50 ANS D’OCCUPATION MILITAIRE DE LA PALESTINE PAR ISRAËL

 

Il y a 50 ans, le 5 juin 1967, Israël lançait une guerre éclair contre l’Égypte, la Syrie et la Jordanie. En prenant le contrôle de la Cisjordanie, de Gaza, du Sinaï, du plateau de Golan et de Jérusalem, cette « guerre des 6 jours » marquera le début de l’occupation militaire de la Palestine. Aussi, dès le 22 novembre 1967, le Conseil de sécurité de l’ONU adopta, à l’unanimité, la résolution 242, qui exigeait le « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés lors du récent conflit ».

La guerre des 6 jours aboutit à l’occupation de toute la Palestine par Israël qui n’a cessé de s’emparer de terres palestiniennes tout au long de ce demi-siècle, parfois à l’initiative même du gouvernement de Tel Aviv, ou sinon par des invasions de colons ultra-orthodoxes et nationalistes et ce, toujours à l’encontre du droit international. Aujourd’hui, 500 000 Israéliens occupent des terres palestiniennes volées à leurs propriétaires, avec la complicité de l’État d’Israël qui pratique la politique du fait accompli.  Il est à noter que 15 % de ces colons juifs viennent des États-Unis, premier allié d’Israël.

À partir de 2002, Israël a entrepris la construction d’un énorme mur de séparation de 700 kilomètres pour isoler d’avantage la population palestinienne, grugeant ainsi 8,5% du territoire. Ce mur, muni de points de passage ultrasophistiqués, prétend assurer la sécurité d’Israël. Elle constitue en réalité une véritable situation d’apartheid avec des conséquences humanitaires dramatiques pour la population. Celle-ci est confinée dans son territoire, soumise à des traitements humiliants et cruels, considérée comme indésirable. On empêche les gens de circuler, d’aller à l’hôpital, à l’école, au travail ; l’eau est confisquée par l’occupant et déviée au profit des colons illégaux ; l’approvisionnement en produits de première nécessité manque cruellement. Gaza est bombardée régulièrement.

Il est temps de secouer nos consciences devant cette situation d’apartheid et de nettoyage ethnique et de dénoncer ce crime contre l’humanité. La résistance du peuple palestinien est courageuse et ne flanche pas, mais la situation politique internationale est bloquée. C’est pourquoi il est urgent d’intensifier la solidarité internationale des peuples en appuyant la campagne de boycott, de désinvestissement et de sanctions (BDS) lancée par la société civile de Palestine, mobilisation en constante croissance dans les pays d’Europe et d’Amérique. Lors de son assemblée générale annuelle le 9 juin dernier, l’Association québécoise des organisations de coopération internationale (AQOCI), regroupant 65 organismes, a voté à l’unanimité son appui à la campagne BDS. Ainsi, par un moyen pacifique tout à fait légitime et très efficace, nous pourrons faire entendre raison à Israël pour qu’il se conforme au droit international, mette fin à l’apartheid de la population palestinienne et se retire des territoires occupés depuis 50 ans.

Claude Lacaille

Trois-Rivières

 

 

Source: http://www.lapresse.ca/le-nouvelliste/opinions/201706/19/01-5109043-50-ans-doccupation-militaire-de-la-palestine-par-israel.php

PALESTINIENS ET JUIFS UNIS (PAJU) APPUIE LA MOTION DU BLOC QUÉBÉCOIS EN SOUTIEN À LA PALESTINE

Pour diffusion immédiate

(la version anglaise suit)

Montréal le 30 mai 2017 – PAJU appuie la motion du  Bloc québécois, laquelle appelle à la reconnaissance par le Parlement canadien de la Palestine comme état indépendent en accordance avec le droit international et la politique étrangère officielle du Canada. La motion du Bloc s’avère le soutien sans équivoque au droit du peuple palestinien à s’autodéterminer, et à l’intégrité du droit international. Notons que 136 États membres de l’Organisation des Nations Unies sur 193 États membres reconnaissent l’État palestinien. Le gouvernement canadien se trouve alors dans une position minoritaire à l’ONU, votant toujours contre toute résolution favorisant les réclamations légitimes des Palestiniens par rapport à leurs droits historiques et leur droit à l’autodétermination. La politique du gouvernement Trudeau face à la question palestinienne est indiscernable de celle du gouvernement Harper qui le précédait. Pourtant, en terme de sa politique étrangère officielle, le Canada « reconnait le droit des Palestiniens à  l’autodétermination  et appuie la création d’un État palestinien voisin souverain, indépendant, solide et démocratique. »

Bruce Katz, co-président de PAJU, ajoute : « Le Bloc québécois démontre beaucoup d’intégrité et courage morale par cette motion qui reconnait intégralement le droit du peuple palestinien à l’autodétermination. D’ailleurs, la motion du Bloc est fondée sur la notion d’une solution à Deux-États, notion à laquelle les autres partis siégeant au Parlement du Canada prêtent allégeance sans toutefois l’appuyer concrètement. Alors, si ces dites partis votent contre la motion du Bloc, cela veut dire qu’ils votent contre la solution de Deux-États, ils sont déjà contre la solution d’un seul État binational, alors quel serait leur choix : a No-State solution? Ils ne pourront quand meme pas courir en deux directions à la fois! »

La motion du Bloc coïncide avec le 50ème anniversaire de l’occupation illégale et de la colonisation de la Cisjordanie, ce qui prête davantage d’importance à  cette motion. Notons aussi que Gaza est sous blocus depuis neuf ans-un crime de châtiment collectif en droit international- et que la Palestine comprend et la Cisjordanie et Gaza. Des milliers d’Israéliens viennent de manifester à Tel Aviv à l’appui de la paix et à l’appui d’un État palestinien indépendent. PAJU exhorte tous les partis siégeant au Parlement du Canada à voter unanimement en faveur de la motion du Bloc québécois sur la Palestine, sans quoi ils continueront d’être complices de la colonisation et de l’occupation illégales des territoires palestiniens.

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Information : (514) 582-1642

www.pajumontreal.org

 

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PALESTiNIAN AND JEWISH UNITY (PAJU) SUPPORTS THE BLOC QUÉBÉCOIS MOTION IN SUPPORT OF PALESTINE

For immediate distribution

Montreal May 30, 2017 – PAJU supports the Bloc Québécois motion calling for the recognition by the Canadian Parliament of Palestine as an independent state in accordance with international law and official Canadian foreign policy. The Bloc motion is a statement of  unequivocal support for the right of the Palestinian people to self-determination and the integrity of international law. It should be noted that 136 Member States of the United Nations out of 193 Member States recognize the Palestinian state. The Canadian government is now in a minority position in the UN, still voting against any and all resolutions favoring the legitimate claims of the Palestinians in relation to their historical rights and their right to self-determination. The Trudeau government’s policy on the Palestinian issue is indistinguishable from that of the Harper government that preceded it. Yet, in terms of its official foreign policy, Canada « recognizes the right of the Palestinians to self-determination and supports the establishment of a sovereign, independent, strong and democratic neighboring Palestinian state.  »

Bruce Katz, co-president of PAJU, added: « The Bloc Québécois has demonstrated great integrity and moral courage by way of this motion, which fully recognizes the right of the Palestinian people to self-determination. In fact, the Bloc motion is based on the notion of a Two-State solution, a concept to which other parties in the Parliament of Canada  pay lip-service without actually supporting it in any concrete way. So if those parties vote against the Bloc motion, it means they are voting against the Two-State solution; they are already against the idea of a single binational state, so what would be their choice: a No- State solution? You can’t run in two directions at the same time!  »

The motion of the Bloc coincides with the 50th anniversary of the illegal occupation and colonization of the West Bank, which lends still greater weight to this motion. Also, it should be noted  that Gaza has been under blockade for nine years – the crime of collective punishment under international law- and that Palestine includes both the West Bank and Gaza. Thousands of Israelis have recently demonstrated in Tel Aviv in support of peace and support for an independent Palestinian state. PAJU urges all parties in the Parliament of Canada to vote unanimously in favor of the Bloc Québécois motion on Palestine. Otherwise, they will continue to be complicit in the illegal colonization and occupation of the Palestinian territories.

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Information : (514) 582-1642

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2016 : une année parmi les plus meurtrières pour les jeunes Palestiniens des territoires occupés

Bulletin # 768

L’année 2016 restera comme l’année au cours de laquelle Israël a tué le plus de mineurs au cours de la dernière décennie en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. C’est ce que nous apprend le rapport de l’organisation non gouvernementale « Defence for Children International-Palestine » (DCIP) publié la semaine dernière. Selon ce dernier, ce ne sont pas moins de trente-et-un jeunes Palestiniens qui ont été tués par l’armée israélienne cette année. Le dernier en date, Farid Ziyad Atta al-Bayed, était à peine âgé de quinze ans. Il est décédé le 23 décembre après 69 jours de coma. Faris avait été blessé le 15 octobre dernier lors d’affrontements avec l’armée survenus dans le camp de réfugiés de Jalazoun, non loin de Ramallah. Lire la suite

Le Forum Social Mondial 2016 illégitime

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Non, nous ne sommes ni tristes, ni déçus, ni amères. Nous sommes ahuris, incrédules et définitivement révoltés que ce Forum Social Mondial 2016 ait pu avoir lieu sans notre participation. Nous n’imaginions même pas que l’idée de l’absence de l’Afrique à cette rencontre ’mondiale’ ait pu effleuré les esprits du Comité d’Organisation et plus largement de tous les militants altermondialistes quels qu’ils soient et d’où qu’ils soient.

