50 ANS D’OCCUPATION MILITAIRE DE LA PALESTINE PAR ISRAËL

 

Il y a 50 ans, le 5 juin 1967, Israël lançait une guerre éclair contre l’Égypte, la Syrie et la Jordanie. En prenant le contrôle de la Cisjordanie, de Gaza, du Sinaï, du plateau de Golan et de Jérusalem, cette « guerre des 6 jours » marquera le début de l’occupation militaire de la Palestine. Aussi, dès le 22 novembre 1967, le Conseil de sécurité de l’ONU adopta, à l’unanimité, la résolution 242, qui exigeait le « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés lors du récent conflit ».

La guerre des 6 jours aboutit à l’occupation de toute la Palestine par Israël qui n’a cessé de s’emparer de terres palestiniennes tout au long de ce demi-siècle, parfois à l’initiative même du gouvernement de Tel Aviv, ou sinon par des invasions de colons ultra-orthodoxes et nationalistes et ce, toujours à l’encontre du droit international. Aujourd’hui, 500 000 Israéliens occupent des terres palestiniennes volées à leurs propriétaires, avec la complicité de l’État d’Israël qui pratique la politique du fait accompli.  Il est à noter que 15 % de ces colons juifs viennent des États-Unis, premier allié d’Israël.

À partir de 2002, Israël a entrepris la construction d’un énorme mur de séparation de 700 kilomètres pour isoler d’avantage la population palestinienne, grugeant ainsi 8,5% du territoire. Ce mur, muni de points de passage ultrasophistiqués, prétend assurer la sécurité d’Israël. Elle constitue en réalité une véritable situation d’apartheid avec des conséquences humanitaires dramatiques pour la population. Celle-ci est confinée dans son territoire, soumise à des traitements humiliants et cruels, considérée comme indésirable. On empêche les gens de circuler, d’aller à l’hôpital, à l’école, au travail ; l’eau est confisquée par l’occupant et déviée au profit des colons illégaux ; l’approvisionnement en produits de première nécessité manque cruellement. Gaza est bombardée régulièrement.

Il est temps de secouer nos consciences devant cette situation d’apartheid et de nettoyage ethnique et de dénoncer ce crime contre l’humanité. La résistance du peuple palestinien est courageuse et ne flanche pas, mais la situation politique internationale est bloquée. C’est pourquoi il est urgent d’intensifier la solidarité internationale des peuples en appuyant la campagne de boycott, de désinvestissement et de sanctions (BDS) lancée par la société civile de Palestine, mobilisation en constante croissance dans les pays d’Europe et d’Amérique. Lors de son assemblée générale annuelle le 9 juin dernier, l’Association québécoise des organisations de coopération internationale (AQOCI), regroupant 65 organismes, a voté à l’unanimité son appui à la campagne BDS. Ainsi, par un moyen pacifique tout à fait légitime et très efficace, nous pourrons faire entendre raison à Israël pour qu’il se conforme au droit international, mette fin à l’apartheid de la population palestinienne et se retire des territoires occupés depuis 50 ans.

Claude Lacaille

Trois-Rivières

 

 

Source: http://www.lapresse.ca/le-nouvelliste/opinions/201706/19/01-5109043-50-ans-doccupation-militaire-de-la-palestine-par-israel.php

Le Canada doit revoir ses relations avec Israël

Apartheid israélien

Communiqué : Comité de Solidarité/Trois-Rivières/ Palestiniens et Juifs Unis (PAJU)

Pour publication immédiate

Le Canada doit revoir ses relations avec Israël.

Le 22 février 2016, à Ottawa, la Chambre des Communes adoptait dans la controverse une motion sans précédent condamnant une action pacifique citoyenne, la campagne Boycott, Désinvestissement et Sanctions ( BDS ) qui vise à contraindre l’État d’Israël à respecter le droit international et à mettre fin à l’occupation et à la colonisation de la Palestine. Le gouvernement libéral a appuyé cette motion qui désavouait le mouvement BDS comme étant raciste et antisémite.

Cette accusation est complètement déplacée et elle est utilisée à des fins d’intimidation. Les appels palestiniens au boycott ne visent ni les Juifs ni même les Israéliens en tant que tels. Ils visent seulement Israël en tant que régime colonial qui viole constamment les droits des Palestiniens et les lois internationales. Les Canadiennes et les Canadiens qui appuient BDS ne font qu’exercer un droit citoyen de façon démocratique et légitime; la campagne est d’ailleurs soutenue par nombre de personnalités et organisations juives.

Comment s’expliquer un tel blâme puisque que le gouvernement canadien, comme la majorité des pays dans le monde, ne reconnaît pas l’annexion unilatérale de Jérusalem-Est ainsi que le contrôle permanent exercé par Israël sur les territoires occupés en 1967. Le Canada affirme en outre que les colonies de peuplement israéliennes dans les territoires occupés constituent un obstacle sérieux à l’instauration d’une paix globale, juste et durable. Mais l’État d’Israël fait fi du point du vue du Canada et des Nations unies et exerce l’apartheid du peuple palestinien.

Menée à l’échelle internationale à l’initiative de la société civile palestinienne, la campagne BDS s’engage par des moyens non-violents à boycotter les produits israéliens, à mettre fin à des investissements dans des entreprises israéliennes et à faire pression pour que nos gouvernements gèlent tout accord militaire, commercial, culturel ou scientifique avec Israël.

En janvier 2014, un Partenariat stratégique Canada-Israël a été signé. La Coalition opposée au commerce des armes a documenté plus d’une cinquantaine de compagnies militaires canadiennes et québécoises qui font affaire avec Israël. Un sondage EKOS réalisé ce mois-ci révélait que les opinions des Canadiens sont en contradiction avec la politique gouvernementale à l’égard d’Israël et qui plus est, 55% des militants libéraux avaient une opinion négative du gouvernement israélien contre 22% qui avaient une opinion favorable. Pourtant le gouvernement Trudeau suit rigoureusement les politiques de Stephen Harper en ce qui concerne l’appui à Israël. Cela est inacceptable!

Depuis l’adoption de cette motion, loin de s’améliorer, la situation de la population palestinienne se détériore puisqu’on assiste à une accélération de la colonisation en territoire palestinien. Le 31 janvier dernier, le gouvernement israélien autorisait la construction de 3000 nouveaux logements dans 13 colonies juives implantées en Cisjordanie et considérées illégales par la communauté internationale. Inutile de rappeler que la bande de Gaza subit un blocus depuis neuf ans – ce qui constitue le châtiment collectif – et que la population y vit dans des conditions abominables.

Et on voudrait que les citoyens demeurent les bras croisés face à de tels gestes? Rappelons-nous que le gouvernement canadien contribua très positivement au boycott de l’Afrique du Sud, ce qui contribua à mettre fin à l’apartheid des populations noires dans ce pays. Nous invitons le Premier ministre Trudeau à s’engager sur la voie de la justice à l’égard du peuple palestinien soumis à un apartheid intolérable et à prendre ses distances avec un régime colonial répressif et raciste.

Bruce Katz, pour Palestiniens et Juifs Unis (PAJU)
Claude Lacaille, pour le Comité de Solidarité/Trois-Rivières

Trois-Rivières, le 20 février 2017

-30 –

Information : 819- 694- 0135

WHAT THE MUSLIMS DID FOR JEWS

THE JEWISH CHRONICLE ONLINE,

May 24, 2012.

