation des lieux justifie leurs qualifications de 3e lieu sacré de l’Islam.

Israël s’est emparé de Jérusalem-Est où est situé Al-Aqsa, durant la guerre des Six Jours en 1967, et plus tard a annexé ce territoire – manœuvre qui n’a jamais été reconnue par la communauté internationale.

Adapté : http://news.yahoo.com/israeli-forces-storm-jerusalems-al-082614394.html

Distribué par PAJU (Palestiniens et Juifs Unis)

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Palestine, boycott, sanctions: Ce que Laurent Joffrin ne nous dit pas

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lundi 17 août 2015, par Alain Gresh

TRÈS BONNE ANALYSE DE ALAIN GRESH DANS LE MONDEDIPLO

« … comment pense-t-il arriver à cette solution à deux États, que dit souhaiter Laurent Joffrin ? Quelles mesures prendre ? Car, comme on le remarquait plus haut : « L’argument qui considère qu’il existerait aujourd’hui deux Israël, l’un guerrier et obscurantiste, l’autre pacifique et éclairé, est très loin de la réalité sociétale et politique israélienne (…), qui n’a plus rien à voir avec les espoirs de paix esquissés au cœur des années 1990. C’est la droite qui a été portée à nouveau au pouvoir par les électeurs israéliens en mars 2015 pour mener la même politique que celle déployée depuis 2008, et qui revient à asphyxier Gaza par un blocus, à mener une offensive militaire tous les 18 mois et à continuer de construire des colonies. En Israël, la droite est aujourd’hui toute-puissante, à Jérusalem comme à Tel-Aviv. Et elle ne veut pas la paix. » »

 
Dans un éditorial publié le 14 août dans le quotidien Libération, dont il est le directeur de la rédaction, « BDS, dessous d’un boycott », Laurent Joffrin attaque la fausse modération, selon lui, de la campagne internationale Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) menée contre Israël :

« La modération est parfois trompeuse. En apparence, le mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions), qui coalise une myriade d’associations propalestiniennes et qui a été au premier rang de la protestation contre l’opération “Tel-Aviv sur Seine” organisée par la maire de Paris, tient un discours raisonnable. L’Etat d’Israël, disent ses animateurs, viole les résolutions de l’ONU en maintenant son occupation des Territoires palestiniens et ne cesse de jouer le fait accompli en encourageant l’implantation de nouvelles colonies en Cisjordanie. En conséquence, plutôt que par l’action violente, BDS se propose de faire pression sur le gouvernement israélien en suscitant à travers le monde une campagne de boycott des produits israéliens. »

Après avoir reconnu, bien sûr — qui pourrait l’oublier —, que le gouvernement israélien « poursuit une politique d’occupation qui n’a aucune existence juridique et qu’il tend à rendre irréversible » par la colonisation de la Palestine, il en vient au cœur de son papier, à savoir la dénonciation du mouvement BDS.

« Le boycott indistinct de tous les produits israéliens a d’abord pour effet de mettre tous ses citoyens dans le même sac et sanctionner aussi ceux d’entre eux qui sont favorables à la paix », explique-t-il. L’argument est pour le moins étrange : quand se développait une campagne de boycott de l’Afrique du Sud, le gouvernement raciste de ce pays expliquait que cela punissait… les Noirs ; et quand Libération approuve les sanctions prises contre la Russie ou l’Iran, ne met-il pas dans le même sac ceux qui soutiennent le pouvoir et ceux qui s’y opposent ?

Pour justifier cette position, il affirme que l’« on ne peut pas assimiler Israël à une dictature où l’opinion ne compte pas ». Mais ce qu’il semble ignorer, c’est, comme le souligne Benjamin Barthe dans une excellente analyse publiée par Le Monde du 12 août, « “Tel-Aviv sur Seine”, une grille d’analyse périmée », qu’en « vingt ans, l’opinion israélienne a dérapé à droite. A force de participer aux gouvernements dirigés par le Likoud, sous la tutelle d’Ariel Sharon ou Benyamin Nétanyahou, la gauche travailliste a scié la branche sur laquelle elle était assise. Quand, en novembre 2009, Bernard Kouchner, alors chef de la diplomatie française, déplore “la disparition du camp de la paix israélien”, il énonce une évidence, que seuls ceux qui ne viennent jamais dans la région peuvent contester. »

J’irai même plus loin que Barthe : une partie non négligeable de l’opinion israélienne vote pour des partis d’extrême droite, voire fascisants — des partis qui, s’ils accédaient au pouvoir dans n’importe quel pays de l’Union européenne, seraient boycottés par les autres Etats membres.