Non, nous n’acceptons pas que le boycott soit venu des ’empêchés’ eux-mêmes et non pas de l’organisation du forum qui aurait dû faire ce travail au lieu de laisser toujours le sale boulot aux premières victimes de la violence institutionalisée des pays du G7 dont fait partie le Canada.

Non, notre participation n’était pas ’fondamentale’, elle était obligatoire et inconditionnelle. D’après Raphael Canet, coordinateur du collectif du FSM, la décision de la tenue de l’énènement au Canada a été prise afin essentiellement de ’dépasser la traditionnelle fracture Nord-Sud’, or le résultat a été tout simplement l’inverse. Il rappelle également que ’les inégalités s’accroissent partout’ mais également que ’les défis globaux n’ont pas de frontières’. Belle réthorique.

Faut-il rappeler que cette fameuse fracture Nord-Sud existe bel et bien, qu’elle n’est ni une vue de l’esprit ni une façon de surestimer l’un ou de victimiser l’autre. Oui, l’Afrique est un continent martyrisé, pillé, insulté et oui c’est un acteur incontournable mondial car c’est grâce à lui que le Nord subsiste tant bien que mal dans un capitalisme effréné, prédateur et destructeur. Concernant les inégalités, effectivement celles-ci s’accroissent partout mais encore une fois l’Afrique et plus particulièrement les africains les subissent de plein fouet car au-delà d’inégalités sociales, économiques politique ou culturelles, ils sont humiliés par un occident tout puissant qui les saigne un peu plus chaque jour et les assigne à résidence comme de vulgaires malfrats ou plus exactement comme de négligeables nègres qu’ils sont.

Les plus de 200 visas refusés aux africains qui voulaient se rendre au Canada sont une fois de plus un abus impardonnable commis par un pays ’démocratique’ qui se veut l’ami des immigrés et qui fait partie des grandes puissances de ce monde. Mais nous sommes habitués à ces entorses répétées à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et nous n’attendons plus rien de ces états voyous. C’est d’abord pour ces raisons que le FSM avait connu le jour au Brésil en 2001, pour contrecarrer le Forum de Davos. Jusque là rien de bien nouveau ni étonnant.

Ce qui est bien plus inquiétant, incompréhensible et révoltant c’est de voir les propres altermondialistes donc ceux qui par définition refusent, critiquent et militent contre cette mondialisation aveugle, réagir avec si peu de conviction et d’énergie à ce qui pour eux, pour nous tous, devraient constituer par essence le point de non retour, la ligne infranchissable si facilement violée par les pouvoirs en place. Car en effet, le premier des boycott, celui qui aurait démontrer une vraie solidarité avec les ’déboutés’, celui qui aurait pu faire bouger les choses en dénonçant une politique raciste, injuste et discriminatoire, le premier des boycott aurait dû être celui du Forum Social Mondial lui-même. Comment peut-on consciemment, sincèrement et efficacement continuer à discuter sur des questions telles que l’autodéterrmination des peuples, la solidarité internationale, les migrations et la citoyenneté sans frontière lorsqu’il manque à l’appel tout un pan des militants et de la société civile directement touchés par ces questions ?

Nous pensons et nous affirmons que ce Forum Social Mondial 2016, dans ces conditions n’aurait pas dû avoir lieu, qu’il est donc illégitime et que tous ses participants auraient dû mettre leur énergie, leur connaissances et leur militantisme à dénoncer courageusement et efficacement cette ultime humiliation imposée aux peuples du sud (plus particulièrement aux africains) et exiger du gouvernement canadien qu’il revienne sur sa décision inique. Il était donc de la responsabilité du Comité du Forum de boycotter l’évènement en demandant prioritairement à tous les participants de se focaliser sur un seul et ultime objectif : rétablir les africains dans leurs droits d’êtres humains pouvant comme n’importe quel autre citoyen participer à une rencontre mondiale sans que sa couleur de peau, son lieu de vie ou sa classe sociale ne représentent une entrave. Cela aurait pu se traduire par des marches, des manifestations, des sitting devant les institutions responsables, des pétitions dans la ville de Montréal sous un seul mot d’ordre : ’AVEC LES AFRICAINS, SINON RIEN’. Tant que cela n’était pas réglé il ne servait absolument à rien de parler d’autre chose. Avec cette attitude légère et peu responsable, le FSM court le risque de sa crédibilité en se résumant année après année à prêcher dans le désert (même avec toute la sincérité du monde) par des condamnations de principe du modèle capitaliste et du système néolibéral et en laissant de côté ou à d’autres le soin de mener les actions fortes, concrètes et urgentes comme il en avait l’occasion avec cette situation inédite. Un véritable contre-pouvoir n’existe qu’à ce prix là.

Nous déplorons également que toujours les mêmes africains n’aient pas été écoutés lorsqu’ils ont dès le Forum Social Ouest Africain à Conakry le 13 juillet dernier, alerté et fait part de leurs inquiétudes quant aux possibilités de déplacements et les difficultés financières auxquels iraient être confrontés les militants du sud pour se rendre au Canada.

Dans ces conditions, il n’est donc plus à démontrer que le Forum Social Mondial doit revenir à ses origines, donc au Sud et amèrement constater que toutes les luttes sociales, raciales et économiques n’ont pour l’instant qu’un effet limité sur le droit et la justice et que tant qu’un véritable contre-pouvoir ne se mettra pas réellement en place par le biais d’une action forte, courageuse et déterminée, toutes les réunions, discours et condamnations resteront vains.

Nous, Panafricanistes engagés, infatigables et déterminés, unis pour une Afrique forte et insoumise, après avoir connu l’esclavage, la colonisation et le néo-colonialisme, refusons catégoriquement et définitivement de continuer à subir. C’est pour ces raisons, qu’une grande partie des nôtres a tenu à boycotter ce Forum 2016 (incluant des personnes ayant obtenu le visa). Nous les remercions et leur rendons hommage pour leur courage, leur détermination et leur solidarité, prêts à se lever et à s’exposer dès qu’une injustice est rendue, que ce soit au Nord du globe comme au Sud.

KORRENTI DI ATIVISTA

(Mouvement Cabraliste – Cap Vert)

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Intifada al-Quds en Palestine : poursuivre le chemin de la libération

Intifada - Al-Quds

 

« La légitimité la plus large que peut obtenir un responsable ou officiel (de l’Autorité) consiste à rendre visite aux familles des martyrs et des prisonniers, et à ceux dont les maisons ont été démolies » (Khodr Adnane, cadre du mouvement du Jihad islamique, initiateur en 2011 des grèves de la faim dans les prisons pour réclamer la fin de la détention administrative)
Parce que les opérations de la résistance palestinienne se sont espacées, nombre de médias et commentateurs ont considéré que l’Intifada al-Quds a dit son dernier mot. Il est vrai que la férocité de la répression sioniste et les rafles nocturnes quotidiennes ont entamé, non le désir de résister, mais la capacité physique de le faire.

Les démolitions de maisons, des martyrs ou des prisonniers, n’ont eu aucun effet sur la baisse des opérations, au contraire. La bestialité des soldats de l’armée d’occupation n’a fait qu’entériner la volonté d’en finir une fois pour toute avec ces colons d’outre-mer. Les promesses vengeresses des officiels de l’entité coloniale, contre le peuple palestinien dans son ensemble, et même contre l’Autorité palestinienne, pourtant bien disposée à jouer son rôle en arrêtant les militants, notamment les prisonniers libérés, n’ont aucun effet sur le moral de la population, qui n’espère que le départ de ces colons qui leur pourrissent la vie depuis près de 70 ans. La bestialité des sionistes a semble-t-il, pu limiter le nombre des attaques au couteau, mais elle n’a pu mettre fin, au contraire, aux opérations armées menées par des Palestiniens endurcis. Trois opérations de la résistance ont suscité le désarroi de l’occupant sioniste, l’une au début du mois de juin dans la colonie de Tel Aviv, et les autres, au début du mois de juillet près de la ville d’al-Khalil. Ces opérations qualitatives ont défié le système sécuritaire de l’occupant et montré que la résistance se poursuit. Les exécutions des combattants retranchés que les sionistes veulent afficher et propager comme des gestes de courage ou de fermeté ne montrent, aux yeux d’une opinion internationale civilisée, qu’une lâcheté abjecte, digne de tous les colonialistes au cours des siècles précédents.
Tout au long de ces derniers mois, c’est la mosquée al-Aqsa qui a subi les provocations les plus graves depuis son occupation. En effet, la ville d’al-Quds et les maqdissis vivent les moments les plus graves de l’histoire de cette ville, avec les multiples invasions et profanations de la mosquée al-Aqsa. Pour la première fois depuis l’occupation de la partie orientale de la ville en 1967, les sionistes ont empêché les Palestiniens musulmans de fréquenter leur mosquée et de s’y recueillir en l’absence de colons profanateurs. Pour la première fois, et à cause de l’indifférence arabe et musulmane dans le monde, les sionistes ont osé briser un statu-quo jusque là maintenu, pendant le mois béni pour les musulmans, en autorisant la souillure de la mosquée par les profanateurs et la provocation des fidèles. Les plans sionistes de judaïsation de la ville se poursuivent, profitant de la normalisation des relations d’officiels et semi-officiels arabes et musulmans avec l’entité sioniste.