Audio of lecture: (You may have to cut and paste the link)
https://www.soas.ac.uk/religions-and-philosophies/events/jordan-lectures-in-comparative-religion/14may2012-opening-lecture-how-islam-saved-the-jews.html

So, what did the Muslims do for the Jews? – How Islam Saved the Jews.
Professor David J Wasserstein.
David J Wasserstein is the Eugene Greener Jr. Professor of Jewish Studies at Vanderbilt University. This article is adapted from last week’s [May, 2012] Jordan Lectures in Comparative Religion at the School of Oriental and African Studies.
Excerpt: Islam saved Jewry. This is an unpopular, discomforting claim in the modern world. But it is a historical truth. The argument for it is double. First, in 570 CE, when the Prophet Mohammad was born, the Jews and Judaism were on the way to oblivion. And second, the coming of Islam saved them, providing a new context in which they not only survived, but flourished, laying foundations for subsequent Jewish cultural prosperity – also in Christendom – through the medieval period into the modern world.

By the fourth century, Christianity had become the dominant religion in the Roman Empire. One aspect of this success was opposition to rival faiths, including Judaism, along with massive conversion of members of such faiths, sometimes by force, to Christianity. Much of our testimony about Jewish existence in the Roman Empire from this time on consists of accounts of conversions.
Great and permanent reductions in numbers through conversion, between the fourth and the seventh centuries, brought with them a gradual but relentless whittling away of the status, rights, social and economic existence, and religious and cultural life of Jews all over the Roman Empire.
A long series of enactments deprived Jewish people of their rights as citizens, prevented them from fulfilling their religious obligations, and excluded them from the society of  their fellows.
Had Islam not come along, Jewry in the west would have declined to disappearance and Jewry in the east would have become just another oriental cult. This went along with the centuries-long military and political struggle with Persia. As a tiny element in the Christian world, the Jews should not have been affected much by this broad, political issue. Yet it affected them critically, because the Persian Empire at this time included Babylon – now Iraq – at the time home to the world’s greatest concentration of Jews.

 

Here also were the greatest centres of Jewish intellectual life. The most important single work of Jewish cultural creativity in over 3,000 years, apart from the Bible itself – the Talmud – came into being in Babylon. The struggle between Persia and Byzantium, in our period, led increasingly to a separation between Jews under Byzantine, Christian rule and Jews under Persian rule. Beyond all this, the Jews who lived under Christian rule seemed to have lost the knowledge of their own culturally specific languages – Hebrew and Aramaic – and to have taken on the use of Latin or Greek or other non-Jewish, local, languages. This in turn must have meant that they also lost access to the central literary works of Jewish culture – the Torah, Mishnah, poetry, midrash, even liturgy.

The loss of the unifying force represented by language – and of the associated literature – was a major step towards assimilation and disappearance. In these circumstances, with contact with the one place where Jewish cultural life continued to prosper – Babylon – cut off by conflict with Persia, Jewish life in the! Christian world of late antiquity was not simply a pale shadow of what it had been three or four centuries earlier. It was doomed.
Had Islam not come along, the conflict with Persia would have continued. The separation between western Judaism, that of Christendom, and Babylonian Judaism, that of Mesopotamia, would have intensified. Jewry in the west would have declined to disappearance in many areas. And Jewry in the east would have become just another oriental cult.
But this was all prevented by the rise of Islam. The Islamic conquests of the seventh century changed the world, and did so with dramatic, wide-ranging and permanent effect for the Jews.

Within a century of the death of Mohammad, in 632, Muslim armies had conquered almost the whole of the world where Jews lived, from Spain eastward across North Africa and the Middle East as far as the eastern frontier of Iran and beyond. Almost all the Jews in the world were now ruled by Islam. This new situation transformed Jewish existence. Their fortunes changed in legal, demographic, social, religious, political, geographical, economic, linguistic and cultural terms – all for the better.

First, things improved politically. Almost everywhere in Christendom where Jews had lived now formed part of the same political space as Babylon – Cordoba and Basra lay in the same political world. The old frontier between the vital centre in Babylonia and the Jews of the Mediterranean basin was swept away, forever. Political change was partnered by change in the legal status of the Jewish population: although it is not always clear what happened during the Muslim conquests, one thing is certain. The result of the conquests was, by and large, to make the Jews second-class citizens.
This should not be misunderstood: to be a second-class citizen was a far better thing to be than not to be a citizen at all. For most of these Jews, second-class citizenship represented a major advance. In Visigothic Spain, for example, shortly before the Muslim conquest in 711, the Jews had seen their children removed from them and forcibly converted to Christianity and had themselves been enslaved.

In the developing Islamic societies of the classical and medieval periods, being a Jew meant belonging to a category defined under law, enjoying certain rights and protections, alongside various obligations. These rights and protections were not as extensive or as generous as those enjoyed by Muslims, and the obligations were greater but, for the first few centuries, the Muslims themselves were a minority, and the practical differences were not all that great.
Along with legal near-equality came social and economic equality. Jews were not confined to ghettos, either literally or in terms of economic activity. The societies of Islam were, in effect, open societies. In religious terms, too, Jews enjoyed virtually full freedom. They might not build many new synagogues – in theory – and they might not make too public their profession of their faith, but there was no really significant restriction on the practice of their religion. Along with internal legal autonomy, they also enjoyed formal representation, through leaders of their own, before the authorities of the state. Imperfect and often not quite as rosy as this might sound, it was at least the broad norm.

The political unity brought by the new Islamic world-empire did not last, but it created a vast Islamic world civilisation, similar to the older Christian civilisation that it replaced. Within this huge area, Jews lived and enjoyed broadly similar status and rights everywhere. They could move around, maintain contacts, and develop their identity as Jews. A great new expansion of trade from the ninth century onwards brought the Spanish Jews – like the Muslims – into touch with the Jews and the Muslims even of India.

 

All this was encouraged by a further, critical development. Huge numbers of people in the new world of Islam adopted the language of the Muslim Arabs. Arabic gradually became the principal language of this vast area, excluding almost all the rest: Greek and Syriac, Aramaic and Coptic and Latin all died out, replaced by Arabic. Persian, too, went into a long retreat, to reappear later heavily influenced by Arabic.

The Jews moved over to Arabic very rapidly. By the early 10th century, only 300 years after the conquests, Sa’adya Gaon was translating the Bible into Arabic. Bible translation is a massive task – it is not undertaken unless there is a need for it. By about the year 900, the Jews had largely abandoned other languages and taken on Arabic.

The change of language in its turn brought the Jews into direct contact with broader cultural developments. The result from the 10th century on was a striking pairing of two cultures. The Jews of the Islamic world developed an entirely new culture, which differed from their culture before Islam in terms of language, cultural forms, influences, and uses. Instead of being concerned primarily with religion, the new Jewish culture of the Islamic world, like that of its neighbours, mixed the religious and the secular to a high degree. The contrast, both with the past and with medieval Christian Europe, was enormous.

Like their neighbours, these Jews wrote in Arabic in part, and in a Jewish form of that language. The use of Arabic brought them close to the Arabs. But the use of a specific Jewish form of that language maintained the barriers between Jew and Muslim. The subjects that Jews wrote about, and the literary forms in which they wrote about them, were largely new ones, borrowed from the Muslims and developed in tandem with developments in Arabic Islam.
Also at this time, Hebrew was revived as a language of high literature, parallel to the use among the Muslims of a high form of Arabic for similar purposes. Along with its use for poetry and artistic prose, secular writing of all forms in Hebrew and in (Judeo-) Arabic came into being, some of it of high quality.

Much of the greatest poetry in Hebrew written since the Bible comes from this period. Sa’adya Gaon, Solomon Ibn Gabirol, Ibn Ezra (Moses and Abraham), Maimonides, Yehuda Halevi, Yehudah al-Harizi, Samuel ha-Nagid, and many more – all of these names, well known today, belong in the first rank of Jewish literary and cultural endeavor.
Where did these Jews produce all this? When did they and their neighbours achieve this symbiosis, this mode of living together? The Jews did it in a number of centres of excellence. The most outstanding of these was Islamic Spain, where there was a true Jewish Golden Age, alongside a wave of cultural achievement among the Muslim population. The Spanish case illustrates a more general pattern, too.