Vient ensuite l’inévitable anathème contre les militants de BDS qui ne condamneraient pas « le Hamas qui gouverne à Gaza en pratiquant une répression impitoyable et qui use lui aussi de moyens de lutte cruels et contraires aux conventions internationales ». Pourquoi Joffrin ne rappelle-t-il pas que, lors de la dernière attaque contre Gaza, ce sont toutes les organisations palestiniennes sans exception qui ont participé à la résistance ? Pourquoi n’évoque-t-il pas les pratiques de l’Autorité palestinienne, laquelle viole aussi les droits humains mais dans le silence des pays occidentaux ? Pourquoi ne rappelle-t-il pas que, selon les calculs israéliens, un millier de civils palestiniens ont été tués durant l’offensive contre Gaza de l’été 2014 alors que six civils israéliens sont décédés ? Laurent Joffrin, durant la guerre d’Algérie, aurait-il dénoncé les porteurs de valises qui aidaient le Front de libération nationale (FLN) dont les militants posaient des bombes dans des cafés ?

Mais, poursuit Laurent Joffrin, l’essentiel n’est pas là. La charte de BDS exige « le retour sans conditions des réfugiés palestiniens sur leur terre d’origine ». Ce retour « rendrait les juifs d’Israël minoritaires dans l’Etat qu’ils ont créé et dont l’ONU reconnaît le droit à l’existence ». Etrange raisonnement : dans toutes les autres situations de guerre, les Nations unies prônent le droit des réfugiés qui sont partis ou ont été chassés de leurs foyers à rentrer chez eux — les Croates en Serbie, les Serbes en Croatie, etc. Pour les Palestiniens, ce droit est reconnu par une résolution votée par l’Assemblée générale des Nations unies en décembre 1948, et entérinée par Israël (c’était la condition à son adhésion à l’ONU). Au nom de quels principes ce droit (qui n’est pas le retour sans conditions, mais le droit de choisir entre retour et compensations) serait-il refusé aux Palestiniens ? Au nom de « l’identité juive » ?

Pour Joffrin, ce qui est inacceptable, c’est d’envisager une solution d’avenir qui ne prévoirait qu’un seul Etat sur la terre de la Palestine historique. Et, pour bien discréditer ceux qui la défendent, il prétend que le mouvement BDS rejoint, « sous les atours d’une action légale et pacifique, les mouvements les plus extrémistes », et notamment le Hamas, partisan d’un tel Etat. Il aurait pu préciser que celui qui, aujourd’hui et sur le terrain, contribue le plus efficacement à créer un seul Etat entre le Jourdain et la mer Méditerranée, c’est le gouvernement israélien, largement soutenu par son opinion.

Mais, sans doute le plus intéressant dans cet éditorial, c’est ce que Laurent Joffrin n’explique pas, ne nous dit pas : comment pense-t-il arriver à cette solution à deux Etats qu’il dit souhaiter ? Quelles mesures prendre ? Car, comme on le remarquait plus haut et comme le soulignent Thomas Cantaloube et Pierre Puchot dans un texte paru sur Mediapart, « Tel-Aviv sur Seine : Anne Hidalgo et les socialistes dans leur bulle » (12 août) :

« L’argument qui considère qu’il existerait aujourd’hui deux Israël, l’un guerrier et obscurantiste, l’autre pacifique et éclairé, est très loin de la réalité sociétale et politique israélienne (…), qui n’a plus rien à voir avec les espoirs de paix esquissés au cœur des années 1990. C’est la droite qui a été portée à nouveau au pouvoir par les électeurs israéliens en mars 2015 pour mener la même politique que celle déployée depuis 2008, et qui revient à asphyxier Gaza par un blocus, à mener une offensive militaire tous les 18 mois et à continuer de construire des colonies. En Israël, la droite est aujourd’hui toute-puissante, à Jérusalem comme à Tel-Aviv. Et elle ne veut pas la paix. »

Que propose Laurent Joffrin pour arrêter ce gouvernement ? Rien, et surtout pas des sanctions. Sinon, comme tous les politiques et les éditocrates français, de poursuivre un « processus de paix » qui n’existe plus, qui permet simplement à Israël de continuer sa colonisation et d’édifier un seul Etat en Palestine — mais un Etat fondé sur l’inégalité juridique et politique de ses habitants, en un mot un Etat d’apartheid.