Martyrs palestiniens tombés depuis mi- juin 2016 :

216 – Arif Sharif Jaradat (22 ans, Sa’îr), 19/6 ; 217 – Mahmoud Ra’fat Badrane (15 ans, Bayt Or, Ramallah), 21/6 ; 218 – Mohammad Tarayra (19 ans, Bani Na’im al-Khalil), 30/6; 219 –  Wael Abu Saleh (46 ans, Tulkarm), 30/6 ; 220 – Sara Tarayra (27 ans, Bani Na’im -al-Khalil), 1/7 ;  221 – Jamal Dwaykat (20 ans, Nablus) (mi-juin) ; 222 – Tayseer Mohammad Habach (63 ans, Assira), 1/7 ; 223 – Anwar Salayme (Al-Ram, 22 ans), 13/7 ; 224 – Mohieddine Tabakhi (12 ans, Al-Ram), 19/7 ; 225 – Mustafa Baradhia (50 ans, Bayt Fujjar), 19/7 ; 226 – Mohammad al-Faqih (29 ans, al-Khalil) 27/7 ; 227 – Rami Awartani (31 ans, Nablus), 31/7 ; 228 – Moussa Salman (83 ans, Talfit, Nablus) 10/8 ; 229 – Mohammad Abu Hash-hash (Camp al-Fuwwar, 17 ans), 16/8 ;
Le martyr prisonnier libéré Na’im Shawamra, de Doura, al-Khalil, est décédé des suites d’une longue maladie, contractée dans les prisons de l’occupation. Le martyr avait été condamné à la prison à perpétuité, mais libéré en 2013 (16/8)

Scènes de l’Intifada al-Quds

Yatta assiégée : la vengeance de l’occupant : Parce que les résistants ayant mené une opération dans la colonie de Tel Aviv sont de Yatta, dans la province d’a-Khalil, les occupants s’en sont pris à tout le bourg et exercent un siège qui a duré plusieurs semaines. Toutes les voies vers le bourg ont été fermées, des blocs de ciment ont obstrué la circulation des Palestiniens. Il s’agit d’une punition collective, comme l’occupant a pris l’habitude de le faire, croyant intimider le peuple palestinien. Les malades ne peuvent aller se faire soigner dans la ville d’al-Khalil, les ateliers ont cessé de fonctionner, dans leur majorité, les importations de marchandises et les exportations ont cessé, les ouvriers au nombre de 22.000 ne peuvent travailler, et parmi eux, ceux qui pouvaient se rendre en Palestine occupée en 48. Au cours de la nuit, les sionistes investissent les maisons, arrêtent les Palestiniens, brisent les portes et cassent les mobiliers des maisons, comme à leur habitude (au cours du mois de juin 2016)
Extension de la lutte dans les prisons de l’occupation : le mouvement de grève de la faim dans les prisons s’est étendu à plusieurs prisons sionistes. Commencé par Bilal Kayed, le combattant du FPLP que les sionistes ont refusé de libérer après 15 ans de détention, en transformant sa détention en détention administrative, le mouvement s’est élargi lorsque 4 prisonniers détenus administratifs, dont les frères Mohammad et Mahmoud Balboul, ont entamé leur grève de la faim. La solidarité avec Bilal Kayed a touché la plupart des prisons de l’occupation, puisque le nombre des grévistes est passé à presque 200 prisonniers, dont le secrétaire général du FPLP, Ahmad Saadate. Malgré la répression féroce de la lutte par les sionistes, le mouvement de grève se poursuit, grâce à la solidarité du peuple palestinien, qui manifeste dans les rues dans toute la Palestine occupée, comme à Haïfa, ou devant les hôpitaux où sont enfermés Bilal Kayed et Mahmoud Balboul. Plusieurs prisonniers mènent également la grève de la faim depuis presque deux mois, pour réclamer la fin de la détention administrative, et Walid Mussalma, pour réclamer la fin de son isolement dans la prison d’Eshel.
Qalandia et le camp s’opposent au rasage des maisons : Au cours du mois de juillet, les forces de l’occupation ont fixé leurs opérations de démolitions des maisons dans le camp de Qalandia, devenu un « nœud de vipères » pour elles. Elles ont  démoli les maisons des martyrs Issa Assaf et Anan Abu Habsa, accompagnées de 70 véhicules militaires. Elles ont fait exploser la maison du martyr Abu Hasna et démoli par bulldozer celle du martyr Assaf. Des affrontements ont eu lieu lors de la présence des sionistes dans le camp, et 20 citoyens Palestiniens ont été blessés. Dix jeunes ont été arrêtés, dont Ahmad Matar (26 ans), le frère du martyr Omar Matar. Les martyrs Abu Habsa et Assaf avaient mené une opération de la résistance dans Bab al-Amoud, dans al-Quds, au mois de décembre dernier. Le 25 juillet, les sionistes ont démoli 12 immeubles dans le bourg de Qalandia comprenant 30 appartements sous le prétexte de constructions illégales. La population du camp et de la ville appellent à une large mobilisation.
La région d’al-Khalil vit sous couvre-feu militaire : Suite à plusieurs opérations hardies menées par les résistants dans la région d’al-Khalil, les forces sionistes ont bouclé la région pendant plusieurs semaines, enfermé 600.000 Palestiniens et supprimé 2800 autorisations de travail dans les territoires occupés en 48. La communauté internationale n’a rien vu, n’a pas commenté, les pays arabes et musulmans ont tourné les regards vers d’autres cieux. Abdel Hadi Hantash, spécialiste des questions relatives à la colonisation, a déclaré que l’occupant impose une punition collective à la population d’al-Khalil, en les empêchant de se rendre à leurs travaux, en les empêchant de poursuivre leur vie. L’occupant a bloqué les routes menant aux camps et aux villages dans la province et installé des blocs de béton et des barrages sur les routes pour empêcher les gens de circuler. Les soldats sionistes ont investi les rues de la ville et fermé les magasins, à la recherche des résistants. La ville d’al-Khalil est l’une des plus grandes en Cisjordanie occupée. Ses habitants sont au nombre de 270.000 habitants, et le nombre des colons qui l’ont envahie s’élève à 850 colons.
Les services sécuritaires de l’Autorité palestinienne font le travail de l’occupation : les arrestations des militants, les incursions de nuit dans les maisons paisibles des familles palestiniennes, à la recherche des jeunes et des prisonniers libérés, ce ne sont plus seulement les sionistes qui pratiquent cette terreur, mais c’est aussi la pratique des services sécuritaires de l’Autorité palestinienne. Ds dizaines de militants et d’anciens prisonniers libérés ou des membres de leur famille ont été ciblés ces derniers temps. Parmi eux, le militant du Mouvement du Jihad islamique, récemment libéré des prisons de l’occupation, Salameh Abdel Jawad, du camp Askar dans la ville de Nablus. Il a été kidnappé par les services de l’Autorité palestinienne. Torturé au cours de sa détention (10 jours), il a été emmené à l’hôpital pour être soigné. Le militant a déclaré que les services de l’Autorité palestinienne l’ont arrêté parce qu’il était actif dans le soutien et la solidarité avec les prisonniers palestiniens, et notamment ceux qui mènent la grève de la faim.

Résistance

Un soldat sioniste a été poignardé près de Jénine par un Palestinien, qui a été arrêté, selon l’armée de l’occupation (15/8). Au mois de juin dernier, un officier sioniste a été blessé par un coup de feu au barrage du tunnel près de Bayt Lahem, et des jeunes Palestiniens lancent des pierres sur un véhicule appartenant à des sionistes. Au mois de juillet, un colon a été tué et trois autres blessés près de la colonie Atna’il, près d’al-Khalil.
Une opération de résistance est menée dans la région d’al-Khalil, tuant sur le coup un rabbin membre du Mossad sioniste (mi-juillet). Le résistant est parvenu à prendre la fuite. Cette opération a suscité la panique chez les sionistes, notamment parce qu’elle s’est produite dans la région d’al-Khalil, quelques jours après une autre opération dans la même zone. Suite à l’opération, les Palestiniens ont fait circuler une vidéo annonçant une opération similaire contre le rabbin député Gluck, responsable de la profanation de la mosquée al-Aqsa. A la fin du mois de juillet, le combattant Mohammad Faqih, responsable de l’opération, a mené un combat de 7 heures contre les forces de l’occupation avant de tomber au cours du siège de la maison dans laquelle il s’était barricadé.
Le jeune Palestinien, Mohammad T  arayra, de Bani Na’im, mène une opération courageuse contre la colonie Kharsina, malgré la surveillance électronique installée par les colons. Les médias sionistes affirment que le jeune Mohammad fut plus rapide que l’armée d’occupation, alertée par un coup de fil. Il réussit à abattre une femme colon et à blesser grièvement un autre. Le martyr a été exécuté alors qu’il s’apprêtait à poignarder un autre colon. Les responsables sécuritaires de l’occupation ont considéré que l’opération du martyr est un coup dur pour les sionistes car il a pu infiltrer leur système de sécurité. (juin)
Un Palestinien de Tulkarm, Wa’el Abu Saleh, 46 ans, parvient à mener une opération par poignard, et à blesser deux colons dans la colonie de Natanya, en Palestine occupée en 48 (juillet). Exécuté sur place, le martyr a été laissé dans la rue jusqu’à ce que son corps se vide de son sang.
Les Palestiniens s’opposent à l’invasion de colons dans le bourg de Hawwara, au sud de Nablus. Les forces de l’occupation sont intervenues et ont arrêté un Palestinien de 20 ans, Ghazi Lafi. Des affrontements ont opposé les Palestiniens aux forces militaires qui protégeaient les colons (12/8).
Les forces sécuritaires de l’entité sioniste craignent la propagation des armes dans les territoires occupés en 1967. Plusieurs ateliers d’armes auraient été découverts par les sionistes au cours des mois précédents et notamment des ateliers pour la fabrication de l’arme « Carlo », fréquemment utilisée par les Palestiniens au cours de l’Intifada en cours. Dans la nuit du 17 août, les sionistes ont même volé de l’argent, dans la région de Jénine, considérant que cet argent sert à financer les opérations de la résistance.
Des affrontements ont eu lieu entre les forces de l’occupation et les jeunes du village de Jaba’, dans la région de Jénine, après que les sionistes aient investi le village et ses maisons au cours de la nuit du 17 août. L’occupant a arrêté Ahmad Kan’an (30 ans).
Le corps du martyr Mohammad Kalouti (21 ans) d’al-Quds, a été rendu par l’occupant à sa famille, 5 mois après son martyre. Les sionistes ont empêché, en encerlant le cimetière, la participation populaire à l’enterrement. 14 corps de martyrs tombés au cours de l’Intifada al-Quds, depuis début octobre 2015, sont toujours détenus par les sionistes. Le père du martyr Baha’ Alayan a refusé les conditions sionistes pour la remise du corps de son fils, qui est toujours détenu par l’occupant.
Une campagne populaire est lancée dans le bour de Bani Na’im à l’est de la ville d’al-Khalil pour reconstruire la maison du martyr Mohammad Tarayra, que les sionistes ont démolie deux jours auparavant (août).  Khodr Adnane, cadre du mouvement du Jihad islamique, appelle à l’unité pour reconstruire les maisons que l’occupant a démolies dans la ville de Yatta, et notamment la maison du prisonnier Mourad Id’iss (juin)
Les Palestiniens des territoires occupés en 48 manifestent contre la présence d’une ministre sioniste dans la ville de Ar’ara, dans la région du Triangle. Cette ministre avait été invitée par des avocats appartenant à des syndicats sionistes (juin).
Des jeunes Palestiniens empêchent 60 colons de se rendre à la tombe de Youssef, près de Nablus, que les sionistes prétendent être un lieu juif. Ils ont bombardé aux cailloux le car qui transportait les colons (22 août).
Un groupe de Palestiniens, dirigés par Sheikh Khodr Adnane, a occupé le principal bâtiment de l’ONU à Ramallah pour protester contre l’attitude passive de l’ONU concernant la lutte du prisonnier Bilal Kayed et tous les prisonniers en grève de la faim contre la détention administrative, le 21 août.
Les statistiques des sionistes montrent que 21 attaques menées par les Palestiniens – jets de pierre et de bouteilles incendiaires – ont été enregistrées au cours d’une seule journée. Une semaine auparavant (mi août), 47 points d’affrontements ont été enregistrés dans la seule ville d’al-Quds entre les forces sionistes et les Palestiniens, au cours desquels 58 Palestiniens ont été blessés.