What happened in Islamic Spain – waves of Jewish cultural prosperity paralleling waves of cultural prosperity among the Muslims – exemplifies a larger pattern in Arab Islam. In Baghdad, between the ninth and the twelfth centuries; in Qayrawan (in north Africa), between the ninth and the 11th centuries; in Cairo, between the 10th and the 12th centuries, and elsewhere, the rise and fall of cultural centres of Islam tended to be reflected in the rise and fall of Jewish cultural activity in the same places.

This was not coincidence, and nor was it the product of particularly enlightened liberal patronage by Muslim rulers. It was the product of a number of deeper features of these societies, social and cultural, legal and economic, linguistic and political, which together enabled and indeed encouraged the Jews of the Islamic world to create a novel sub-culture within the high civilisation of the time.
This did not last forever; the period of culturally successful symbiosis between Jew and Arab Muslim in the middle ages came to a close by about 1300. In reality, it had reached this point even earlier, with the overall relative decline in the importance and vitality of Arabic culture, both in relation to western European cultures and in relation to other cultural forms within Islam itself; Persian and Turkish.

Jewish cultural prosperity in the middle ages operated in large part as a function of Muslim, Arabic cultural (and to some degree political) prosperity: when Muslim Arabic culture thrived, so did that of the Jews; when Muslim Arabic culture declined, so did that of the Jews.

In the case of the Jews, however, the cultural capital thus created also served as the seed-bed of further growth elsewhere – in Christian Spain and in the Christian world more generally.
The Islamic world was not the only source of inspiration for the Jewish cultural revival that came later in Christian Europe, but it certainly was a major contributor to that development. Its significance cannot be overestimated.

THE JEWISH CHRONICLE ONLINE, May 24, 2012
David J Wasserstein is the Eugene Greener Jr. Professor of Jewish Studies at Vanderbilt University. This article is adapted from last week’s Jordan Lectures in Comparative Religion at the School of Oriental and African Studies.

Israël ou la religion de la sécurité

par Gideon Levy

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On considère souvent Israël comme l’un des États les plus religieux du monde ; il l’est encore plus qu’on ne l’imagine. Ici, religion et État ne font qu’un. L’orthodoxie juive accompagne les citoyens de la naissance à la mort, qu’ils soient croyants, agnostiques ou athées. Mais, comme si cela ne suffisait pas, un second dogme encadre la vie des Israéliens : celui de la sécurité. À chaque étape de leur vie, il leur impose ses règles implacables.

Cette religion-là repose sur la croyance qu’Israël vivrait sous une menace perpétuelle — conviction qui repose sur une certaine lecture de la réalité, mais qui se nourrit également de mythes méticuleusement entretenus. Nos gouvernants orchestrent ainsi des campagnes de peur. Ils exagèrent les dangers réels, en inventent d’autres et alimentent l’idée que nous serions victimes de persécutions constantes. Et cela dure depuis la création de l’État.

Pendant la guerre de 1948, au lendemain de la Shoah, une telle attitude se justifiait sans doute : les Israéliens ne se percevaient-ils pas tel David face à Goliath ? Mais, depuis, le pays s’est hissé au rang de puissance régionale solide. Notre armée compte parmi les plus puissantes de la planète et dispose d’un arsenal technologique sophistiqué. La croyance demeure néanmoins : Israël lutterait pour sa « survie », même s’il se mesure à des organisations dont les membres marchent quasiment pieds nus, comme le Hamas ; même si, à part l’Iran, aucun État puissant ne l’a placé dans sa ligne de mire ; et même si ce sont nos troupes qui mènent des opérations d’occupation. La recette n’est pas neuve, ni propre à notre pays : réelle ou fictive, la menace extérieure justifie l’« union nationale » et l’emprise de l’État sur la population.

Selon le centre de recherche IHS Jane’s, Israël affichait en 2015 le seizième budget de défense du monde : 15,6 milliards de dollars. Cela représente 6,2 % du produit intérieur brut (PIB), ce qui place le pays au deuxième rang mondial, derrière l’Arabie saoudite. La part du budget de la défense dans le PIB israélien est deux à six fois plus élevée que dans les autres nations industrialisées. Et, en dépit de l’érosion de sa part dans les dépenses de l’État, le montant n’a cessé de croître en valeur absolue. Alors que le pays ne se situe qu’au 98e rang pour la population, avec seulement huit millions d’habitants, le Global Firepower Index (1) place l’armée israélienne au seizième rang en termes de puissance de feu, avec un char d’assaut pour 1 930 citoyens (contre 5 948 en Corée du Nord et 157 337 en France) et un avion de chasse pour 11 800 citoyens (contre 23 904 aux États-Unis et 51 914 en France).

La bagatelle de quatorze sous-marins

De telles dépenses, plus importantes proportionnellement que celles des États-Unis, de la Russie ou de la France, s’effectuent au détriment d’autres secteurs : l’éducation, la santé, le logement, les transports ou l’accueil des migrants. Mais cette préférence budgétaire ne fait l’objet d’aucun débat public, même lorsque des milliers de citoyens descendent dans la rue pour s’insurger contre le montant des loyers — comme pendant l’été 2011, lors de la plus grande protestation sociale de notre histoire (2). Le pays dispose de la bagatelle de quatorze sous-marins ; cinq ne suffiraient-ils pas — mettons dix, pour les inquiets ? L’argent englouti pour construire un seul de ces engins — 1,4 milliard d’euros — permettrait de réhabiliter des quartiers entiers. Mais, si les Israéliens se plaignent du coût de la vie et de la dégradation des services sociaux, ils acceptent le budget de la défense et la rhétorique sécuritaire du pouvoir sans broncher. La foi se discute-t-elle ?

Il est inquiétant de voir certains pays européens, dont la France, prendre le même chemin. S’engager sur une pente aussi glissante peut conduire à justifier toutes les atteintes à la démocratie. Les Israéliens en ont fait l’expérience : la « sécurité » fait oublier l’injustice. Elle blanchit le crime et teinte d’un vernis de légitimité les pratiques les plus discriminatoires. Dirigeants politiques, généraux, juges, intellectuels, journalistes : tous le savent, mais chacun ajoute son silence à celui de la majorité.

Quand on pénètre en voiture dans l’aéroport Ben-Gourion, il faut ouvrir la fenêtre pour saluer l’agent de sécurité armé. Tout dépend alors de la façon dont vous parlez l’hébreu : si le garde croit déceler un accent arabe, il arrête la voiture. Ainsi les Juifs s’imprègnent-ils d’un sentiment de supériorité ; les Palestiniens, de leur infériorité ou de leur dangerosité. Car, c’est bien connu, tout citoyen arabe d’Israël est un colis suspect, une bombe à retardement.

Nul ne niera que le terrorisme existe. Mais on évoque trop peu les effets pervers qu’induisent les mesures prises pour y répondre. Les contrôles interminables tracassent jour après jour des citoyens rendus dociles par la peur d’un attentat. Insidieusement se façonnent des stéréotypes, s’exacerbent des préjugés qui cristallisent en racisme. Cela contribue à détruire notre pays de l’intérieur. En ira-t-il ainsi, désormais, aux États-Unis et en Europe ? Est-ce vraiment nécessaire ? N’y a-t-il pas d’autres moyens, plus justes et plus mesurés, de lutter contre le danger ?