Interview avec Khaled Barakat – coordonnateur de la Campagne Internationale pour la Libération d’Ahmad Sa’adat: Lutte, Unité et Libération de la Palestine

Meeting pour la libération de Georges Abdallah à Gaza en novembre 2014.

L’entrevue suivante a été traduite depuis l’original en arabe par  la Campagne pour la  Libération d’Ahmad Sa’adat (2 août 2015).

Le Département Central de l’Information du Front Populaire pour la Libération de la Palestine a conduit cette entrevue politique complète avec le Camarade Khaled Barakat, coordonnateur de la Campagne Internationale pour la Libération d’Ahmad Sa’adat. L’interview a abordé nombre de questions, y compris la situation actuelle de la lutte politique palestinienne et les développements en Palestine et dans la diaspora palestinienne. Aujourd’hui, nous éditons la première partie de l’interview avec le Camarade Khaled Barakat :

 

Q1. Il y a un état intensifié de tension dans la Cisjordanie occupée et dans la patrie toute entière après le meurtre et le martyre du bébé palestinien brûlé vif, Ali Dawabsheh (18 mois). Nous voyons que les crimes israéliens continus, mais nous voyons aussi la continuation des réunions politiques et de sécurité entre l’Autorité Palestinienne et l’ennemi, la plus récente étant celle entre Saeb Erekat et Silvan Shalom à Amman. Comment devrions-nous évaluer le comportement de l’ennemi politiquement et sur le terrain, et l’activité de la direction de l’AP ? Qu’est-il exigé des forces nationales palestiniennes ?

R : Ce qui est nécessaire aujourd’hui est ce qui était nécessaire hier : laisser de côté la fragmentation et l’altération de la cause palestinienne et travailler immédiatement à réaliser l’unité opérationnelle et politique sur le terrain pour confronter l’ennemi et pour contrecarrer ses plans et ses politiques. Le meurtre de l’enfant martyr Ali Dawabsheh brûlé vif à l’aube du 31 juillet a été précédé par l’assassinat du martyr Mohamed Abu Latifa dans le camp de réfugiés de Qalandia et le bombardement quasi -quotidien de la bande de Gaza visant les pêcheurs et les fermiers, la punition collective sur des prisonniers, l’assaut sur les lieux saints musulmans et chrétiens, en particulier sur la mosquée d’Al-Aqsa, et d’autres crimes, allant jusqu’au Liban et en Syrie. Ceci reflète la nature de ces crimes, inhérente à la nature de l’ennemi sioniste envahisseur colonial. Cette entité, cet état ne peut qu’être et a toujours été, criminel et meurtrier. Et il exige une réponse politique unie pour vivre jusqu’au niveau des sacrifices de notre peuple.

Et je dis cela en sachant que l’OLP et les dirigeants de l’Autorité Palestinienne ont cherché à exploiter de tels événements non pas pour combattre pour notre peuple mais pour améliorer leur position de négociation et pour maintenir leurs privilèges. En particulier le mouvement Fatah doit assumer sa responsabilité nationale et ne pas chercher à tirer profit de la lutte nationale et de son rôle historique. Seule la résistance armée populaire a le potentiel de défaire l’occupation et les colons, et rien d’autre.

La protection de la terre palestinienne et des lieux saints et l’avancée des droits palestiniens préconisés par les factions palestiniennes dans des déclarations séparées exige d’abord l’unité de toutes les forces patriotiques dans la confirmation de leur responsabilité et de leur devoir. La confrontation de l’occupation et des crimes des colons et leur répondre doivent faire partie d’un plan d’action et d’une stratégie unifiée.

 

Khaled Barakat, coordinateur de la Campagne pour la Libération d'Ahmad Saadat.

Khaled Barakat, coordinateur de la Campagne pour la Libération d’Ahmad Saadat.

Q2 : Le Camarade Secrétaire Général Ahmad Sa’adat a menacé d’une grève de la faim illimitée si l’administration carcérale n’abrogeait pas son ordre interdisant les visites de famille, et la Branche de la Prison du FPLP a exprimé sa volonté de s’associer à une telle grève avec son chef. Plus tard, il a été transféré à la prison de Nafha et il y a maintenant un état de tension en ébullition dans la prison de Nafha et dans toutes les prisons, le Secrétaire Général et ses camarades prisonniers ont été battus et maltraités. Comment allons-nous donner suite à ces développements – qu’elles sont les mesures qui peuvent être prises, en particulier à l’extérieur la Palestine occupée ?