Répression et purification ethnico-religieuse

Les forces sionistes tirent sur un groupe de manifestants dans la ville de Nablus, qui s’opposaient à l’invasion de colons (2 juin). Jamal Douweikat est gravement blessé. Il meurt plusieurs jours plus tard à l’hôpital de Nablus. Jamal Duwaykat avait été libéré de la prison sioniste quelques mois auparavant. Détenu pendant trois ans, il était accusé de s’être opposé à l’invasion coloniale de la tombe de Youssef, à Nablus.
Le 20 juin, les sionistes tirent sur 4 enfants et tuent Mahmoud Badrane, 15 ans, près de Ramallah. Les trois enfants blessés sont Daoud Kharoub, son frère Issam, et Ikram Sulayman. Les témoins affirment que les 4 enfants ne faisaient que passer par la route coloniale 445, et plus tard, le porte-parole de l’armée sioniste a affirmé qu’ils n’étaient pas impliqués dans le tirs de cailloux contre les véhicules des colons. Les forces sionistes dans la ville d’al-Khalil exécutent Sara Tarayra, 27 ans, de Bani Na’im. Arrêtée et en cours d’être fouillée, les soldats tirent sur la jeune femme, enceinte.
Les arrestations quotidiennes et les rafles nocturnes menées par l’occupant dans les villes, villages et camps palestiniens en Cisjordanie témoignent du durcissement du conflit et de la crainte des sionistes de l’extension du mouvement de révolte. Les sionistes ont arrêté des dizaines de Palestiniens en prétendant qu’ils préparaient des attaques contre eux. Le 17 août, la police sioniste a arrêté le jeune Ahmad Achayer (20 ans) de At-Tur dans al-Quds, prétendant qu’il avait exécuté poignardé un colon une semaine auparavant. Le même jour, les forces de l’occupation ont arrêté, au cours de raids nocturnes, 23 Palestiniens à Ramallah, et les camps de Am’ari et Qaddura ont été le théâtre d’affrontements entre forces occupantes et Palestiniens.
Le Shabak, organe de renseignements des sionistes, a déclaré (juin) qu’il a arrêté trois membres d’une cellule familiale responsable de l’opération militaire exécutée il y a plusieurs mois contre des soldats sionistes à Hazma, près d’al-Quds. Il s’agirait de la famille Halabiyé d’Abu Diss.
La démolition des maisons des résistants se poursuit. Les forces de l’occupation ont investi avec 30 véhicules militaires le bourg de Bani Na’im dans la région d’al-Khalil pour démolir la maison du martyr Mohammad Tarayra. Elles ont fait exploser la maison le 14 août. Les sionistes ont décidé de démolir la maison du prisonnier Mohammad Amayra, qui est la maison familiale. Le prisonnier Amayra est accusé d’avoir aidé le martyr Mohammad al-Faqih à exécuter son opération contre une base militaire sioniste. D’autre part, une partie de la maison du martyr Bashar Musalha à l’est de Qalqylia, a été démolie par les sionistes début juin. Le martyr Bashar Masalha avait excuté une opération au mois de mars dernier à Yafa.
En l’absence de tout intérêt arabe et international au sort du peuple palestinien, les sionistes multiplient les confiscations de terrains, la construction de colonies et l’invasion de colons. Un ministre de l’entité sioniste a déclaré récemment que son gouvernement avait posé un plan de multiplier par dix, au cours des dix prochaines années, le nombre de colons dans la seule région de Bayt Lahem. D’autre part, les autorités sionistes ont commencé des travaux d’extension des colonies Efrat et Tal Amim, pour les relier entre elles afin de séparer la ville de Bayt Laham de la ville d’al-Quds. Un autre plan vise à séparer la ville de Bayt Laham de la ville d’al-Khalil, transformant les deux agglomérations en véritables ghettos.
Un plan de colonisation est en cours pour installer des colons en plein cœur de la ville d’al-Khalil, près du point militaire de l’occupation, entre la colonie « Afraham Afino » et la rue des martyrs.
L’invasion coloniale se poursuit avec l’arrivée au cours de cet été de plus de 500 colons en provenance des Etats-Unis, du Canada et de la France. Plus de 50% de ces colons participent à la colonisation en Cisjordanie, les autres participent à la colonisation des terres occupés en 48, et notamment dans les villes arabes, comme Haïfa et ‘Akka.
Dans la ville occupée en 1948 d’al-Lid, l’occupant impose la baisse du son des appels à la prière en provenance des mosquées sous le prétexte que cela « dérange les juifs » (les colons).

Dans la ville d’al-Quds et la mosquée al-Aqsa

La judaïsation de la ville d’al-Quds a pris une tournure dramatique ces derniers temps. Les Palestiniens s’opposent tous seuls à cette menace, sans aucune couverture arabe et musulmane, politique, médiatique ou diplomatique, qui puisse les aider à résister. La municipalité de l’occupant prétend vouloir modifier l’entrée principale de la ville, du côté ouest, pour supprimer entièrement le caractère arabo-islamique de la ville. D’autre part, dans la vieille ville, un projet de « modernisation » du quartier jouxtant la porte « al-Jadid » (de son vrai nom porte Abdel Hamid) est en cours, pour modifier le caractère arabo-musulman du quartier. Dans le langage sioniste, la judaïsation prend plusieurs appellations telles que « modernisation », « rénovation » ou « développement ».
Le gouvernement de l’occupation a approuvé la construction de « Bayt al-Jawhar », bâtiment sioniste en plein centre de la place al-Bouraq, qui jouxte la mosquée al-Aqsa. Ce bâtiment serait utilisé par et pour les sionistes pour propager leur idéologie rétrograde et raciste envers les Palestiniens, arabes et musulmans. Les sionistes avaient, au cours des années précédentes, mener plusieurs excavations dans le lieu prévu, en détruisant des centaines d’objets et de traces de présence musulmane dans la ville sainte.
La municipalité de l’occupation a approuvé la construction d’un immeuble pour les colons dans Selwan, au sud de la mosquée al-Aqsa. Cet immeuble serait construit à la place de plusieurs maisons palestiniennes démolies ou assaillies par les colons (juin).
Le centre d’information de Wadi Helwa a déclaré, au mois de juillet, que les sionistes ont assassiné 7 Maqdissis, depuis le début de l’année 2016, dont une femme et un enfant, et arrêté 963 Palestiniens de la ville d’al-Quds, dont 47 femmes, 58 vieux, 366 mineurs (moins de 18 ans), et parmi eux, 32 enfants âgés de moins de 12 ans. Il a annoncé que 6272 profanateurs se sont introduits dans la mosquée al-Aqsa, avant le mois de Ramadan.
1059 sionistes ont profané la mosquée al-Aqsa au cours du mois de juillet. Plusieurs gardiens de la mosquée ont été arrêtés par l’occupation. Le 12 juillet, 313 colons ont profané la mosquée en pratiquant des rites talmudiques. Le 27 juillet, 96 membres des services de renseignements de l’occupation ont profané la mosquée. Les sionistes essaient de pratiquer des rites talmudiques, mais sont souvent empêchés par les fidèles et les gardiens de la mosquée. Les forces de l’occupation ont mené des campagnes d’arrestations massives des fidèles au cours du mois de juillet avant de prononcer à l’encontre de plusieurs fidèles des interdictions d’entrer dans la mosquée allant de deux semaines à six mois.