Au nom de la sécurité, Israël occupe depuis plus de cinquante ans des territoires palestiniens, à l’encontre du droit international. Nous sommes ainsi devenus une des rares puissances coloniales du XXIe siècle. Quand M. Shimon Pérès, futur Prix Nobel de la paix, autorisa en 1975 l’implantation d’une des plus grandes colonies, celle d’Ofra, il souligna combien il était important de conserver l’antenne de télécommunications dressée dans les territoires occupés. Mais la colonie a été construite sur des terres privées volées à des Palestiniens sous l’égide de l’État. Les gardiens temporaires sont rapidement devenus des colons ; leur camp, une banlieue des territoires. La suite, jalonnée de crimes sanglants, appartient à l’histoire. Aujourd’hui, dans Gaza, plus de deux millions de personnes sont enfermées dans ce qui constitue la plus grande prison du monde.

Comme l’ensemble des institutions, l’appareil judiciaire se prosterne devant le Moloch moderne. La Cour suprême, généralement capable de punir les injustices qui sont portées devant elle, valide l’inacceptable lorsqu’il prend prétexte d’exigences sécuritaires : destructions de maisons, expulsions, etc. Pendant la longue histoire de l’occupation, la Cour a trop rarement manifesté son opposition. Il aura fallu de longues années avant qu’elle ait le courage de critiquer les assassinats ciblés et la torture. Et elle s’obstine encore à légitimer les arrestations sans comparution devant un juge, appelées « détentions administratives ». Depuis des années, des milliers de personnes ont été embastillées sans jugement. Comme elles ne sont pas plus autorisées que leurs avocats à connaître les chefs d’accusation, elles n’ont aucun moyen de se défendre. L’état d’urgence, en vigueur depuis l’époque du mandat britannique — même si le mandat s’est achevé depuis longtemps —, autorise un tel scandale. L’état d’urgence n’a plus lieu d’être, mais ses dispositions demeurent.

Au mépris du droit international

Quant aux tribunaux militaires, ils condamnent des Palestiniens dans des mascarades de procès politiques. Au nom de la sécurité, on détruit les maisons des « terroristes » (3) et l’on procède à des châtiments collectifs interdits par le droit international. On impose quotidiennement à des milliers de personnes des contrôles arbitraires, des arrestations et des descentes nocturnes de l’armée. On empêche les uns de travailler ou de se déplacer ; on en met d’autres à mort, dès lors qu’une recrue redoute une menace. Ce fut le cas pour une enfant de 10 ans qui tenait une paire de ciseaux à la main. Abattue pour « protéger » des soldats qu’elle s’apprêtait sans doute à découper…

Rappelons que les citoyens arabes de « la seule démocratie du Proche-Orient » ont vécu sous administration militaire depuis les premières années de l’État jusqu’au milieu des années 1960. Puis vinrent cinquante années d’occupation, cinquante années d’arrestations au nom d’impératifs de « sécurité » — ce maître mot alibi évitant à Israël la qualification d’État non démocratique…

Pour l’instant, les Arabes sont les principales victimes de cette situation. Après des années de lutte contre le terrorisme, le nombre de morts palestiniens est cent fois plus élevé que celui des morts israéliens. Mais, alors que la démocratie se fragilise, les attaques contre la liberté d’expression et les droits civils (4) touchent désormais tout le monde. La religion sécuritaire étend son emprise : aujourd’hui dans les territoires occupés, demain à Tel-Aviv ; aujourd’hui au détriment des Arabes, demain des Juifs.

Dans le monde entier, les Israéliens sont perçus comme le fer de lance de la lutte contre le terrorisme. Nos entreprises conseillent des gouvernements, exportant non seulement des armes, mais aussi des savoir-faire. Mais, si les États veulent apprendre d’Israël, ils doivent aussi tirer la leçon de ce qu’il ne faut pas faire. Notamment, qu’on ne peut pas tout se permettre au nom de la sécurité. Risquer de perdre la démocratie constitue peut-être un danger plus grand que le terrorisme.

Gideon Levy

Écrivain et journaliste au quotidien Haaretz (Tel-Aviv).
Source: http://www.monde-diplomatique.fr/2016/10/LEVY/56434

Jesus, the Radical Palestinian Activist

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by 

Amer Zahr

We Palestinians see ourselves in the shadow of Jesus.  Two thousand years ago, Palestinians were the first followers of his message, and whether particularly religious or not, we take that lineage quite seriously.  We are the protectors of his traditions, the original stewards of his good news.
And we are pretty proud that we’re the descendants of the most famous person in the history of the world.  Let me say that again.  Most. Famous. Person. Ever.  Let that sink in.  Yeah, he was one of us.
In our ongoing struggles, we Palestinians see Jesus every day. He was told that he was not welcome in his native land.  He fought against an absolute, ruthless, occupying power. He stood by his message, no matter the cost.  He went through rebellion, rejection, abandonment, suffering, and, eventually, vindication.  I have no doubt we are following his exact path.  Jesus was a Palestinian back then, and he would have been one today, too.
I just wish he had social media like we do today.  I would have loved to read his statuses.

Facebook: Jesus just checked into « Holy Falafel » in Bethlehem.
Instagram: This photo is for everyone who said I couldn’t walk on water.
Twitter: I’ll be gone for the weekend. Everyone be good to each other. See you in three days.
He walked the streets of his own land in constant persecution.  However, despite the unjust condemnation, he was never crestfallen. Like him, we Palestinians say to the world today what he said two thousand years ago: Beware of our Truth.
Of course, I should quickly mention here that Jesus, despite the greatest attempts of some to portray him as such, did not have blond hair and blue eyes.  He wasn’t from South Carolina.  He was a brown-eyed, dark-skinned radical activist from Palestine. My Palestine.
But what if Jesus did live in South Carolina? (He didn’t, just to be clear.) What if he were an American, transported to the America of today? What would he do? I can only imagine.
I think Jesus would be holding a megaphone at every #BlackLivesMatter protest. In his Palestinian accent, he’d be chanting, « I can’t breathe! 16 shots! No Justice! No Peace! » He would stand with Sandra Bland. He would tell the powerful in Chicago that killing Laquan was terrible enough, but covering up the murder of a boy gets you a one-way ticket to fire and brimstone. In fact, now that I think of it, he would have climbed up that pole in Columbia, South Carolina and tore down that Confederate flag himself.
He would emphasize to us that taking in refugees is not a choice, but rather a moral obligation. He would likely remind us that ostracizing and admonishing someone for how he chooses to construct his belief in God is not the right way to live. (He knows a little bit about that.) He’d oppose the death penalty. (He knows about that too.) If he didn’t simply advocate to take away everyone’s guns, he would at least loudly proclaim that if you need a semi-automatic rifle to kill a deer, you also probably need to find a new hobby.  After congratulating the wealthy on their hard work, he would be in favor of overtaxing them.  He would find it bizarre that we incarcerate more people than we educate.  And after studying our political parties, Jesus would likely be quite confused as to why the Republicans invoke him so much and the Democrats so little.
Actually, he’d probably vote for Bernie Sanders, because, lest we forget, two thousand years before Bernie Sanders was a radical Jewish socialist from Vermont, Jesus was a radical Jewish socialist from Palestine.
Finally, if Americans love boisterous rabble-rousers who just « tell it like it is, » Jesus will fit right in.  For while Jesus never exhibited violence, his rhetoric and actions were piercing, emphatic, and categorical.  If we are to correctly understand the Jesus who stormed into the Temple on Passover and cursed that state of affairs, we would see a man opposing the domination of society by a small class of elites, a man who understood that genuine transformation starts with the demand for truth.
Jesus was a brown-skinned social revolutionary.  A radical trying to change the status quo.  And that got him into trouble.  Ultimately, he showed us that persecution can be divine, a sign that you’re doing the right thing.  But why should you listen to me?  Just because I’m a Palestinian from the city of Nazareth who could very well be related to Jesus? Well… yes.

 

Source: http://www.civilarab.com/jesus-the-radical-palestinian-activist/

Des Juifs qui boycottent Israël

Cela fait des décennies que des Juifs manifestent devant la Maison Blanche contre le sionisme.