R : Le Camarade Sa’adat a jeté un pavé dans la mare, comme il l’avait fait en de multiples occasions dans le passé, avec une idée qui est connue et intuitive, faisant la lumière sur ce qui se produit – la confiscation des droits les plus fondamentaux des prisonniers, qui font face à des attaques brutales par des autorités carcérales sionistes. La grève de la faim est une arme ultime à laquelle un captif recourt après avoir épuisé tous les moyens d’atteindre son but. Ce qui est important est de réaliser les demandes des prisonniers collectivement, celles du mouvement national des prisonniers, de sa direction et son cœur solide. La question ici est toute simple ; les visites de famille sont un droit fondamental du prisonnier. Il n’y a aucune conscience humaine qui puisse justifier la punition collective des familles palestiniennes, des parents de prisonniers , des conjoints et des enfants palestiniens.

Il nous est demandé de faire notre devoir et d’assumer notre responsabilité de faire pression sur l’occupation, sur ses institutions et organismes aux niveaux palestiniens, arabes et internationaux pour avancer les demandes du mouvement des prisonniers palestiniens. Il est nécessaire que chacun assume ses responsabilités. Le mot final dans la détermination des demandes est celui des camarades et des frères qui sont dans les prisons israéliennes, qui peuvent mieux identifier et déterminer la nature de la bataille, des détails et de la synchronisation, car ils sont les mieux informées et intimement au courant de la situation.

Ahmad Saadat, secrétaire général du FPLP, enfermé depuis 2002.

Ahmad Saadat, secrétaire général du FPLP, enfermé depuis 2002.

Q3 : Gaza est toujours une blessure massive. La poussière retombe toujours après la bataille ; les passages sont sans interruption, il y a un siège constant, et le processus de reconstruction est non-opérationnel. Il y a également des craintes d’arrangements politiques pour couper Gaza de la lutte contre l’occupation de notre peuple tout entier, pour liquider la résistance pour un calme à long terme, ou d’utilisation du chantage et des  menaces à la souffrance de notre peuple. Comment voyez-vous ces positions et que conseillez-vous à nos populations de la Bande pour faire face à de tels complots ?

R : Nos populations de la Bande de Gaza n’ont pas besoin de nos conseils autant qu’elles ont besoin de nous pour agir pour apporter un climat positif au niveau national pour protéger la lutte et les réalisations qui ont été acquises par leur sang et leur souffrance. On ne peut accepter le transfert de l’appel pour la « reconstruction » à un projet politique de chantage qui recherche à faire bénéficier les forces ennemies et hostiles pour imposer leur volonté avec du ciment, des médicaments et de la nourriture, après qu’elles n’aient pas imposé leur volonté avec des bombes et des massacres. A nouveau, les élites, les formations politiques et les forces politiques palestiniennes doivent élever leur rôle au niveau des sacrifices et de l’engagement du peuple, et assumer leur responsabilité nationale en mettant en application l’exigence populaire de l’accomplissement de l’unité nationale sans hésitation ou retard. La route vers l’unité nationale est connue de ceux qui veulent la réaliser, et ne pas reproduire des slogans vides et faux sans la volonté politique derrière eux.

Ce qui est nécessaire est la perpétualisation du statut de confrontation avec l’ennemi selon les exigences de l’étape, de la nature et des conditions de notre peuple dans chaque secteur. On l’exige pour renforcer la résilience des classes populaires et des pauvres, pour protéger et amplifier leur voix et ce qu’ils accomplissent dans les camps de réfugiés, à l’intérieur et en dehors de la patrie. Ce qui est exigé est de demander aux régimes arabes officiels, et d’abord à l’état égyptien : agissez maintenant pour mettre fin au siège imposé à notre peuple. Ce qui est nécessaire est une position politique palestinienne unifiée qui ouvre la voie vers  une nouvelle étape politique. Tout notre peuple sait ce qui est nécessaire.