La presse palestinienne

Plusieurs sujets ont été abordés par la presse palestinienne au cours des derniers mois, dont l’accord de réconciliation entre le régime turc et l’entité sioniste auquel des dizaines d’articles ont été consacrés, aux côtés de la judaïsation galopante dans la ville d’al-Quds, la réconciliation inter-palestinienne, l’opération de la résistance dans la ville de Yafa, au début du mois et la résistance héroïque du combattant Mohammad al-Faqih contre les forces de l’occupation, dans la région d’al-Khalil. L’accord de réconciliation entre le régime turc et l’entité sioniste a été largement dénoncé par la presse palestinienne et les organisations de la résistance, qui ont refusé toute normalisation avec l’occupant, quelles que soient les circonstances. La critique de l’association turque IHH, qui avait organisé la flotille Mavi Marmara, de cet accord disant qu’il légalise le blocus au lieu de le supprimer, et la virulente réponse d’Erdogan qui a remis en cause même la flotille, ont été passées sous silence par une presse favorable au régime turc. Dans al-Istiqlal, bi-hebdomadaire qui paraît à Gaza, l’éditorial du 30 juin affirme que cet accord sert d’abord les intérêts sionistes, puisque le blocus va demeurer, et que les constructions à but humanitaire ne verront pas le jour avant 5 ans. Même si « on ne peut faire supporter au régime turc plus qu’il ne peut porter », il va sans dire que tout accord et toute normalisation avec l’occupant doit être dénoncés comme étant des coups de poignard dans le dos des Palestiniens, arabes et musulmans.
Au cours des mois de juillet et août, la presse palestinienne a consacré quotidiennement des articles ou des études sur la ville d’al-Quds et la mosquée al-Aqsa, et sur le mouvement de grève de la faim dans les prisons sionistes. De plus, la normalisation entre des responsables saoudiens et l’entité coloniale a été largement commentée par la presse palestinienne. Pour certains commentateurs, les champions saoudiens de la normalisation (des officiels ou semi-officiels) agissent en plein jour alors que le régime lui-même a normalisé depuis longtemps en cachette. Pour d’autres, qui attendent toujours une dénonciation des normalisateurs par le régime, ces derniers agissent individuellement et ne représentent pas la ligne du régime. La presse a largement publié le communiqué signé par des personnalités du Golfe et notamment de l’Arabie saoudite dénonçant la normalisation des relations avec l’occupant.

Communiqués et déclarations

Sheikh Youssef Salame, prédicateur à la mosquée al-Aqsa, a déclaré : « Nous avons maintes fois mis en garde contre les projets de l’occupant qui vise la ville d’al-Quds, mais certains ont jugé que nous exagerions. L’occupant est en train d’enterrer le caractère arabo-musulman et chrétien de la ville, pour faire croire que cette ville est juive. Il s’agit d’un véritable massacre pour installer une majorité juive dans la ville sainte, en vue de concrétiser des fables inventées par les rabbins juifs, et détruire la mosquée al-Aqsa ».
Ahmad Al-Moudallal, cadre dirigeant au Mouvement du Jihad islamique en Palestine, a déclaré, au cours d’une manifestation à Gaza pour soutenir la lutte des prisonniers palestiniens, que l’occupant exerce ses mesures et sa répression contre les prisonniers pour tuer l’âme de la résistance dans les prisons. Par la maladie qu’il néglige de soigner, il cherche à soumettre les prisonniers.
Le mouvement du Jihad Islamique en Palestine salue l’opération de la résistance menée par un résistant près de la ville d’al-Khalil (juillet). Dans son communiqué, le mouvement affirme que l’augmentation des opérations contre les colons et les soldats de l’occupation reflète la détermination de notre peuple à poursuivre l’Intifada en défense de sa terre et de ses sacralités. Le mouvement a appelé à la poursuite des opérations.
Commentant l’opération de la résistance dans la région d’al-Khalil au mois de juillet dernier, le politologue Abdel Sattar Qassem a déclaré que seule la résistance armée pourra mettre fin à la présence des colons en Palestine, et pour cela, il est nécessaire d’avoir le souffle long. Pour lui, lorsque les colons ressentiront la menace contre leur vie dans le pays, ils fuiront. Cela ne se fera ni par la résistance pacifique.

Dans la presse sioniste

Li’or Akerman, ancien responsable du Shabak remet en question, dans « Maariv » le 3/8/2012, les déclarations du Shabak selon lesquelles ce service de renseignements aurait réussi à empêcher la poursuite des opérations de la résistance en Cisjordanie, par ses mesures répressives. Il affirme que le Shabak agit dans les territoires occupés depuis 1967, et qu’il a un puissant réseau de renseignements, et qu’il est parvenu, au fil du temps de l’occupation, à quadriller toute la Cisjordanie. Malgré cela, les opérations de la résistance ont eu lieu, même si elles ont diminué, ces derniers temps, probablement à cause de la chaleur, et non à cause des efforts du Shabak.
L’editorialiste de Haaretz daté du 10 juin met en doute l’efficacité des mesures sionistes prises à l’encontre du bourg de Yatta, dans la région d’al-Khalil, où vivent les résistants ayant mené l’opération à Tel Aviv et tourne au ridicule toutes les déclarations de la classe politique sioniste promettant de sévir contre le peuple palestinien, en affirmant que toutes ces promesses de violence et de vengeance ne peuvent assurer la sécurité des « israéliens », car elles vont pousser de plus en plus de jeunes (palestiniens) vers la « violence ».
Le commentateur militaire de la chaîne sioniste 10, Alon ben David, écrit : « les murs élevés que nous avons érigés aux frontières peuvent probablement arrêter les « terroristes », mais ils ne peuvent empêcher les idées violentes de s’infiltrer dans les cœurs et les cerveaux des Palestiniens. »
Yossi Beilin, écrit dans Ysrael Yom » le 16 août « Non à Hamas » et réclame l’interdiction de la participation du Hamas aux élections municipales qui devraient se dérouler dans les territoires occupés en 1967. L’auteur se base sur un article du protocole de 1995 dépendant des accords d’Oslo qui stipule l’interdiction de toute formation politique prônant le racisme ou qui vise à réaliser ses objectifs de manière illégale. Il aurait attiré l’attention de Sharon, au cours des élections législatives en 2006, sur cet article, mais Sharon n’en a pas tenu compte. Il réclame aujourd’hui à la classe politique de faire attention…

Publié par Centre d’information sur la Résistance en Palestine (cirepal

« Non au terrorisme d’État d’Israël »

Du colonialisme au sionisme: chronique d’une continuité idéologique du parti socialiste

colonialisme, socialisme et sionisme

« Il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces ». C’est par ces mots que le président socialiste François Hollande annonce son soutien au gouvernement israélien trois jours après le début de l’attaque militaire contre Gaza qui a déjà fait alors 64 morts…

Beaucoup ont été à juste titre scandalisés, d’autres également nombreux ont été naïvement surpris. Une simple lecture de l’histoire du socialisme français suffit pourtant à saisir que la continuité idéologique du parti socialiste est sans faille sur cette question : le soutien au sionisme aujourd’hui plonge ses racines dans le colonialisme qui a marqué toute l’histoire du socialisme français. Pour illustrer ce propos, analysons l’approche du colonialisme des trois principales figures théoriques du socialisme français (2).

{{{Sur les fonts baptismaux jaurésiens}}}

Le parti socialiste a choisi l’année 2005 pour fêter son centenaire c’est-à-dire qu’il prend comme point de départ de son histoire le congrès de fondation de la SFIO de 1905. Ce faisant, il occulte la partie antérieure de l’histoire du socialisme français. La Section Française de l’Internationale Ouvrière est en effet créée par la fusion du Parti Socialiste Français dirigé par Jean Jaurès et du Parti Socialiste de France dirigé par Jules Guesde. Les deux leaders s’opposent pendant de longues années sur la question coloniale. En prenant 1905 comme date de référence, c’est Jaurès, le partisan d’une colonisation « éclairée », qui est plébiscité et Guesde, l’anticolonialiste (3), qui est rejeté.

A la différence de Jaurès, Jules Guesde condamne en effet la colonisation comme système global de domination : « la colonisation c’est le vol, c’est le pillage, c’est le meurtre, ce sont les crimes commis contre de paisibles populations, pour les profits d’une poignée de capitalistes, avides de gains (4). »

Jaurès pour sa part ne dénonce pas la colonisation comme système. « Ces peuples sont des enfants » même s’ils sont « loin d’être sots », dit-il en 1884, à propos de peuples colonisés auxquels il convient d’apporter « quelques notions très simples de langue et d’histoire française, de commerce, de christianisme» pour que réussisse « l’œuvre difficile de conquête morale et d’assimilation (5) ».

Dix ans plus tard, lors du conflit franco-anglais de Fachoda en 1898, Jaurès défend « le droit certain de la France à s’ouvrir un débouché, de l’Afrique centrale vers le Nil (6) ».

De même, en 1903, il défend la thèse selon laquelle « l’occupation morale du Maroc par la France sera un prolongement de la généreuse politique arabe qu’il faut développer en Algérie (7)». Trois ans avant sa mort en 1911, il continue à défendre l’idée d’un accord sur le projet colonial articulé à un désaccord sur la méthode : « La civilisation européenne se répand et doit se répandre sur le continent noir. Je n’ai jamais contesté pour ma part la nécessité, l’idéal, la beauté de cette pénétration. Nous n’avons différé et nous ne différons, au Maroc ou ailleurs, que sur les méthodes, mais je ne jette pas un regard de dédain sur l’œuvre commencée. Je ne l’enveloppe pas d’un anathème sans nuance (8).»