La campagne internationale pour le boycott d’Israël a vu le jour en Angleterre en 2006, en réaction à la politique raciste de l’État hébreu à l’égard des Palestiniens. À l’origine de cette campagne, un syndicat de professeurs d’université a demandé aux autres syndicats universitaires en Angleterre et dans le monde, lors d’une conférence tenue à la fin du mois de mai 2006, de boycotter les universités israéliennes qui ne prenaient pas position contre la politique de discrimination pratiquée à l’égard des Palestiniens par les gouvernements israéliens successifs. Il est apparu par la suite que cette campagne avait été orchestrée par le savant juif et doyen de la Faculté de biologie d’une université britannique, Steven Rose, qui était partisan d’un boycott total d’Israël, similaire à celui infligé au régime d’apartheid en Afrique du Sud, boycott qui avait entraîné la chute du régime.

Le professeur Steven Rose n’a eu de cesse de répéter que le conflit israélo-palestinien n’était pas une affaire purement israélienne mais qu’elle interpellait l’humanité entière. En effet, l’oppression et la torture pratiquées par Israël contre le peuple palestinien représentent un signe d’infamie pour l’espèce humaine. Ironie du sort : ce sont les Juifs, victimes des pires formes de torture en Europe, qui exercent cette politique contre les Palestiniens.

(15-11-2016 – Assafir, novembre 2016)

« Non au terrorisme d’État d’Israël »
Source: https://assawra.blogspot.ca/2016/11/des-juifs-qui-boycottent-israel.html

Intifada al-Quds en Palestine : poursuivre le chemin de la libération

Intifada - Al-Quds

 

« La légitimité la plus large que peut obtenir un responsable ou officiel (de l’Autorité) consiste à rendre visite aux familles des martyrs et des prisonniers, et à ceux dont les maisons ont été démolies » (Khodr Adnane, cadre du mouvement du Jihad islamique, initiateur en 2011 des grèves de la faim dans les prisons pour réclamer la fin de la détention administrative)
Parce que les opérations de la résistance palestinienne se sont espacées, nombre de médias et commentateurs ont considéré que l’Intifada al-Quds a dit son dernier mot. Il est vrai que la férocité de la répression sioniste et les rafles nocturnes quotidiennes ont entamé, non le désir de résister, mais la capacité physique de le faire.

Les démolitions de maisons, des martyrs ou des prisonniers, n’ont eu aucun effet sur la baisse des opérations, au contraire. La bestialité des soldats de l’armée d’occupation n’a fait qu’entériner la volonté d’en finir une fois pour toute avec ces colons d’outre-mer. Les promesses vengeresses des officiels de l’entité coloniale, contre le peuple palestinien dans son ensemble, et même contre l’Autorité palestinienne, pourtant bien disposée à jouer son rôle en arrêtant les militants, notamment les prisonniers libérés, n’ont aucun effet sur le moral de la population, qui n’espère que le départ de ces colons qui leur pourrissent la vie depuis près de 70 ans. La bestialité des sionistes a semble-t-il, pu limiter le nombre des attaques au couteau, mais elle n’a pu mettre fin, au contraire, aux opérations armées menées par des Palestiniens endurcis. Trois opérations de la résistance ont suscité le désarroi de l’occupant sioniste, l’une au début du mois de juin dans la colonie de Tel Aviv, et les autres, au début du mois de juillet près de la ville d’al-Khalil. Ces opérations qualitatives ont défié le système sécuritaire de l’occupant et montré que la résistance se poursuit. Les exécutions des combattants retranchés que les sionistes veulent afficher et propager comme des gestes de courage ou de fermeté ne montrent, aux yeux d’une opinion internationale civilisée, qu’une lâcheté abjecte, digne de tous les colonialistes au cours des siècles précédents.
Tout au long de ces derniers mois, c’est la mosquée al-Aqsa qui a subi les provocations les plus graves depuis son occupation. En effet, la ville d’al-Quds et les maqdissis vivent les moments les plus graves de l’histoire de cette ville, avec les multiples invasions et profanations de la mosquée al-Aqsa. Pour la première fois depuis l’occupation de la partie orientale de la ville en 1967, les sionistes ont empêché les Palestiniens musulmans de fréquenter leur mosquée et de s’y recueillir en l’absence de colons profanateurs. Pour la première fois, et à cause de l’indifférence arabe et musulmane dans le monde, les sionistes ont osé briser un statu-quo jusque là maintenu, pendant le mois béni pour les musulmans, en autorisant la souillure de la mosquée par les profanateurs et la provocation des fidèles. Les plans sionistes de judaïsation de la ville se poursuivent, profitant de la normalisation des relations d’officiels et semi-officiels arabes et musulmans avec l’entité sioniste.

Martyrs palestiniens tombés depuis mi- juin 2016 :

216 – Arif Sharif Jaradat (22 ans, Sa’îr), 19/6 ; 217 – Mahmoud Ra’fat Badrane (15 ans, Bayt Or, Ramallah), 21/6 ; 218 – Mohammad Tarayra (19 ans, Bani Na’im al-Khalil), 30/6; 219 –  Wael Abu Saleh (46 ans, Tulkarm), 30/6 ; 220 – Sara Tarayra (27 ans, Bani Na’im -al-Khalil), 1/7 ;  221 – Jamal Dwaykat (20 ans, Nablus) (mi-juin) ; 222 – Tayseer Mohammad Habach (63 ans, Assira), 1/7 ; 223 – Anwar Salayme (Al-Ram, 22 ans), 13/7 ; 224 – Mohieddine Tabakhi (12 ans, Al-Ram), 19/7 ; 225 – Mustafa Baradhia (50 ans, Bayt Fujjar), 19/7 ; 226 – Mohammad al-Faqih (29 ans, al-Khalil) 27/7 ; 227 – Rami Awartani (31 ans, Nablus), 31/7 ; 228 – Moussa Salman (83 ans, Talfit, Nablus) 10/8 ; 229 – Mohammad Abu Hash-hash (Camp al-Fuwwar, 17 ans), 16/8 ;
Le martyr prisonnier libéré Na’im Shawamra, de Doura, al-Khalil, est décédé des suites d’une longue maladie, contractée dans les prisons de l’occupation. Le martyr avait été condamné à la prison à perpétuité, mais libéré en 2013 (16/8)