Dans l’analyse finale, nous devons dire ce qui suit : Les classes populaires palestiniennes qui payent presque le prix entier dans le conflit avec l’ennemi ne souhaitent pas voir leur sang, leurs sacrifices et leur lutte gaspillés ou dissipés, leurs réalisations commercées ou vendues aux enchères sur le marché des politiques, ou perdu entre les forces et les pays qui luttent et contestent dans la région pour leurs propres intérêts économiques et politiques privés. Le siège doit être rompu sans concessions politiques. C’est une cruciale responsabilité palestinienne, arabe et internationale qui n’est pas limitée à la résistance et à nos populations de la Bande de Gaza.

Dans la mesure où plus d’un siècle de militantisme, de lutte et de préparation permanente pour le sacrifice nous a été donné par le rôle principal des classes appauvries et opprimées en tant que dépositaires du progrès, du changement, et de la libération, nous avons également acquis par l’expérience de la préparation permanente pour le compromis et le marchandage de nos droits par les forces réactionnaires traditionnelles qui sont assises sur le trône de la direction politique palestinienne qu’elles ont monopolisé et confisqué pour elles-mêmes.

La réalité est que notre peuple est conscient et comprend, presque instinctivement, la signification et les conditions de l’étape de la libération nationale. L’unité nationale ne signifie pas l’uniformité et la conformité dans toutes les situations ; en fait, l’unité signifie la diversité dans le contexte de notre bataille pour le retour et la libération dans un plus large et plus grand mouvement national que simplement des « factions, » bien que celles-ci soient censées servir d’avant-garde révolutionnaire. Notre peuple comprend bien cette équation et nos populations ont toujours précédé de beaucoup leur « direction, » et nous avons toujours fait face à la malédiction d’une couche de « pachas, » de « chefs, » de « cheiks » et de direction traditionnelle à la tête.

La confiance en la prétendue « trêve à long terme » ou à des « négociations » et des accords semblables avec l’ennemi et dans le traitement unilatéral de toutes ces « initiatives, » sont toutes des options malheureuses qui n’ont seulement bénéficié qu’à l’ennemi. Aucune initiative semblable n’a réussi ou bénéficié à notre peuple depuis 1948, ainsi pourquoi ce serait-il différent aujourd’hui ? C’est particulièrement vrai à la lumière de la fragmentation politique sur la scène palestinienne.

L’engagement dans un tel comportement donne toujours pour raison le but d’alléger la souffrance de notre peuple. En réalité, cependant, de telles « initiatives » ne font que prolonger la douleur et le supplice, que ce soit intentionnellement ou par une compréhension erronée de la nature de l’ennemi, de ses positions et des conditions politiques. Compter sur des illusions mène nécessairement à des résultats également désastreux.

Q4 : Mais que diriez-vous de la réconciliation entre le Fatah et le Hamas ? Comment comprenons-nous ceci à la lumière de cette analyse, en particulier quand nous discutons des plus grands mouvements palestiniens ?

R : Ce qui empêche le Fatah et le Hamas de mettre fin à la prétendue « division », ce sont des options politiques, des positions négatives, et des considérations des commanditaires régionaux et internationaux et des autorités que chaque mouvement prend comme source de légitimité, aussi bien que leur insistance sur un rôle politique en tant que partenaire dans l’Autorité Palestinienne. Quiconque accepte d’être un suiveur ou un outil au service des forces régionales et internationales, ou même un partenaire secondaire, doit en supporter  les conséquences devant l’histoire et devant notre peuple.

Notre peuple est la référence au-dessus de toute référence. Et quand nous disons que « aucune voix n’est plus forte que la voix du peuple palestinien, » ce slogan ne doit pas être vidé de son essence et de son contenu démocratiques en le réduisant au minimum dans un appel à « résoudre la question des élections » et pour diviser les rôles et les fonctions de l’Autorité entre le Fatah et le Hamas, diminuant la cause palestinienne. Il est exigé de toutes les forces nationales, et spécifiquement de la gauche radicale et du Front Populaire, qu’ils s’engagent sur un plus large programme d’organisation populaire de masse à l’intérieur de la Palestine et dans tous les pays de l’exil pour imposer une nouvelle réalité pour réaliser l’unité nationale et pour susciter la prise de conscience et l’espoir. La situation de notre cause est absurde et nous condamne tous ; elle ne doit pas durer longtemps, ceci est un moment de responsabilité historique, de souffrance et de sang.

Q5 : La résistance populaire, particulièrement en Cisjordanie, fait face à de très graves menaces, il y a peu de soutien du « mouvement de la jeunesse » à Jérusalem, le projet national de libération est minée en raison de la politique continue de l’Autorité Palestinienne de confiance en des négociations, de sa coordination continue de sécurité avec l’occupant, de ses arrestations politiques. Le système politique palestinien est confisqué, notre cas est divisé en dossiers des négociations et des accords humiliants. Quelle est l’alternative ?