Les thèses de Jaurès l’emportent définitivement au sein de la SFIO à partir de 1908. Les socialistes ne bougeront plus de cette position : la défense d’une colonisation « humanisée ». La même thèse coloniale reste un leitmotiv dans ce qu’ils appellent le « conflit israélo-palestinien ».

{{{Le colonialisme culturaliste de Léon Blum}}}

Léon Blum ne rompt pas avec l’idée de mission civilisatrice que défend Jaurès. En pleine guerre du Rif, alors que les troupes françaises sont en action contre le peuple marocain, il réaffirme à la chambre des députés la nécessité de « l’expansion de la pensée, de la civilisation française » et « le droit et même le devoir de ce qu’on appelle les races supérieures, revendiquant quelquefois pour elles un privilège quelque peu indu, d’attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture (9) ».

Comme Jules Ferry en 1885 (10), Léon Blum professe l’inégalité entre les peuples. Il ne s’agit certes pas pour lui d’une inégalité biologique mais d’une inégalité culturelle et de civilisation. La colonisation devient dans cette logique une œuvre d’émancipation en permettant le déclenchement de la très longue période de rattrapage du retard culturel et civilisationnel.

{{Dans l’approche blumiste, il n’existe aucune universalité du droit.}} Les droits des indigènes doivent pour lui dépendre de leur degré de civilisation. Ce qui n’est pas sans rappeler certains discours contemporains sur l’intégration des Français issus de l’immigration, sur l’incompatibilité supposée de l’Islam avec la civilisation française et sa laïcité, sur l’intégration impossible des Roms en raison de leur culture, etc.

La notion « d’indigène évolué » est logiquement le centre de l’approche de Blum. Au pouvoir lors du Front Populaire, il initie en 1937 un projet de loi dit « Blum-Viollette » accordant à 21 000 indigènes sur six millions la citoyenneté française. Devant la pression des colons, il n’est même pas discuté au parlement.

Mais la contrepartie de la sollicitude envers les « indigènes évolués » est la « fermeté » vis-à-vis de ceux qui refusent la « civilisation française » et qui s’évertuent à réclamer l’indépendance. Alors qu’elle a participé aux combats contre les ligues fascistes, l’Etoile Nord-Africaine, organisation nationaliste algérienne, est dissoute en janvier 1937 (11) et son leader Messali Hadj est emprisonné.

En mars, c’est au tour du comité d’action marocaine d’être dissous. Dans les mois qui suivent, c’est la répression sanglante contre les révoltes populaires au Maroc et en Tunisie (12).

{{ Ici aussi, la distinction binaire entre des « bons » et des « mauvais » n’est pas sans rappeler les propos actuels des socialistes sur le « Hamas » comme étant la cause de ce qu’ils appellent « l’interruption du processus de paix ».}}

{{{Le colonialisme stratégique de Guy Mollet }}}

La SFIO revient au pouvoir en 1956 avec la présidence de Guy Mollet. Il reste dans l’histoire celui qui demande les pouvoirs spéciaux en Algérie et les obtient par 455 voix, c’est-à-dire la quasi-unanimité, y compris les voix des députés communistes. Ces pouvoirs déclenchent ce qu’André Philip a dénommé le « crime de pacification (13) » c’est-à-dire la légalisation de la répression, de la torture et d’une guerre à grande échelle contre les civils au prétexte de lutter contre les « terroristes ».

Alain Savary, qui considère Guy Mollet comme un « camarade en République », explique comme suit le raisonnement du président du conseil : « (Il) était avant tout obsédé par une idée très en honneur dans le parti (…) qu’il fallait commencer par libérer les individus avant de libérer le pays. Des hommes et des femmes ont été marqués par cet argument : ne pas libérer le pays trop tôt de crainte de les livrer aux féodaux. (14) »

En 1956, nous en sommes encore à la vieille thèse de la mission civilisatrice. Le colonisé, l’indigène, l’arabe, le musulman, etc., est perçu comme porteur de féodalité et de barbarie et il revient au colonisateur de l’éduquer et d’évaluer sa capacité à vivre libre.

Mais, à cette première causalité culturaliste commune à Jaurès et Blum, s’en ajoute désormais une seconde de nature stratégique. Dans le monde de l’après seconde guerre mondiale, Guy Mollet est hanté par la peur de la perte de l’empire colonial auquel il rattache la « grandeur française ».

Cet empire est fragilisé par le nouveau rapport de forces issu de la seconde guerre mondiale, par la victoire vietnamienne à Dien Bien Phu, par Bandung mais aussi par les velléités des Etats-Unis d’imposer leurs intérêts dans les possessions coloniales de leurs alliés. L’anticommunisme s’articulera à l’argument culturaliste pour justifier une défense « socialiste » de l’empire : les indigènes immatures pour l’indépendance sont de surcroît manipulables par les communistes de Moscou.

C’est la même image de l’indépendantiste comme ne pouvant être que « fanatique » qui conduit à considérer que « Nasser est le nouvel Hitler, Israël sa Tchécoslovaquie (15) ».

{{ Ici aussi, comment ne pas penser aux discours socialistes sur « Israël, seule démocratie de la région », « sur l’obscurantisme du Hamas » ou encore sur « le danger iranien en Palestine ».}}

Nous ne pouvons pas clore ce chapitre sans rappeler ce que disait à l’époque François Mitterrand, autre figure idéologique du parti socialiste français. Alors ministre de l’intérieur, il déclara coup sur coup :

« En Algérie, la seule négociation, c’est la guerre » (5 novembre) ;

« L’Algérie, c’est la France et la France ne reconnaîtra pas chez elle d’autre autorité que la sienne » (7 novembre) (16).

{{{Le sionisme culturaliste de Blum }}}

La matrice idéologique du parti socialiste est ancrée dans un imaginaire colonialiste qui ne pouvait que l’orienter vers le soutien au mouvement sioniste. Ni en 1896, lorsque Théodor Herzl publie à Leipzig le texte fondateur du sionisme (17) officiel, pas plus qu’en 1897 lorsqu’il organise le congrès sioniste mondial ou en 1905, année durant laquelle le choix de la Palestine est définitivement arrêté au VIIème congrès, le sionisme ne rencontre en France plus qu’une curiosité marginale. En conséquence, on ne trouve pas chez Jaurès de point de vue sur le sionisme, à notre connaissance du moins.

Avec Léon Blum les choses sont bien différentes. Décrivant sa rencontre avec le sionisme, Léon Blum précise « dès le lendemain de la première guerre mondiale, il [Weizmann (18)] m’enrôla au service de ses desseins en s’aidant parfois de mes avis (19)».

Dès 1919, Léon Blum joue un rôle actif dans la défense du projet sioniste en intervenant pour obtenir la levée de l’opposition française au mandat anglais sur la Palestine :

« C’est un grand orgueil et une grande satisfaction pour moi de penser que j’ai pu l’aider dans la difficile négociation dont dépendait la création du Home National juif, et qui consistait à obtenir la levée simultanée de l’opposition française contre l’attribution du mandat palestinien à la Grande-Bretagne et de l’opposition américaine contre l’attribution du mandat syrien à la France (20). »

Il participe dès sa création en 1928 au « Comité socialiste pour la Palestine ouvrière » et est désigné l’année suivante au comité élargi de « l’agence juive pour la Palestine » (21). Dans son texte, les juifs devant le problème allemand, Léon Blum s’émerveille devant les kibboutz qu’il présente comme la solution à la question juive. « Comparez les jeunes pionniers avec leurs grands-parents du ghetto et jugez à quel point on peut transformer une race humaine ! (22) » s’exclame le leader socialiste.

L’admiration est sincère et s’inscrit en continuité avec sa vision des « indigènes » et de la colonisation. Si les Palestiniens font écho dans la pensée de Blum aux indigènes arriérés, les militants sionistes construisant les kibboutz font également écho aux civilisateurs coloniaux. De même que la colonisation visait à civiliser les Africains, le sionisme visait à « transformer l’Orient en Occident (23) » pour reprendre la formule éclairante d’Edward Saïd.

Tout comme la colonisation visait à régénérer des peuples retardataires et féodaux, le sionisme a pour idée centrale « que l’Orient est dégénéré, qu’il a besoin d’être reconstruit conformément aux notions politiques de l’Occident éclairé (24) » complète Saïd.

Pour reprendre une formule de Léon Blum, Israël apparaît dans cette logique comme « le rêve transposé au niveau de la réalité historique (25) ». Une colonisation idéale en quelque sorte.

{{Le soutien socialiste au sionisme n’est, on le voit, le résultat d’aucun grand complot international. Il est tout simplement la continuité idéologique du colonialisme socialiste. C’est d’ailleurs la même raison qui conduit les socialistes au culturalisme intégrationniste en ce qui concerne les immigrés et leurs enfants français. Pour eux aussi, l’approche n’est pas celle du traitement égalitaire mais celle de l’intégration et de la civilisation.}}

{{{Le sionisme stratégique de Guy Mollet}}}

Le sionisme de Guy Mollet ajoute la donne stratégique à l’argumentaire culturaliste. Le soutien à Israël s’inscrit comme défense de « l’Occident » face à ses ennemis : les communistes et les luttes de libérations nationales hier, l’islam, « l’intégrisme », l’Iran, etc., aujourd’hui.