Scènes de l’Intifada al-Quds

Yatta assiégée : la vengeance de l’occupant : Parce que les résistants ayant mené une opération dans la colonie de Tel Aviv sont de Yatta, dans la province d’a-Khalil, les occupants s’en sont pris à tout le bourg et exercent un siège qui a duré plusieurs semaines. Toutes les voies vers le bourg ont été fermées, des blocs de ciment ont obstrué la circulation des Palestiniens. Il s’agit d’une punition collective, comme l’occupant a pris l’habitude de le faire, croyant intimider le peuple palestinien. Les malades ne peuvent aller se faire soigner dans la ville d’al-Khalil, les ateliers ont cessé de fonctionner, dans leur majorité, les importations de marchandises et les exportations ont cessé, les ouvriers au nombre de 22.000 ne peuvent travailler, et parmi eux, ceux qui pouvaient se rendre en Palestine occupée en 48. Au cours de la nuit, les sionistes investissent les maisons, arrêtent les Palestiniens, brisent les portes et cassent les mobiliers des maisons, comme à leur habitude (au cours du mois de juin 2016)
Extension de la lutte dans les prisons de l’occupation : le mouvement de grève de la faim dans les prisons s’est étendu à plusieurs prisons sionistes. Commencé par Bilal Kayed, le combattant du FPLP que les sionistes ont refusé de libérer après 15 ans de détention, en transformant sa détention en détention administrative, le mouvement s’est élargi lorsque 4 prisonniers détenus administratifs, dont les frères Mohammad et Mahmoud Balboul, ont entamé leur grève de la faim. La solidarité avec Bilal Kayed a touché la plupart des prisons de l’occupation, puisque le nombre des grévistes est passé à presque 200 prisonniers, dont le secrétaire général du FPLP, Ahmad Saadate. Malgré la répression féroce de la lutte par les sionistes, le mouvement de grève se poursuit, grâce à la solidarité du peuple palestinien, qui manifeste dans les rues dans toute la Palestine occupée, comme à Haïfa, ou devant les hôpitaux où sont enfermés Bilal Kayed et Mahmoud Balboul. Plusieurs prisonniers mènent également la grève de la faim depuis presque deux mois, pour réclamer la fin de la détention administrative, et Walid Mussalma, pour réclamer la fin de son isolement dans la prison d’Eshel.
Qalandia et le camp s’opposent au rasage des maisons : Au cours du mois de juillet, les forces de l’occupation ont fixé leurs opérations de démolitions des maisons dans le camp de Qalandia, devenu un « nœud de vipères » pour elles. Elles ont  démoli les maisons des martyrs Issa Assaf et Anan Abu Habsa, accompagnées de 70 véhicules militaires. Elles ont fait exploser la maison du martyr Abu Hasna et démoli par bulldozer celle du martyr Assaf. Des affrontements ont eu lieu lors de la présence des sionistes dans le camp, et 20 citoyens Palestiniens ont été blessés. Dix jeunes ont été arrêtés, dont Ahmad Matar (26 ans), le frère du martyr Omar Matar. Les martyrs Abu Habsa et Assaf avaient mené une opération de la résistance dans Bab al-Amoud, dans al-Quds, au mois de décembre dernier. Le 25 juillet, les sionistes ont démoli 12 immeubles dans le bourg de Qalandia comprenant 30 appartements sous le prétexte de constructions illégales. La population du camp et de la ville appellent à une large mobilisation.
La région d’al-Khalil vit sous couvre-feu militaire : Suite à plusieurs opérations hardies menées par les résistants dans la région d’al-Khalil, les forces sionistes ont bouclé la région pendant plusieurs semaines, enfermé 600.000 Palestiniens et supprimé 2800 autorisations de travail dans les territoires occupés en 48. La communauté internationale n’a rien vu, n’a pas commenté, les pays arabes et musulmans ont tourné les regards vers d’autres cieux. Abdel Hadi Hantash, spécialiste des questions relatives à la colonisation, a déclaré que l’occupant impose une punition collective à la population d’al-Khalil, en les empêchant de se rendre à leurs travaux, en les empêchant de poursuivre leur vie. L’occupant a bloqué les routes menant aux camps et aux villages dans la province et installé des blocs de béton et des barrages sur les routes pour empêcher les gens de circuler. Les soldats sionistes ont investi les rues de la ville et fermé les magasins, à la recherche des résistants. La ville d’al-Khalil est l’une des plus grandes en Cisjordanie occupée. Ses habitants sont au nombre de 270.000 habitants, et le nombre des colons qui l’ont envahie s’élève à 850 colons.
Les services sécuritaires de l’Autorité palestinienne font le travail de l’occupation : les arrestations des militants, les incursions de nuit dans les maisons paisibles des familles palestiniennes, à la recherche des jeunes et des prisonniers libérés, ce ne sont plus seulement les sionistes qui pratiquent cette terreur, mais c’est aussi la pratique des services sécuritaires de l’Autorité palestinienne. Ds dizaines de militants et d’anciens prisonniers libérés ou des membres de leur famille ont été ciblés ces derniers temps. Parmi eux, le militant du Mouvement du Jihad islamique, récemment libéré des prisons de l’occupation, Salameh Abdel Jawad, du camp Askar dans la ville de Nablus. Il a été kidnappé par les services de l’Autorité palestinienne. Torturé au cours de sa détention (10 jours), il a été emmené à l’hôpital pour être soigné. Le militant a déclaré que les services de l’Autorité palestinienne l’ont arrêté parce qu’il était actif dans le soutien et la solidarité avec les prisonniers palestiniens, et notamment ceux qui mènent la grève de la faim.

Résistance

Un soldat sioniste a été poignardé près de Jénine par un Palestinien, qui a été arrêté, selon l’armée de l’occupation (15/8). Au mois de juin dernier, un officier sioniste a été blessé par un coup de feu au barrage du tunnel près de Bayt Lahem, et des jeunes Palestiniens lancent des pierres sur un véhicule appartenant à des sionistes. Au mois de juillet, un colon a été tué et trois autres blessés près de la colonie Atna’il, près d’al-Khalil.
Une opération de résistance est menée dans la région d’al-Khalil, tuant sur le coup un rabbin membre du Mossad sioniste (mi-juillet). Le résistant est parvenu à prendre la fuite. Cette opération a suscité la panique chez les sionistes, notamment parce qu’elle s’est produite dans la région d’al-Khalil, quelques jours après une autre opération dans la même zone. Suite à l’opération, les Palestiniens ont fait circuler une vidéo annonçant une opération similaire contre le rabbin député Gluck, responsable de la profanation de la mosquée al-Aqsa. A la fin du mois de juillet, le combattant Mohammad Faqih, responsable de l’opération, a mené un combat de 7 heures contre les forces de l’occupation avant de tomber au cours du siège de la maison dans laquelle il s’était barricadé.
Le jeune Palestinien, Mohammad T  arayra, de Bani Na’im, mène une opération courageuse contre la colonie Kharsina, malgré la surveillance électronique installée par les colons. Les médias sionistes affirment que le jeune Mohammad fut plus rapide que l’armée d’occupation, alertée par un coup de fil. Il réussit à abattre une femme colon et à blesser grièvement un autre. Le martyr a été exécuté alors qu’il s’apprêtait à poignarder un autre colon. Les responsables sécuritaires de l’occupation ont considéré que l’opération du martyr est un coup dur pour les sionistes car il a pu infiltrer leur système de sécurité. (juin)
Un Palestinien de Tulkarm, Wa’el Abu Saleh, 46 ans, parvient à mener une opération par poignard, et à blesser deux colons dans la colonie de Natanya, en Palestine occupée en 48 (juillet). Exécuté sur place, le martyr a été laissé dans la rue jusqu’à ce que son corps se vide de son sang.
Les Palestiniens s’opposent à l’invasion de colons dans le bourg de Hawwara, au sud de Nablus. Les forces de l’occupation sont intervenues et ont arrêté un Palestinien de 20 ans, Ghazi Lafi. Des affrontements ont opposé les Palestiniens aux forces militaires qui protégeaient les colons (12/8).
Les forces sécuritaires de l’entité sioniste craignent la propagation des armes dans les territoires occupés en 1967. Plusieurs ateliers d’armes auraient été découverts par les sionistes au cours des mois précédents et notamment des ateliers pour la fabrication de l’arme « Carlo », fréquemment utilisée par les Palestiniens au cours de l’Intifada en cours. Dans la nuit du 17 août, les sionistes ont même volé de l’argent, dans la région de Jénine, considérant que cet argent sert à financer les opérations de la résistance.
Des affrontements ont eu lieu entre les forces de l’occupation et les jeunes du village de Jaba’, dans la région de Jénine, après que les sionistes aient investi le village et ses maisons au cours de la nuit du 17 août. L’occupant a arrêté Ahmad Kan’an (30 ans).
Le corps du martyr Mohammad Kalouti (21 ans) d’al-Quds, a été rendu par l’occupant à sa famille, 5 mois après son martyre. Les sionistes ont empêché, en encerlant le cimetière, la participation populaire à l’enterrement. 14 corps de martyrs tombés au cours de l’Intifada al-Quds, depuis début octobre 2015, sont toujours détenus par les sionistes. Le père du martyr Baha’ Alayan a refusé les conditions sionistes pour la remise du corps de son fils, qui est toujours détenu par l’occupant.
Une campagne populaire est lancée dans le bour de Bani Na’im à l’est de la ville d’al-Khalil pour reconstruire la maison du martyr Mohammad Tarayra, que les sionistes ont démolie deux jours auparavant (août).  Khodr Adnane, cadre du mouvement du Jihad islamique, appelle à l’unité pour reconstruire les maisons que l’occupant a démolies dans la ville de Yatta, et notamment la maison du prisonnier Mourad Id’iss (juin)
Les Palestiniens des territoires occupés en 48 manifestent contre la présence d’une ministre sioniste dans la ville de Ar’ara, dans la région du Triangle. Cette ministre avait été invitée par des avocats appartenant à des syndicats sionistes (juin).
Des jeunes Palestiniens empêchent 60 colons de se rendre à la tombe de Youssef, près de Nablus, que les sionistes prétendent être un lieu juif. Ils ont bombardé aux cailloux le car qui transportait les colons (22 août).
Un groupe de Palestiniens, dirigés par Sheikh Khodr Adnane, a occupé le principal bâtiment de l’ONU à Ramallah pour protester contre l’attitude passive de l’ONU concernant la lutte du prisonnier Bilal Kayed et tous les prisonniers en grève de la faim contre la détention administrative, le 21 août.
Les statistiques des sionistes montrent que 21 attaques menées par les Palestiniens – jets de pierre et de bouteilles incendiaires – ont été enregistrées au cours d’une seule journée. Une semaine auparavant (mi août), 47 points d’affrontements ont été enregistrés dans la seule ville d’al-Quds entre les forces sionistes et les Palestiniens, au cours desquels 58 Palestiniens ont été blessés.