R : Si nous suivons les mouvements de l’ennemi et lisons les débats de la conférence de stratégie de Herzliya et les visions présentées par des forces sionistes, nous nous rendons compte facilement que l’ennemi sioniste ne veut rien donner à l’Autorité Palestinienne, même pas des illusions. Il considère la Cisjordanie et Jérusalem comme partie intégrale de la « Terre d’Israël ;  » pour eux, c’est « La Judée et la Samarie. » Les leaders d’« Israël » voient la paix aujourd’hui comme étant le développement des zones industrielles communes à Bethlehem, Ramallah, Naplouse et d’autres villes, et comme le renforcement de leurs relations avec les compradors capitalistes palestiniens. Et donc la résistance palestinienne a une charge double : dissuader l’ennemi et ses colons d’une part et dissuader la classe palestinienne de coopérer aux niveaux de la sécurité et aux niveaux économiques avec l’ennemi sioniste. Ces luttes sont importantes et reliées entre elles – et ce n’est pas une question nouvelle pour notre peuple dans la patrie occupée.

Le mouvement populaire à Jérusalem occupé et dans les secteurs qui ne sont pas contrôlés par l’Autorité Palestinienne doit se développer en s’autosuffisant de l’intérieur et n’a pas besoin d’être contenu ou dirigé par les factions. Celui qui veut lutter, ils se trouve devant un champ ouvert et vide. Maintenir notre lutte et un conflit ouvert avec l’ennemi exige d’enlever les chaînes du rôle de sécurité, économique et politique de l’Autorité Palestinienne qui se tient comme barrière entre les masses et l’ennemi – habituellement en faveur de l’ennemi. Sur le terrain, là où il n’y a aucun contrôle de l’Autorité Palestinienne, la résistance palestinienne est mieux en mesure de s’organiser, d’agir, et de se déplacer.

À cet égard il convient noter qu’il y a un renouvellement des formes créatrices de résistance, des études et des articles produits par la nouvelle génération d’aujourd’hui de jeunes Palestiniens, lançant  des formes de résistance populaire et des défis actuels. Il n’y a aucun projet politique de libération sans simultanément un projet intellectuel et culturel de libération.

Q6 : Pour retourner à la question, quelle est l’alternative démocratique révolutionnaire à ce qui existe aujourd’hui ?

R : La réponse est que l’alternative démocratique révolutionnaire est née dans les places et les rues, les universités, les usines, les syndicats et les prisons ; elle doit progresser depuis une question d’illusion et de rêve jusqu’à une question pratique. Ceci signifie que nous devons ressusciter un renouveau révolutionnaire, coupé le chemin d’Oslo et établit une nouvelle phase dans laquelle le mouvement national palestinien de libération peut regagner son rôle et le prestige qu’il a perdu en faveur des O.N.G., avec la direction et l’initiative des camps de réfugiés et les classes populaires, les ouvriers et les pauvres.

Le conflit avec l’ennemi est long et difficile. Il continuera pendant des décennies à venir, et la tâche de la nouvelle génération comporte la communication avec les générations précédentes, lire et tirer des leçons de leur expérience et alternativement établir de nouveaux mécanismes de lutte pour faire avancer le mouvement. La question de l’alternative démocratique révolutionnaire est une question collective qui exige une réponse collective. Cette alternative démocratique révolutionnaire ne peut pas être née d’une décision, d’une déclaration ou d’un appel d’aucune faction, aussi difficile qu’il soit d’essayer de perfectionner le  langage.

Q7 : Quelle est la réalité de l’Organisation de Libération de la Palestine aujourd’hui et de ses défis ? Est-il possible de réparer et reconstituer son rôle et son statut ?

R : Aujourd’hui, la direction de l’OLP ne reflète pas les aspirations et les rêves de notre peuple. Les actions et les attitudes de cette direction sont seulement une source de désespoir pour les masses de notre peuple. L’OLP a été un grand accomplissement historique des premiers Fédayins (les combattants de liberté), et l’organisation doit être reconstituée et son processus décisionnel et ses institutions libérés de l’emprise monopolisante de cette « direction. » Elle doit inclure dans ses rangs toutes les forces nationales de résistance de différentes tendances intellectuelles et politiques, sans exception. L’OLP que nous voulons est un front national uni combattant pour réaliser nos pleins droits nationaux, pour le retour, la libération de la Palestine et l’établissement d’une Palestine démocratique sur la terre entière de la Palestine avec Jérusalem comme capitale. Et dans cette arène, que nous ne soyons pas en concurrence avec quiconque  pour réaliser ces buts.