C’est cette approche stratégique qui le conduit à l’agression contre l’Egypte lors de la nationalisation du canal de Suez en 1956. Pour Guy Mollet, faire la guerre à Nasser c’était mener le même combat que celui pour le maintien du colonialisme par la guerre d’Algérie. Les Israéliens ne s’y trompent pas, comme en témoigne cette phrase cynique de Shimon Perez de retour d’une rencontre avec Guy Mollet à Matignon en vue de préparer l’agression contre l’Egypte :

« Nos liens avec la France se poursuivront aussi longtemps que seront tués des Français en Algérie et des Egyptiens sur les frontières d’Israëli. » Ce sionisme stratégique n’est pas sans rappeler la décolonisation stratégique de l’empire français : « Lâcher l’Asie pour garder l’Afrique », puis « lâcher l’Afrique subsaharienne pour garder le Maghreb », puis « lâcher la Tunisie et le Maroc » pour garder l’Algérie » et enfin « lâcher l’Algérie et garder le Sahara» (26).

Le camouflet reçu à Suez ne change pas la préoccupation stratégique centrale de Guy Mollet. Au contraire, elle le conduit pour « assurer la défense d’Israël » non seulement à lui livrer massivement des armes mais aussi à lui donner accès à la technologie permettant de produire l’arme nucléaire. La technologie française permettant la production de l’arme nucléaire n’est pas encore totalement au point mais la France sait désormais produire des réacteurs. Guy Mollet va aider Israël en septembre 1956 à la construction dans le désert du Néguev d’un « réacteur de «recherche», le « EL-102 », connu sous le nom de Dimona et destiné à produire du plutonium (27) », rappelle le chercheur Ben Kramer.

Plus de dix ans après Suez, au moment de la guerre dite « des six jours », le discours et l’analyse de Guy Mollet sont les mêmes et ce dernier continue à « dénoncer Nasser [qui] a employé les mêmes procédés qu’Hitler (28)». On le retrouve logiquement dans le conseil de parrainage du « Comité pour le droit d’Israël à l’existence » au côté MM. Gaston Monnerville, Gaston Deferre, François Mitterrand.

{{En 1956 comme en 1967 et comme aujourd’hui, le sionisme stratégique socialiste justifie l’idée d’une guerre préventive basée sur le droit de légitime défense d’Israël.}}

Il est vrai que Guy Mollet connaît bien la logique de « légitime défense » au nom de laquelle 60 résistants algériens furent guillotinés alors qu’il était président du conseil.

{{{La construction d’un amalgame entre antisémitisme et antisionisme
}}}

L’héritage sioniste du parti socialiste n’est pas une réalité inerte et atemporelle. Il évolue et s’adapte aux besoins idéologiques d’Israël. Or l’État sioniste est confronté à une réalité nouvelle : celle du développement de la solidarité avec le peuple palestinien. En particulier depuis les intifada, cette solidarité s’est massifiée lors des agressions militaires israéliennes.

Même si le mouvement de solidarité ne prend cette forme massive que de manière épisodique, elle est perçue comme dangereuse par l’état israélien et ses soutiens occidentaux. De même, le mouvement { BDS Boycott-Désinvestissement-Sanctions} est une forme d’action qui n’est pas sans inquiéter par les conséquences économiques qu’il peut entraîner si son développement devenait massif.

Ces nouvelles réalités suscitent l’émergence de nouvelles thèses idéologiques dont la principale depuis une décennie est la construction médiatique et politique d’un amalgame entre l’antisémitisme et l’antisionisme.

Le parti socialiste est aux premières lignes de la construction de cet amalgame. En témoigne par exemple le communiqué du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France daté du 30 janvier 2012 relatant la rencontre avec François Hollande du 25 janvier dans lequel « le candidat socialiste a assuré le CRIF de son engagement de fermeté contre les actes antisémites et antisionistes (29)».

De même, Manuel Valls dénonce un «nouvel antisémitisme qui se cache derrière un antisionisme de façade. Un antisionisme qui n’est d’ailleurs pas moins contestable (30)».

On ne compte plus non plus les élus socialistes condamnant les « slogans antisémites » dans les manifestations en désignant ainsi les slogans antisionistes.

Il convient ici de rappeler quelques fondamentaux sur la manière dont Théodor Herzl, fondateur du sionisme officiel, aborde la question de l’antisémitisme. Le projet sioniste s’argumente dans son analyse comme une réponse à l’antisémitisme européen.

Pour Herzl, le sionisme est la seule réponse solide à l’antisémitisme. Dans son journal intime, il considère même l’antisémitisme comme un allié objectif du sionisme : « les antisémites deviendront nos amis les plus loyaux et les nations antisémites nos alliées (31). »

Le raisonnement est logique. L’antisémitisme par sa violence pousse les citoyens de confession juive à chercher dans un ailleurs la solution à leurs difficultés. De même qu’il existe des sionistes antisémites, il existe des antisionistes qui ne sont pas antisémites. L’existence d’antisémites sionistes n’est pas nouvelle.

La figure d’Edouard Drumont nous le rappelle. L’auteur de la France Juive propose tout simplement de « les renvoyer tous en Palestine (32)». Ayant pris connaissance de la naissance du mouvement sioniste, il précise sa pensée : « Le Juif qui aspire à se constituer une patrie est digne d’estime … Le Juif qui veut avoir un drapeau est un brave Juif … Avoir une patrie, n’est-ce pas le plus impérieux de tous les devoirs ? La France aux Français ! La Palestine aux Juifs (33).»

La diffusion de l’amalgame entre antisionisme et antisémitisme se réalise au début de la décennie 2000 par la publication du livre de Pierre-André-Taguieff, La nouvelle judéophobie. Selon lui « l’emploi euphémisé d’ «antisionisme » implique la substitution de cette expression à cette autre qui, trop explicite ou « directe », serait disqualifiante : antisémitisme (34) ».

La dénonciation des crimes israéliens ne serait rien d’autre que la réactivation des vieux mythes antisémites : « Dans la propagande « antisioniste », le peuple palestinien est transfiguré en peuple de « héros » et de « martyrs », jusqu’à être christifié en peuple d’enfants martyrs ce qui réactive le vieil imaginaire antijuif du meurtre rituel.(35)»

Toute critique d’Israël est dans cette analyse inévitablement antisémite. De surcroît, cette nouvelle judéophobie serait le fait des musulmans. D’où une conclusion limpide et sans ambiguïté politique : « Le propalestinisme est assurément le principal vecteur de la nouvelle haine des Juifs à laquelle on donne souvent le nom d’« antisionisme (36)».»

C’est à cette source que le parti socialiste emprunte son amalgame entre l’antisémitisme et l’antisionisme. La ficelle est bien grosse puisqu’elle consiste à amalgamer le soi-disant «antisionisme » d’un Alain Soral (qui préfère se dénommer lui-même judéophobe ou judéocritique) ayant pour but d’instrumentaliser à ses propres fins commerciales et politiques la colère contre les crimes d’Israël, et le mouvement antisioniste analysant l’état d’Israël comme un état colonial et la lutte du peuple palestinien comme une lutte anticoloniale. {{Comme le parti socialiste, Alain Soral amalgame antisionisme et antisémitisme.}}

{{L’héritage sioniste n’est pas seulement ancien mais aussi ancré dans l’identité colonialiste du socialisme français, elle-même issue de la conviction d’une supériorité culturelle des civilisations européennes sur les autres. Cela ne signifie pas que tous les membres ou électeurs du parti socialiste soient automatiquement sionistes. En revanche, sous-estimer que l’appareil du parti socialiste fonctionne comme un système sélectionnant son élite à partir d’une série de constantes idéologiques, parmi lesquelles se trouve le soutien au sionisme, revient à faire preuve d’une grande naïveté.}}

Said Bouamama est un sociologue et militant associatif. Il est l’auteur des ouvrages suivants: {« Dictionnaire des dominations de sexe, de race, de classe} », Collectif Manouchian : Saïd Bouamama, Jessy Cormont, Yvon Fotia, Édition Syllepse, 2012., {« Les discriminations racistes : une arme de division massive} », Préface de Christine Delphy, Paris, L’Harmattan, 2010, {« La France. Autopsie d’un mythe national »}, Paris, Larousse, coll. « Philosopher », 2008, {« L’affaire du foulard islamique : production d’un racisme respectable »}, Roubaix, Le Geai bleu, 2004.

Son dernier livre est [« Les Figures de la Révolution Africaine »->http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Figures_de_la_revolution_africaine-9782355220371.html%5D

{Notes:}

1) Communiqué de presse de l’Elysée du 10 juillet 2014.

2) Nous choisissons volontairement de na pas faire référence aux socialistes « de droite » qui n’ont cessés de développer des positions ultracolonialistes et racistes sans jamais être exclus du parti.

3) Jules Guesde condamne les expéditions du Tonkin, de Madagascar et du Soudan. Il faut cependant l’abandon de ces positions anticolonialistes conséquentes à partir de 1912, date à laquelle, il soutient la proposition du député Lucien Deslinières de concessions pour une « colonisation socialiste » du Maroc.

4) Cité dans Démocratie Nouvelle, n° Spécial, l’Afrique noire vous parle, 1958, p. 78.

5) Jean Jaurès, conférence pour l’Alliance française à Albi, 1884, Œuvres de Jean Jaurès, tome 1, Fayard, Paris, 2009, p. 443.

6) Jean Jaurès, Fachoda et la paix du monde, Œuvres de Jean Jaurès, tome 7, volume 2, Fayard, Paris, 2011, p. 140.

7) Jean Jaurès, La France et le Maroc, Œuvres de Jean Jaurès, volume 2, Rieder, Paris, 1931, p. 47.