Répression et purification ethnico-religieuse

Les forces sionistes tirent sur un groupe de manifestants dans la ville de Nablus, qui s’opposaient à l’invasion de colons (2 juin). Jamal Douweikat est gravement blessé. Il meurt plusieurs jours plus tard à l’hôpital de Nablus. Jamal Duwaykat avait été libéré de la prison sioniste quelques mois auparavant. Détenu pendant trois ans, il était accusé de s’être opposé à l’invasion coloniale de la tombe de Youssef, à Nablus.
Le 20 juin, les sionistes tirent sur 4 enfants et tuent Mahmoud Badrane, 15 ans, près de Ramallah. Les trois enfants blessés sont Daoud Kharoub, son frère Issam, et Ikram Sulayman. Les témoins affirment que les 4 enfants ne faisaient que passer par la route coloniale 445, et plus tard, le porte-parole de l’armée sioniste a affirmé qu’ils n’étaient pas impliqués dans le tirs de cailloux contre les véhicules des colons. Les forces sionistes dans la ville d’al-Khalil exécutent Sara Tarayra, 27 ans, de Bani Na’im. Arrêtée et en cours d’être fouillée, les soldats tirent sur la jeune femme, enceinte.
Les arrestations quotidiennes et les rafles nocturnes menées par l’occupant dans les villes, villages et camps palestiniens en Cisjordanie témoignent du durcissement du conflit et de la crainte des sionistes de l’extension du mouvement de révolte. Les sionistes ont arrêté des dizaines de Palestiniens en prétendant qu’ils préparaient des attaques contre eux. Le 17 août, la police sioniste a arrêté le jeune Ahmad Achayer (20 ans) de At-Tur dans al-Quds, prétendant qu’il avait exécuté poignardé un colon une semaine auparavant. Le même jour, les forces de l’occupation ont arrêté, au cours de raids nocturnes, 23 Palestiniens à Ramallah, et les camps de Am’ari et Qaddura ont été le théâtre d’affrontements entre forces occupantes et Palestiniens.
Le Shabak, organe de renseignements des sionistes, a déclaré (juin) qu’il a arrêté trois membres d’une cellule familiale responsable de l’opération militaire exécutée il y a plusieurs mois contre des soldats sionistes à Hazma, près d’al-Quds. Il s’agirait de la famille Halabiyé d’Abu Diss.
La démolition des maisons des résistants se poursuit. Les forces de l’occupation ont investi avec 30 véhicules militaires le bourg de Bani Na’im dans la région d’al-Khalil pour démolir la maison du martyr Mohammad Tarayra. Elles ont fait exploser la maison le 14 août. Les sionistes ont décidé de démolir la maison du prisonnier Mohammad Amayra, qui est la maison familiale. Le prisonnier Amayra est accusé d’avoir aidé le martyr Mohammad al-Faqih à exécuter son opération contre une base militaire sioniste. D’autre part, une partie de la maison du martyr Bashar Musalha à l’est de Qalqylia, a été démolie par les sionistes début juin. Le martyr Bashar Masalha avait excuté une opération au mois de mars dernier à Yafa.
En l’absence de tout intérêt arabe et international au sort du peuple palestinien, les sionistes multiplient les confiscations de terrains, la construction de colonies et l’invasion de colons. Un ministre de l’entité sioniste a déclaré récemment que son gouvernement avait posé un plan de multiplier par dix, au cours des dix prochaines années, le nombre de colons dans la seule région de Bayt Lahem. D’autre part, les autorités sionistes ont commencé des travaux d’extension des colonies Efrat et Tal Amim, pour les relier entre elles afin de séparer la ville de Bayt Laham de la ville d’al-Quds. Un autre plan vise à séparer la ville de Bayt Laham de la ville d’al-Khalil, transformant les deux agglomérations en véritables ghettos.
Un plan de colonisation est en cours pour installer des colons en plein cœur de la ville d’al-Khalil, près du point militaire de l’occupation, entre la colonie « Afraham Afino » et la rue des martyrs.
L’invasion coloniale se poursuit avec l’arrivée au cours de cet été de plus de 500 colons en provenance des Etats-Unis, du Canada et de la France. Plus de 50% de ces colons participent à la colonisation en Cisjordanie, les autres participent à la colonisation des terres occupés en 48, et notamment dans les villes arabes, comme Haïfa et ‘Akka.
Dans la ville occupée en 1948 d’al-Lid, l’occupant impose la baisse du son des appels à la prière en provenance des mosquées sous le prétexte que cela « dérange les juifs » (les colons).

Dans la ville d’al-Quds et la mosquée al-Aqsa

La judaïsation de la ville d’al-Quds a pris une tournure dramatique ces derniers temps. Les Palestiniens s’opposent tous seuls à cette menace, sans aucune couverture arabe et musulmane, politique, médiatique ou diplomatique, qui puisse les aider à résister. La municipalité de l’occupant prétend vouloir modifier l’entrée principale de la ville, du côté ouest, pour supprimer entièrement le caractère arabo-islamique de la ville. D’autre part, dans la vieille ville, un projet de « modernisation » du quartier jouxtant la porte « al-Jadid » (de son vrai nom porte Abdel Hamid) est en cours, pour modifier le caractère arabo-musulman du quartier. Dans le langage sioniste, la judaïsation prend plusieurs appellations telles que « modernisation », « rénovation » ou « développement ».
Le gouvernement de l’occupation a approuvé la construction de « Bayt al-Jawhar », bâtiment sioniste en plein centre de la place al-Bouraq, qui jouxte la mosquée al-Aqsa. Ce bâtiment serait utilisé par et pour les sionistes pour propager leur idéologie rétrograde et raciste envers les Palestiniens, arabes et musulmans. Les sionistes avaient, au cours des années précédentes, mener plusieurs excavations dans le lieu prévu, en détruisant des centaines d’objets et de traces de présence musulmane dans la ville sainte.
La municipalité de l’occupation a approuvé la construction d’un immeuble pour les colons dans Selwan, au sud de la mosquée al-Aqsa. Cet immeuble serait construit à la place de plusieurs maisons palestiniennes démolies ou assaillies par les colons (juin).
Le centre d’information de Wadi Helwa a déclaré, au mois de juillet, que les sionistes ont assassiné 7 Maqdissis, depuis le début de l’année 2016, dont une femme et un enfant, et arrêté 963 Palestiniens de la ville d’al-Quds, dont 47 femmes, 58 vieux, 366 mineurs (moins de 18 ans), et parmi eux, 32 enfants âgés de moins de 12 ans. Il a annoncé que 6272 profanateurs se sont introduits dans la mosquée al-Aqsa, avant le mois de Ramadan.
1059 sionistes ont profané la mosquée al-Aqsa au cours du mois de juillet. Plusieurs gardiens de la mosquée ont été arrêtés par l’occupation. Le 12 juillet, 313 colons ont profané la mosquée en pratiquant des rites talmudiques. Le 27 juillet, 96 membres des services de renseignements de l’occupation ont profané la mosquée. Les sionistes essaient de pratiquer des rites talmudiques, mais sont souvent empêchés par les fidèles et les gardiens de la mosquée. Les forces de l’occupation ont mené des campagnes d’arrestations massives des fidèles au cours du mois de juillet avant de prononcer à l’encontre de plusieurs fidèles des interdictions d’entrer dans la mosquée allant de deux semaines à six mois.