Q8 : L’occupation a enlevé la dirigeante, l’activiste et membre du Conseil Législatif Palestinien Khalida Jarrar, et avant cela des douzaines de parlementaires, dans la négligence de la communauté internationale et en violation flagrante du droit international. Il y a eu une large solidarité des forces internationales progressistes, mais à un niveau officiel il y a eu action très faible de la communauté internationale, en particulier des Nations Unies, concernant l’emprisonnement des membres du Conseil Législatif Palestinien. Comment pouvons-nous faire monter la pression autour de cette question ?

R : L’ennemi n’a pas réussi à déplacer de force la dirigeante, Khalida Jarrar, de Ramallah à Jéricho, à cause de sa lutte et du vaste appui large qu’elle a trouvé. S’il avait réussi, il aurait créé un précédent politique dangereux. Il y a eu une claire solidarité populaire et internationale avec elle en tant que dirigeante palestinienne faisant face à l’occupation et à  l’injustice. Et elle a obtenu une victoire, les forçant à annuler l’ordre du déplacement forcé. Il y a eu des efforts dans l’ensemble de la Palestine occupée, le Front Populaire a tenu une position politique forte, il y a eu des douzaines de réunions avec les parlementaires autour du monde, de visites de délégations de solidarité, et la tente de protestation de Khalida Jarrar s’est transformée en un espace quotidien d’organisation de la solidarité. Tout ceci a forcé l’occupation a reculer en un mois car elle ne réussissait pas à mettre en application son ordre. En d’autres termes, l’ordre de l’occupation a été défait.

La détention de Khalida Jarrar, son emprisonnement, vient dans ce contexte, pour dissimuler l’échec de l’occupation à réaliser son objectif de déplacement forcé. Si nous regardons la liste des charges contre Jarrar, nous pouvons voir combien la manoeuvre a échoué. La presse internationale et même la presse israélienne ont édité des articles exposant la nature frauduleuse du « cas Jarrar. » Des douzaines de partis, d’activistes, de parlementaires, de délégations et de dirigeants de syndicats et de partis ont dénoncé ces charges et défendent Khalida Jarrar contre l’occupation.

Khalida Jarrar, dirigeante du FPLP, enfermée depuis avril 2015.

Khalida Jarrar, dirigeante du FPLP, enfermée depuis avril 2015.

Q9 : L’occupation sioniste a concédé que la campagne de boycott n’est pas moins dangereuse pour son existence que les attaques de la résistance armée. Quelles sont les raisons de l’intensification de ces campagnes et des résultats croissants qui ont conduit à des pertes sérieuses pour l’occupation dans la mesure où il investit des millions de dollars pour supprimer ces campagnes ?

R : Rien ne blesse, effraye et affecte l’occupation et ses intérêts plus que la résistance armée. Cependant, il y a de vrais coups portés à son image, à ses relations publiques, et à  économie par une autre arme de lutte : le boycott complet économique, politique, universitaire, et culturel de l’entité sioniste. L’état sioniste a peur de l’isolement, et le mouvement de boycott établit internationalement l’isolement et le rejet de la normalisation, selon la logique de la responsabilité : un état criminel doit être puni par l’isolement.

En outre, la croissance du mouvement de boycott mondial soulève beaucoup de questions au sujet de l’état d’occupation , de sa fondation et de son futur, de sa nature et de son rôle. Là se trouve la plus grande crainte de l’entité sioniste et de ses dirigeants, par laquelle elle voie le mouvement international de boycott comme une menace stratégique qu’il lui faut affronter, et pour laquelle il est disposé à dépenser des millions de dollars pour arrêter ce que l’état sioniste lui-même a nommé la bataille de la « délégitimisation d’Israël. »

L’occupation, avec tous ces efforts, n’a pas empêché les campagnes globales de boycott de faire de vraies réalisations dans ce qui pourrait être vu comme le « triangle interdit » pour l’organisation des Palestiniens : les universités, les syndicats et les églises. Ces établissements ont un investissement social, politique et économique énorme dans l’occupation ; les syndicats, par exemple, aux Etats Unis, ont déversé des efforts et des fonds dans l’investissement dans l’entité sioniste, dans les « Israël bonds, » dans des comptes de retraite et des pensions. Ces institutions sociales ont fourni une couverture à l’état sioniste, en utilisant la justification des réparations pour les crimes européens et l’holocauste contre les Juifs en Allemagne nazie, par des alliances avec l’impérialisme et le colonialisme des USA et des états occidentaux, et avec l’imposition et les menaces stratégiques du mouvement sioniste.