8) Jean Jaurès, Jean Jaurès, Discours à la chambre des députés du 6 avril 1911, Œuvres de Jean Jaurès, tome 17, Fayard, Paris, 2014.

9) Léon Blum, débat sur le budget des colonies à la chambre du 9 juillet 1925, Débats parlementaires, Assemblée, Session Ordinaire (30 juin-12 juillet 1925), paru J.O. p. 848.

10) Gilles Manceron, Le tournant colonial de la République, Jules Ferry contre Georges Clémenceau et autres affrontements parlementaires sur la conquête coloniale, La Découverte, Paris, 2007, p. 60.

11) Conf : Daniel Guérin, Ci-git le colonialisme, Mouton, Paris, 1973.

12) Léon Blum n’est plus alors président du conseil mais reste néanmoins vice-président.

13) André Philip, Le socialisme trahi, Plon, Paris, 1957, p. 165.

14) Alain Savary, Un camarade en République, Presses Universitaires de Lille, 1987, pp. 523.

15) Guy Mollet, Interview à la télévision française sur la crise de Suez, 12 novembre 1956, archives INA, http://fresques.ina.fr/jalons/fiche-media/InaEdu00059/interview-de-guy-mollet-3-la-crise-de-suez.html

16) André Mandouze, Un chrétien dans son siècle, de résistance en résistances, Karthala, Paris, 2007,p. 120

17) Théodor Herzl, L’Etat des juifs, essai d’une solution moderne de la question juive, La Découverte, Paris, 2008.

18) Chaim Weizmann est un des fondateurs du mouvement sioniste au côté de Herzl. Il devient le premier président de la république de l’Etat d’Israël.

19) Léon Blum, Hommage à Weizmann, L’œuvres, tome 7, Albin Michel, Paris, 1963, p. 442.

20) Ibid, p. 442.

21) Michel Dreyfus, L’antisémitisme à gauche, Histoire d’un paradoxe de 1830 à nos jours, La Découverte, Paris, 2009.

22) Léon Blum, Les juifs devant le problème allemand, L’œuvres, tome 7, op.cit., p. 311.

23) Edward Saïd, La question de Palestine, Sindbad, Paris, 2010, p. 133.

24) Ibid, p. 133.

25) Léon Blum, Hommage à Weizmann, op.cit., p. 442.

26) Shimon Perez, cité dans Bar Zohar M,Michael Bar-Zohar, Shimon Peres et l’histoire secrète d’Israël, Odile Jacob, Paris, 2007,p. 109.

27) Voir sur cet aspect mon livre, Figures de la révolution Africaine, de Kenyatta à Sankara, La Découverte, Paris, 2014.

28) Ben Kramer, Le nucléaire dans tous ses états, Les enjeux nucléaires de la mondialisation, Alias, paris, 2002, p. 42.

29) Le Monde, 1er juillet 1967.

30) Communiqué du CRIF du 30 janvier 2012, consultable sur le site du CRIF, http://www.crif.org/fr/lecrifenaction/fran%C3%A7ois-hollande-re%C3%A7oit-le-crif.

31) Entretien à Information Juive, octobre 2012, consultable sur le site du consistoire de Paris Ile-de-France,
http://www.consistoire.org/communiques/129.manuel-valls–la-france-a-une-part-juive-incontestable

32) Théodor Herzl, Journal intime cité par Orden Medick, responsable du bloc de la paix, quelle stratégie contre l’antisémitisme ?, dans le Nouvel Observateur du 2-8 septembre 2004.

33) Edouard Drumont, Le testament d’un antisémite, Dentu, Paris, 1891, p. 45.

34) Edouard Drumont, Le peuple juif, Librairie antisémite, Paris, 1900, p. 37 et 43.

35) Pierre André Taguieff, La nouvelle judéophobie, Milles et une nuit, Paris, 2002, p. 42.

36) Pierre André Taguieff, La Judéophobie des Modernes : des lumières au jihad mondial, Odile Jacob, Paris, 2008, p. 295.

37) Pierre André Taguieff, Réflexion sur la judéophobie contemporaine-Antisionisme, propalestinisme et endoctrinement islamiste, Études du CRIF, Hors-série anniversaire des 70 ans du CRIF.

Source: Investig’Action – http://www.investigaction.net/du-colonialisme-au-sionisme/

 

Pétition : Pour la nomination de Marwan Barghouti au Prix Nobel de la paix

En soutien à la Campagne pour la nomination de Marwan Barghouti au Prix Nobel de la Paix, nous relayons simplement la pétition parue en ligne sur le site web de l’Association France Palestine Solidarité

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Au Comité du Prix Nobel de la paix : Nous, citoyens du monde entier, soutenons le peuple palestinien dans sa lutte pour ses droits et la fin de l’occupation. Nous soutenons la nomination du dirigeant et prisonnier politique Marwan Barghouthi au Prix Nobel de la paix. Marwan Barghouthi est un symbole mondial de la lutte contre l’injustice, la tyrannie et pour la liberté. La nomination de Marwan Barghouthi au Prix Nobel ferait toute la lumière sur la situation des prisonniers politiques, et contribuerait à mettre fin à l’occupation et à promouvoir la paix.

Avaaz, mercredi 6 juillet 2016

>>Signez la pétition !

Un des leaders palestiniens les plus respectés au-delà des clivages partisans, Marwan Barghouthi, a passé plus de 20 ans dans les geôles israéliennes. Cela ne l’a pas empêché de poursuivre ses efforts pour la paix et la liberté, même après des années d’isolement. Il a rédigé le Document des prisonniers pour la réconciliation nationale, définissant ainsi une stratégie palestinienne pour l’unité, la liberté et la paix. Alors que la situation des prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes continue de se détériorer, que l’occupation et la colonisation se poursuivent et que la division palestinienne ne cesse de s’amplifier, le rôle de Marwan Barghouthi est plus nécessaire que jamais.

Cette année, l’appel planétaire à la libération de Marwan Barghouthi et des prisonniers palestiniens (dont des parlementaires démocratiquement élus !) a atteint une ampleur sans pareille. Une campagne internationale pour la liberté de Marwan Barghouthi et de tous les prisonniers palestiniens a été lancée en 2013 par l’icône de la lutte anti-apartheid Ahmed Kathrada, depuis la cellule même de Nelson Mandela. Huit Prix Nobel de la paix, des figures internationales, d’anciens Chefs d’État et de gouvernements, des parlementaires à travers le monde, des artistes et des intellectuels, des professeurs et des organisations des droits de l’Homme ont signé la Déclaration de Robben Island pour la liberté de Marwan et des prisonniers palestiniens et 115 gouvernements ont apporté leur soutien à cette campagne.

Cette campagne a culminé avec la proposition de nomination de Marwan au Prix Nobel de la paix. Le nom de Marwan a été avancé à 6 reprises cette année, y compris par deux Prix Nobel de la paix, Adolfo Pérez Esquivel et l’Archevêque Desmond Tutu, d’éminents parlementaires belges, le Parlement arabe, le Président du l’Union Inter-Parlementaire arabe et le Président du Conseil National Palestinien.

Mais sans un soutien massif à la nomination au Prix Nobel de la paix de ce symbole vivant de la Palestine, le Comité du Prix Nobel risque fort d’ignorer les luttes de Marwan et le sort de milliers de prisonniers palestiniens, y compris des centaines d’enfants.

Signez la pétition maintenant. Dès que nous aurons atteint 100 000 signatures, la courageuse compagne de Marwan Barghouthi et défenseuse des droits de l’Homme, Fadwa, se rendra à Oslo, accompagnée de prisonniers palestiniens libérés et d’anciens prisonniers de renommée internationale, et remettra cette pétition directement au Comité norvégien du Prix Nobel de la paix.

Extraits de la Déclaration de Robben Island pour la liberté de Marwan et de tous les prisonniers palestiniens

Le peuple palestinien lutte depuis des décennies pour la justice et la mise en oeuvre de ses droits inaliénables… La réalisation de ces droits implique la libération de Marwan Barghouthi et de l’ensemble des prisonniers politiques palestiniens, dont la captivité symbolise la privation de liberté que le peuple palestinien endure depuis des décennies. Depuis 1967, plus de 850 000 Palestiniens ont été emprisonnés à un moment donné de leur vie, dans l’un des exemples les plus frappants de détention de masse visant à détruire le tissu national et social d’un peuple occupé, et à briser sa volonté de libération.

Parmi ces prisonniers, un nom a émergé à la fois au niveau national et international, incontournable pour l’unité, la liberté et la paix… A l’instar de la mobilisation internationale qui a conduit à la libération de Nelson Mandela et de tous les prisonniers anti-Apartheid, nous croyons fermement que la communauté internationale doit oeuvrer pour la libération de Marwan Barghouthi et de l’ensemble des prisonniers palestiniens. Cela fait partie de sa responsabilité morale, juridique et politique à contribuer à la mise en oeuvre des droits du peuple palestinien.

L’un des indicateurs les plus importants de la volonté de faire la paix avec votre adversaire est la libération de tous les prisonniers politiques. Il s’agit d’un signal fort en faveur de la reconnaissance des droits d’un peuple et de sa revendication légitime à vivre en liberté. Cela marquerait une nouvelle ère, où la liberté ouvrirait le chemin de la paix. L’occupation et la paix sont incompatibles. L’occupation, sous toutes ses formes, doit cesser de sorte que la liberté et la dignité puissent prévaloir. La liberté doit l’emporter pour mettre fin au conflit et pour que les peuples de la région puissent vivre en paix et en sécurité.

Source: http://www.france-palestine.org/Petition-Pour-la-nomination-de-Marwan-Barghouti-au-Prix-Nobel-de-la-paix