La presse palestinienne

Plusieurs sujets ont été abordés par la presse palestinienne au cours des derniers mois, dont l’accord de réconciliation entre le régime turc et l’entité sioniste auquel des dizaines d’articles ont été consacrés, aux côtés de la judaïsation galopante dans la ville d’al-Quds, la réconciliation inter-palestinienne, l’opération de la résistance dans la ville de Yafa, au début du mois et la résistance héroïque du combattant Mohammad al-Faqih contre les forces de l’occupation, dans la région d’al-Khalil. L’accord de réconciliation entre le régime turc et l’entité sioniste a été largement dénoncé par la presse palestinienne et les organisations de la résistance, qui ont refusé toute normalisation avec l’occupant, quelles que soient les circonstances. La critique de l’association turque IHH, qui avait organisé la flotille Mavi Marmara, de cet accord disant qu’il légalise le blocus au lieu de le supprimer, et la virulente réponse d’Erdogan qui a remis en cause même la flotille, ont été passées sous silence par une presse favorable au régime turc. Dans al-Istiqlal, bi-hebdomadaire qui paraît à Gaza, l’éditorial du 30 juin affirme que cet accord sert d’abord les intérêts sionistes, puisque le blocus va demeurer, et que les constructions à but humanitaire ne verront pas le jour avant 5 ans. Même si « on ne peut faire supporter au régime turc plus qu’il ne peut porter », il va sans dire que tout accord et toute normalisation avec l’occupant doit être dénoncés comme étant des coups de poignard dans le dos des Palestiniens, arabes et musulmans.
Au cours des mois de juillet et août, la presse palestinienne a consacré quotidiennement des articles ou des études sur la ville d’al-Quds et la mosquée al-Aqsa, et sur le mouvement de grève de la faim dans les prisons sionistes. De plus, la normalisation entre des responsables saoudiens et l’entité coloniale a été largement commentée par la presse palestinienne. Pour certains commentateurs, les champions saoudiens de la normalisation (des officiels ou semi-officiels) agissent en plein jour alors que le régime lui-même a normalisé depuis longtemps en cachette. Pour d’autres, qui attendent toujours une dénonciation des normalisateurs par le régime, ces derniers agissent individuellement et ne représentent pas la ligne du régime. La presse a largement publié le communiqué signé par des personnalités du Golfe et notamment de l’Arabie saoudite dénonçant la normalisation des relations avec l’occupant.

Communiqués et déclarations

Sheikh Youssef Salame, prédicateur à la mosquée al-Aqsa, a déclaré : « Nous avons maintes fois mis en garde contre les projets de l’occupant qui vise la ville d’al-Quds, mais certains ont jugé que nous exagerions. L’occupant est en train d’enterrer le caractère arabo-musulman et chrétien de la ville, pour faire croire que cette ville est juive. Il s’agit d’un véritable massacre pour installer une majorité juive dans la ville sainte, en vue de concrétiser des fables inventées par les rabbins juifs, et détruire la mosquée al-Aqsa ».
Ahmad Al-Moudallal, cadre dirigeant au Mouvement du Jihad islamique en Palestine, a déclaré, au cours d’une manifestation à Gaza pour soutenir la lutte des prisonniers palestiniens, que l’occupant exerce ses mesures et sa répression contre les prisonniers pour tuer l’âme de la résistance dans les prisons. Par la maladie qu’il néglige de soigner, il cherche à soumettre les prisonniers.
Le mouvement du Jihad Islamique en Palestine salue l’opération de la résistance menée par un résistant près de la ville d’al-Khalil (juillet). Dans son communiqué, le mouvement affirme que l’augmentation des opérations contre les colons et les soldats de l’occupation reflète la détermination de notre peuple à poursuivre l’Intifada en défense de sa terre et de ses sacralités. Le mouvement a appelé à la poursuite des opérations.
Commentant l’opération de la résistance dans la région d’al-Khalil au mois de juillet dernier, le politologue Abdel Sattar Qassem a déclaré que seule la résistance armée pourra mettre fin à la présence des colons en Palestine, et pour cela, il est nécessaire d’avoir le souffle long. Pour lui, lorsque les colons ressentiront la menace contre leur vie dans le pays, ils fuiront. Cela ne se fera ni par la résistance pacifique.

Dans la presse sioniste

Li’or Akerman, ancien responsable du Shabak remet en question, dans « Maariv » le 3/8/2012, les déclarations du Shabak selon lesquelles ce service de renseignements aurait réussi à empêcher la poursuite des opérations de la résistance en Cisjordanie, par ses mesures répressives. Il affirme que le Shabak agit dans les territoires occupés depuis 1967, et qu’il a un puissant réseau de renseignements, et qu’il est parvenu, au fil du temps de l’occupation, à quadriller toute la Cisjordanie. Malgré cela, les opérations de la résistance ont eu lieu, même si elles ont diminué, ces derniers temps, probablement à cause de la chaleur, et non à cause des efforts du Shabak.
L’editorialiste de Haaretz daté du 10 juin met en doute l’efficacité des mesures sionistes prises à l’encontre du bourg de Yatta, dans la région d’al-Khalil, où vivent les résistants ayant mené l’opération à Tel Aviv et tourne au ridicule toutes les déclarations de la classe politique sioniste promettant de sévir contre le peuple palestinien, en affirmant que toutes ces promesses de violence et de vengeance ne peuvent assurer la sécurité des « israéliens », car elles vont pousser de plus en plus de jeunes (palestiniens) vers la « violence ».
Le commentateur militaire de la chaîne sioniste 10, Alon ben David, écrit : « les murs élevés que nous avons érigés aux frontières peuvent probablement arrêter les « terroristes », mais ils ne peuvent empêcher les idées violentes de s’infiltrer dans les cœurs et les cerveaux des Palestiniens. »
Yossi Beilin, écrit dans Ysrael Yom » le 16 août « Non à Hamas » et réclame l’interdiction de la participation du Hamas aux élections municipales qui devraient se dérouler dans les territoires occupés en 1967. L’auteur se base sur un article du protocole de 1995 dépendant des accords d’Oslo qui stipule l’interdiction de toute formation politique prônant le racisme ou qui vise à réaliser ses objectifs de manière illégale. Il aurait attiré l’attention de Sharon, au cours des élections législatives en 2006, sur cet article, mais Sharon n’en a pas tenu compte. Il réclame aujourd’hui à la classe politique de faire attention…

Publié par Centre d’information sur la Résistance en Palestine (cirepal

« Non au terrorisme d’État d’Israël »