Aujourd’hui, ces établissements sont divisés, et certains jouent un rôle important en participant aux campagnes de boycott. Il y a une lutte interne profonde, et dans les couloirs et les réunions, une discussion constante et des batailles politiques entre les « supporters de la Palestine » et les « supporters d’Israël, » en particulier dans des assemblées générales et des conférences. Nous ne pouvons pas gagner toutes les  voix, mais la présence de la Palestine à l’ordre du jour devient une réalité claire et est reconnue par l’ennemi comme une rupture importante qu’elle ne peut pas tolérer. Ainsi, il considère la question comme une question de menace stratégique, et existentielle.

Il est toujours important de se rappeler que cet accomplissement est rendu possible par le sang des martyrs, par la douleur et les sacrifices de notre peuple , et la résistance populaire sous toutes ses formes, en premier lieu, la résistance armée. Il n’y a aucune manière de mobiliser un mouvement de solidarité avec une victime silencieuse ou défaite ; le silence pour notre peuple signifie la mort. Le peuple, les forces de la justice dans le monde, se tiendront aux côtés de ceux qui combattent, qui crient, qui se rebellent et défendent leurs droits.

La conscience de l’humanité ne peut pas observer les images de la mort et de la destruction et des crimes de guerre commis par l’ennemi sioniste en Palestine et rester observateur. Les Nations Unies ont fait ainsi pendant sept décennies, dans l’exercice d’un crime et le silence complice, mais les mouvements de libération, les forces progressistes, et les mouvements démocratiques, populaires, étudiants, féministes, les organisations de travailleurs et mouvements populaires ne restent pas silencieux devant ces crimes, et demandent de tenir les gouvernements responsables. Ces forces ont des calculs différents que ceux des états.

Finalement, l’ennemi sioniste est allé trop loin dans l’utilisation de son arsenal militaire contre notre peuple. Il a utilisé toutes les armes à l’exception des armes nucléaires, visant notre peuple spécifiquement.

Q10 : La France continue à emprisonner le résistant arabe, Georges Ibrahim Abdallah. Que pensez-vous qu’il faille faire pour renforcer la campagne de solidarité avec lui et pour renforcer la pression pour sa libération ?

R: La solidarité avec le Camarade Georges Ibrahim Abdallah est une campagne continue, basée à Beyrouth, avec la famille et les amis de Georges Abdallah et différents activistes libanais et palestiniens, mais sans aucun appui significatif de l’Etat libanais et des principaux partis, y compris, malheureusement, les forces de la résistance libanaise et palestinienne. Mais, en particulier dans les villes de Toulouse, Marseille, Paris et ailleurs en France, les événements et la lutte continuent, avec une série d’événements et de rassemblements devant la prison où il est détenu.

Il y a également une connexion avec la campagne de solidarité avec le Secrétaire Général Ahmad Sa’adat, qui depuis le début en 2002 a cherché à bâtir la solidarité avec les prisonniers politiques arabes et d’autres prisonniers politiques dans les prisons de la France, du Canada, des Etats-Unis, des Philippines, de Colombie et d’ailleurs, liant les luttes de nos peuples contre l’impérialisme, notre ennemi commun, comme nous travaillons pour élever la voix des peuples autochtones, les vrais propriétaires de la terre, pour faire face aux forces du colonialisme et de la colonisation, depuis le Canada, l’Australie, la Nouvelle Zélande et les Etats-Unis jusqu’au Mexique, l’Afrique du Sud et la Palestine.

 

Source : FPLP – Traduction : A.C.

Meeting pour la libération de Georges Abdallah à Gaza en novembre 2014.

Meeting pour la libération de Georges Abdallah à Gaza en novembre 2014.

Source:  http://www.couppourcoup31.com/2015/08/interview-avec-khaled-barakat-lutte-unite-et-liberation-de-la-palestine.html